Un lundi ordinaire, 葛西平成20年4月21日

U

Un Lundi ordinaire a Tokyo.
Le temps n’etait pas vraiment de la partie ce week end, et Jun et moi nous sommes boudes toute la soiree de samedi, pour une broutille. Je maitrise parfois mal le japonais, cela cree des malentendus, nous sommes boudeurs et entetes tous les deux, nous ne nous parlons plus et nous couchons en silence, dans ma tete passent des pensees lasses, definitives, qui fondent dans l’obscurite, quelle bande d’idiots nous sommes, je pense alors, quelle belle bande d’idiots, ces deux la, ils n’ont guere la possibilite de ne se voir que deux jours par semaine et les voila qui gachent ce peu de temps.
Je me sens con, alors. Mais je refuse de porter seul le poids de cette situation, et ca pese alors encore plus lourd. Je ne sais ce qui se passe dans sa tete. Dimanche soir, il l’avait cachee sous la couverture quand je suis revenus de la salle de bains apres m’etre brosse les dents. En fait, je ne comprends pas qu’il ne se montre pas plus famillier avec moi. Des fois, il faut que je lui propose de prendre une douche, il serait capable de rester la a attendre. Ca fait deux ans qu’on se connait, et je ne comprends pas. Des fois, il me dit des “je pensais que tu…” qui me scient. Il ne m’a rien demande, il a suppose. Dimanche matin, il ne restait plus qu’un mauvais souvenir peut-etre, tres peu present finalement, et une bonne journee enfin. C’est donc cela, le couple… Ce n’est pas de la concession –je crois que justement nous en faisons assez peu et en tout cas aucune d’essentielle-, c’est du realisme. J’aurais honte de vous dire pourquoi nous nous sommes mures samedi soir. Insignifiant. Beaucoup de fatigue aussi. Je ressemble de plus en plus a mon pere, en fait, et je comprends mieux mes parents. Ma mere qui disait que mon pere “comprend tout de travers”. Ben oui, quand on est fatigue, on ne comprend rien a cette langue qui nous est etrangere, c’est comme ca… Jun l’oublie parfois, mais moi aussi. Mais c’est difficile car j’ai gagne en fluency, je peux parfois parler du tac au tac. Alors quand ca sort mal, ca sort vite, et ca sort mal. Le verbe savoir, 知る, peux ainsi s’averer un redoutable ennemi suivant comment on l’utilise –eh oui, le japonais n’a pas la precision du francais. Chez nous, je ne sais pas, ch’epa, je n’en sais rien, c’est la meme chose. En japonais, ca peut aussi vouloir dire “j’m’en fout”. C’est comme cette premiere lecon du 日本語で暮らそう (vivons en japonais), ce cours de la NHK. Une jeune fille fait un cadeau a un jeune homme, et le voici qui dit, 何ですか (qu’est ce que c’est?). En francais, en anglais, c’est gentil, surtout que le garcon sourit. Mais voila, nous sommes au Japon, et la jeune fille veut reprendre son cadeau, vexee. Il lui aurait fallu dire, どうすればいいですか (A quoi cela sert-il ?). Et cela n’est pas la formulation polie, mais juste “correct”. Combien de couple brises sur de telles incomprehensions…
Nous sommes sortis samedi mais le temps, comme je l’ai dit, n’etait pas de la partie. Pluie et vent. Jun est alle voir une xposition de mode au musee de l’ecole de mode de Tokyo, a Shinjuku, je suis alle a l’Institut Francais rendre un livre et en emprunter plusieurs. Je vais lire la chronique d’Asakusa de Kawabata. Je ne l’ai jamais lu, celui la. Epoque fin Taisho/ debut Showa (les annees 20) garantie… J’ai aussi (re)pris un livre de cuisine familliale japonaise : cette semaine, j’ai fait pas mal d’experimentation, et j’ai meme mange du natto (soja fermente) : j’ai notamment concocte un natto-don, pas mauvais du tout. Je ne mange plus de viande.
