Ce qu’ifaut pas voir

C

(Shogo danse, il a 27 ans. Je ne commente pas. Nicolas, tu m’auras compris. Private message) (lien video mort)

Devant moi, sur ma TV, des images de 新宿 (Shinjuku), la vidéo de cette année. Aucune nostalgie, juste envie de passer plusieurs mois à 東京 (Tôkyô). Ce sont des images fimées le 27 octobre, après mon 面接 (entretien) à BNP Paribas Tôkyô.
Enchainement brutal, voici des images du 新幹線 (Shinkansen). Rigolo, il y a le son du train, et notamment un gamin. Ca, je crois que je l’ai filmé le 29 quand j’allais retrouver 聡子 (Toshiko) à 荻窪 (Ogikubo).

Ne vous effrayez pas de ce va et viens d’une langue à l’autre : mon premier roman ira lui aussi de l’un à l’autre, je trouve cela très amusant. Notamment, je trouve les 漢字 (kanji) très élégants dans un texte français, rajoutant à l’élégance de notre langue une petite touche de raffinement visuel que j’affectionne. Enfin, là, tel que j’écris, c’est asez aléatoire : je regarde les images en écrivant : je sais que ce jour là j’ai surpis 富士山 (Mont Fuji). D’ailleurs, qu’est ce que j’ai pu le voir, cette année : il m’a promis beaucoup de bonheur, je crois. J’ai beaucoup déprimé depuis mon retour, je souffre d’une terrible “retenu de parole”, trop de choses vues, ressenties, 京都 (Kyôto) pendant un mois et demi, ça force forcément au retour sur soi, à l’introspection et à cette terrible envie de “bilan” dont on ressent inéxorablement la nécessité quand on approche les 40 ans… Le Madjid d’avant ce départ a terriblement changé, a retrouvé les contours plus nets de sa personnalité de jeunesse, mais je crois aussi qu’il a renoncé à bien des illusions qui le nourrissait il y a peu encore… Qu’est ce qu’il est devenu réaliste, neutre, tout en ayant retrouvé des passions fortes dont il a rouvert le robinet qu’il avait fermé dans un réflexe de survie il y a presque 2 ans. Le débit est un peu incontrôlé, et je crois que c’est ce qui me fait déprimer. Mais bon, je laisse couler le débordement, le trop plein de depuis ma séroconverstion, et puis on verra bien. Je me tape encore de furieuses envies de suicide, mais je préfère encore en être conscient. Et puis je suis persuader que cette envie de mourir avec laquelle je vais devoir composer est un élement de vitalité : l’expérience existentialiste, c’est ça, se dire que de toute façon, quitte à mourir, il faut bien s’occuper un peu. Et me voilà qui me remets à écrire. J’aurais jamais cru pouvoir reprendre. J’ai arrêté ce travail il y a 4 ans, vidé après mon retour d’Angleterre, et puis voilà que j’ai de nouveau envie d’écrire, des personnages recommencent à m’habiter, ils vivent et je les nourris de mon expérience. Amusant.

Ma principale activité “extérieure” en ce moment, c’est aller à la piscine et me taper au moins 1 kilomètre de crowl. 4 à 5 fois par semaine. C’est pas mal. J’ai bien 5 kilos à perdre, je me disais ce matin, en mangeant des croissants. Ironique.

(Bah oui, moi, quand je déprime, je mange).

(Vu un gars qui nageait, à la piscine, visiblement séropo/sidéen en traitement, la gueule façonnée par les médicaments, bide proéminent, pas de cul bref le corp qui va avec les traitements, et, au fond de moi, un “ben mon vieux, t’as le droit d’accepter ça, pour moi, c’est non, je refuse !, et après, en nageant la terrible question, mais si je veux mourir, quel procédé employer… alors j’ai quitté la piscine, je suis rentré, déprimé, j’ai beaucoup mangé, ça fait du bien, et je me suis dit qu’il me manque vraiment quelque chose dans ma vie, pour avoir envie de vivre un truc pareil. Ecrire, et être aimé par quelqu’un que j’aime. Il me manque les 2, je suis vraiment vané ! Mais c’est pas grave, je suis loin d’être le seul dans ce cas, il parait que ça rassure. Moi, pour la première fois, ça me donne de l’ambition, sans m’empêcher d’avoir aussi une barre monumentale dans le bide, parce que j’attend de voir mon médecin, cet entrevue qui, jusqu’ici, m’a libéré de ma peur, pour quelques mois en tout cas. Vivement vendredi prochain).

J’écris ça, et puis je me dis “mais qui c’est qui peut bien lire un blog pareil ? J’ai un ami qui le lis, ça je le sais puisqu’il s’est plaint de ne rien lire de nouveau cette semaine. Il y a ceux qui tombent là dessus par hazard, après avoir regardé mes photos du Japon. Bonjour !

Ils doivent se dire, il est frappé, çui-là ! Iva pas bien, çui-là ! Eh ben, je vous remercie, mais en fait, quand je dis que je suis déprimé, il faut savoir que je fais parti des 50% de Français de plus de 35 ans qui ne prennent pas de tranquilisants, et des très rare qui n’en ont jamais pris, que je dors bien, que