Histoire de poulet. J’ai fait un regime pendant un mois et demi, et j’ai perdu 8 kilos. Ne me voyez pas mince, j’avais grossi de 8 kilos en plus de mon embompoint de base… Je ne rentrais plus dans aucun de mes pantalon et les manches de mes chemises se faisaient courtes, le double menton menacait. J’ai fait un regime hyper-proteine et hypo-glucidique, riche en legumes, pauvre en fruits (seulement le matin), riche en calcium (yaourt) et en acide gras insatures (huile d’olives, amandes et noix a profusion). Je me suis gave d’avocat et de poulet. J’ai perdu du poids, mon appetit est regule et je pense avoir un cholesterol a faire rever. Vendredi dernier, je decide de cuisiner un poulet, c’est rare j’en ai trouve un entier (les Japonais n’achetent que des morceaux). Les pattes n’etaient pas attaches, la chaire etait rose, ca m’a fait l’impression de mettre un bebe au four. Une horreur, en fait. J’ai surmonte ma repulsion, mais la bestiole a fait des projections grasses qui ont rejete une odeur de graisse brulee qui a tenue 2 ou 3 jours… C’est pas de ma faute, j’ai un fond supersticieux. J’y ai vu comme une invitation a arreter de manger de la chair, de l’etre vivant. Je vous incite a couper le file qui tient les pattes d’un poulet et de les faires bouger. Je vous assure, on dirait un bebe… Bien sur, je sais bien que le QI d’une poule est proche du QI d’un bloc de ciment passe au congelateur, mais en meme temps… comme moi, elle n’a pas demande a venir, ni a etre la victime d’une pseudo loi de l’espece qui la depasse. Et alors, au moment ou on nous rabat les oreilles sur les penuries de cereales, savoir qu’il en faut 10 kilos pour produire un kilo de viande, et que ce dit kilo de viande, pour etre produit, va generer des gaz a effet de serre… En fait, la seule viande qui vaille d’etre mangee est, cela peut paraitre contradictoire, la charcuterie. Je ne parle pas de la charcuterie industrielle. Non, la charcuterie telle qu’elle etait avant : un mode de conservation du cochon qu’on tuait a Noel et qui allait durer toute l’annee. Saindoux, rillettes et pates, jambons, tripes… On est loin du steack de 250 grammes quotidien, servi apres la rillette, et du hamburger du soir… Je n’ai rien contre la viande, mais j’ai trouve ecoeurante comme cette odeur de graisse qui a flotte dans mon appartement, cette facilite avec laquelle nous disposons de la vie d’autrui pour de simples considerations d’ordre personnelles. Tu aimes la viande ? Oui ! Pourquoi ? Ben j’aime ca…
A l’Institut, j’ai empreunte Un dimanche a la campagne, de Jean renoir. Jun voulait voir un film de Renoir. J’ai un peu regrette que le premier film qu’il voit soit celui la, mais la cruaute froide de Maupassant m’a bien plu. C’est amer, mais sans jugement ni morale, et de ce point de vu la, Renoir est extrement fidele a Maupassant. C’est seulement apres avoir vu ce film que l’ambiance s’est glacee. Avant, nous sommes alles manger un delicieux curry Indonesien, un des meilleurs plats que j’ai pu manger au restaurant ces derniers temps. L’Asie regorge de gatsronomies veritablement savoureuses…
J’ai enfin arrete mon choix sur le cadeau d’anniversaire de Jun. Nous le passerons a l’Institut, avec dejeuner a la Brasserie puis 2 sceances de cinema : une retrospective Rivette et, comme d’un fait expres, Jeannes Les Batailles et Jeanne Les Prisons. Sandrine Bonnaire est a mon avis la meilleurs Jeanne d’Arc au cinema. Une fille simple dans une epoque troublee, une foi dans le Roy et dans la religion, la puissance de la conquete puis, le Sacre du Roy realise, l’implacable logique de la Raison d’Etat, Jeanne sacrifiee : le Roy ne pouvait sauver une simple paysanne, et de nouvelles guerres l’attendaient. J’aime cette jeune fille habitee par un destin qui la depasse et qui lui fait peur, et je reve du cineaste qui nous la livrera telle qu’elle etait vraiment : une fillette de 14 ans, entouree de jeunes garcons du meme age, avec leurs peurs mais aussi leur fougue et leur folie. Le deuxieme film est ainsi le plus attachant : Les Prisons nous montrent l’errance de cette armee, sa lente deliquescence, comme si d’avoir concouru victorieusement a la restitution du pouvoir du Roy les avait soudain vides de toute energie. Une Jeanne glauque, aux antipodes de l’heroine Lepenienne. Le film est genereux en salete, mauvaises herbes, boues… On est au moyen age, au pire moment, dans une epoque qui ressemble a ce que nous vivrons d’ici une petite centaine d’annee, quand nous serons a la recherche de nouveaux equilibres…
Dimanche matin, nous nous sommes longuement regardes l’un l’autre, sans rien nous dire, et nous sommes restes au lit tres tard, jusque 10h30… Nous avons tranquillement dejeune et, certains que la meteo ne nous avait pas menti, nous sommes sortis regarder les derniers cerisiers en fleurs de l’annee. A 清澄庭園(Jardin de Kiyosumi, dans Koto-ku vers Monzen-Nakacho), puis a 新宿御園 (Parc de Shinjuku). Jolies promenades mais longs trajets en metro, etouffant : les pollens de cypres s’y sont accumules et il m’arrive d’y avoir une reelle envie de vomir et de sentir l’irritation dans mes poumon, ouf, il est temps de sortir… Au Parc de Shinjuku, que l’Empereur a visite la semaine derniere pour y admirer, lui aussi, les derniers cerisiers, nous avons croise Martin (son site/blog, sur le cote, Café-Martin). Ca fait plasir de le voir, c’est vraiment un garcon gentil. Petit bonjour a Irene, pendant que j’y pense. Ca me fait plaisir d’entendre sa voix quand elle me telephone. J’adore les gens gentils. C’est pour ca que j’aime Jun…
La promenade a coincide avec une eclaircie que nous n’attendions plus, et nos derniers pas ont baignes dans la lumiere et ces tonalites de vert que j’aime dans la nature japonaise. C’est bel et bien le printemps, se dit on alors.
Nicolas Bouvier est un de mes maitres, a jamais, pour tout ce qui touche au “recit du Japon” (entendre “du” comme origine, point de depart). Comme moi, il deteste/aime les Japonais avec une tendresse et une lucidite qui me laissent parfois pantois. Un amoureux transit du Japon est un cretin. Sans discussion. C’est un type qui se regarde beaucoup, qui s’ecoute enormement et qui laisse s’exprimer tout ce qu’il suppose du Japon et que ses relations japonaises entretiendront consciencieusement, “c’est vraiment japonais”, etc… Posez une question de litterature a un Japonais, une question d’histoire, une question sur le theatre, et soudain un silence beant se manifestera que, malgre tous ses efforts, la voix eraillee de Hamasaki Ayumi en fond sonore ne parviendra pas a combler. Parlez politique, parlez Yakuza, Sokagakkai (cette secte “pseudo bouddhique” qui avec ses 10 millions d’adeptes, ses entreprises et ses reseaux, son parti politique le Komeito, gangrene la societe), parlez de travail, de famille bref, essayez vous a la liberte de conversation francaise, et vous verrez alors des fosses de silence gigantesques s’ouvrir autours de vous. Les Japonais, en generale, ne comprennent pas bien qu’on s’interesse VRAIMENT au Japon. Qu’on aime les sushis, les mangas et les magasins a Ginza, qu’on se promene a Roppongi –specialement dedie a nos appetits d’etrangers-, qu’on s’extasie devant les pousse-pousse a sakusa, qu’on ait partout l’air embarasse, et les voila qui se mettent en quatre devant cet etranger previsible. Mais que nous nous hazardions sur d’autres terrains, voila qui les surprend vraiment et parfois meme les paralyse completement.
Vous ne serez pas admis facilement dans ce cercle etrois. Bouvier a un regard lucide et sans complaisance. Et c’est seulement quand on regarde avec lucidite que des qualites jaillissent. Je me souviens la premiere fois ou je suis entre dans un magasin a Katsura, pres de Kyoto. Affolement au comptoir, sourire crispe, j’entends la pensee de cette brave femme, どうしよう? (que faire? Une phrase essentielle qu’on entend pour un rien dans les series TV). Et je me mets a parler (certainement tres mal) japonais. Je voudrais un gateau, et je demande s’il y a bien du the dans la crème de celui la, bien sur, vous etes en vacance ?, etc… Détente, la cliente qui s’y met. D’un embarras total, me voila transforme en evenement de la journee, une curiosite qui arrive sur son velo, dit bonjour et dit merci, repart sur son velo en grignottant un gateau, la camera sous l’epaule. Un Francais, un Parisien… Il est certainement venu admirer la villa, oui, bien sur… Il y a des fois, je me demande si finalement, cet agacement a l’egard des Japonais n’est pas la marque premiere de mon incersion… Je crois que les Japonais s’agacent les uns les autres. C’est pour ca que tout est cadre, et qu’il faut, comme ils disent, la politesse pour huiler les relations. Dans le metro, ce sont de veritables sauvages et les regards sont souvent assassins. Les series TV, les mangas et des tonnes de legendes racontent ces memes histoires de gens dont les plus mauvaises intentions se dissimulent derriere des masques de politesse, des sourires et la plus respectueuse courtoisie. Les Japonais pratiquent en fait la politesse aristocratique, une sorte d’etiquette qui dissimule tous les secrets.
Nous, on s’envoie tout a la figure!
Je prefere finalement la facon japonaise. C’est plus agreable au quotidien. Mais je sais tres bien ce que cela cache. Il ne sert a rien de chercher la gentillesse la ou elle n’est pas. La encore, les Japonais ont bien raison. Je ne suis l’ami de personne. Je ne suis le frere de personne. Que de mes amis. Que de mon frere. Et encore une fois, je me reconnais dans ce foudroyant contraste que l’alcool provoque sur eux. D’un seul coup les voila locaces, ils rient, ils chantent, ils se deshabillent, meme! Mais il y a un cadre, et c’est l’alcool qui cree ce cadre. Je suis tout a fait comme ca! Bref, je ne me sens gene nul part, sauf, bien entendu, quand la situation est genante. La semaine derniere, par exemple, j’ai achete une bouteille d’huile d’olive et, vous savez quoi, le sac m’a echappe des mains. Plof, juste devant une boutique, vers Sangenjaya. C’est malin. Jun me fait dans le “je ne te connais pas, plie de rire en train d’essuyer les 2 paquets de gateaux que j’avais egalement achete”, je rentre dans la boutique, excusez moi…, la fille regarde, appelle la baito (petit boulot), la fille regarde, verse un sceau d’eau et me dit “c’est bon, ca va”. En fait, elles s’en tamponne. Quand je vous dit que le Japon et la France se ressemblent… Mieux, une dame m’a gentilemnt donner un sac pour mettre les paquets de gateaux. Aucune politesse speciale constatee, juste une situation embarrassante de la vie quotidienne. Et une indifference… J’ai juste du rachete de l’huile…
Non, les salamalecs, c’est entre eux, pour se faire des vacheries ou pour montrer qui est le chef. Je n’utilise pour ma part que les expressions de 敬語 (politesse) consacrees par l’usage. Je ne dis plus arigato au restaurant ni au magasin, mais je ne suis pas avare d’un famillier Doumou, extrement apprecie et que seuls les personnes agees pratiquent encore. Finis les gomen nasai ou les sumimasen dans le metro, je me content d’un shitsurei qui a le merite de partager (au niveau politesse) le derangement. J’essaie de calquer sur les vieux. J’aime leur politesse simple, souriante. Je le vois, comme ils sont confus quand je leur cede la place dans le metro. Qu’un etranger se leve alors que tous les autres font semblant de dormir…
Mais cedaient ils la place, eux meme ? Ou bien finalement le secret de cette vitalite japonaise ne reisde t’elle pas dans cette attitude, naturelle au sens reel du terme, de n’accorder de valeur qu’a ce qui est jeune, et a laisser la vieillesse a son sort. Apres tout, l’Occident n’a jamais accouche d’oeuvres comme La ballade de Narayama… Le Japon connait plusieurs histoires de cette sorte. C’est normal, c’est une histoire de fantome. Et a l’epoque ou seul le travail de la terre nourrissait son homme, c’est sur qu’un fantome valait mieux qu’une bouche, inutile, a nourrir… Mais a y regarder de plus pres, cette histoire de vieux que l’on abandonne dans la montagne, c’est d’abord et avant tout une tres belle histoire d’amour entre une mere et son fils… Non ? Un drame Cornelien, en quelque sorte, ou la necessite s’oppose a l’amour. Une tres belle hisoire. Universelle.
Voila, je m’egare encore sur les terres de la ressemblance en mettant le doigt sur mes exasperations… Le coeur des Japonais est tres gros. Mais il ne se trouve pas dans celui qu’ils offrent aux etrangers, qu’ils soient Japonais ou d’outre mer (comme ils disent, 海外). Et c’est peut etre parce que le temps du Bouddha est entre dans leur vie, faite d’inutilite et comme d’une attente demesuree de la mort -c’est qu’on vit vieux et tres seul, ici-, que ce sont les petites vieilles et les petits vieux qui sont les plus locaces pour peu qu’on parle leur langue. On aura alors droit a des histoires auquel on ne comprendra rien, dites a toute allure et ponctuees de “ですからね” que je vous inviterais a traduire par C’est que… hein!?!, le meme c’est que que nos petits vieux quand ils nous racontent leur jeunesse…
J’aime bien me promener dans Tokyo avec Jun. Parce que finalement ni lui ni moi ne connaissons Tokyo. Et puis depuis quelques temps, il me pose des questions sur la France, sur Paris. Il a ete tres etonne qu’il n’y ait pas de lezards en France, et en tout cas pas dans le nord. Moi, j’ai ete tres etonne par son etonnement. Quand nous parlons de fleurs, il me demande comment on l’appelle en francais. Je sais maintenant ce qu’est un rododundron. Il me rapporte aussi toutes les nouvelles qu’il entend sur la France. Il a lu, par exemple que “Saint-Denis, c’est dangereux”. C’est sur que selon les criteres japonais, Saint-Denis, ca craint. J’ai cherche a relativiser sans nier qu’en dehors de Paris, il y a des endroit dangereux, au sens japonais. Mais quand meme, c’est pas le Bronx… Jun est un garcon doux, comme une tres grande majorite de Japonais. Il ne va pas au Patchinko, ni au Slot et ne boit pas. Non, les mondes interlopes, ce n’est pas lui. Bref, a Saint-Denis, il serait, a 10 heures du soir, une proie extremement facile. Son sac a dos est souvent a moitie ouvert. Et encore, il est tres prudent. Combien de Japonais se promenent ici avec le porte-feuille dans la poche arriere du pantalon… C’est fichtrement tranquille, Tokyo… On peut comprendre comment certaines images venant de l’etranger peuvent effrayer les Japonais. Ce serait tellement dommage de perdre ce sentiment de confiance. Les yakusas, finalement, on sait ou ils sont. Suffit de ne pas y aller, et la vie se fait tres douce. Il y a bien des emmerdeurs reels (bikers, entre autres), il suffit de baisser la tete, de ne pas les voir, et tout va bien.
Ne comptez pas sur la police…
Ah, le gout des sakura mochi, hier apres-midi… Hier soir, j’ai prepare des pattes, tout simplement. Et c’etait tres bon. Preparees en 15 mn, sauce comprise… On a fini les petits beurres LU (ceux de la bouteille d’hule d’olives) en buvant du the et en regardant Atashin’chi d’abord, puis Waitress, un vrai film du dimanche soir, vraiment tres bien, un peu un conte de fee mais dans la vraie vie, avec des femmes d’un certain age et leur vie de merde, le mari qui donne des coups… Le film a ete prime, la critique a bien recu le film. Eh bien moi aussi, et je vous le conseille pour les jours tristes. Depuis sa sortie, le net americain regorge de recettes de “pies”, car l’heroine est une genie des tartes de toutes sortes et se venge de son mari en imaginant de gateaux criminels, violents : ecraser des aliments deja ecrases dans des fruits, ca vaut bien massacre a la tronconneuse quand on est le temoin passif de cette violence dans le couple, ce vide d’amour, ces viols conjugaux, et le piege referme, pas d’argent, pas possible de quitter ce trou paume. Mais quelles quiches, chatoyantes, pimpantes, riches de fruits et de chocolats, quel bonheur dans les gateaux… Et puis il a bien fallu raccompagner Jun au metro… Ce matin, c’etait dur de se lever.
J’aimerai bien qu’on m’apporte un de ces pies aux mures ecrases et au chocolat noir…

À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

MBC | Abonnez-vous!

MBC | Social

MBC | Archives

MBC | Ce Mois

MBC | Derniers billets

MBC | Instagram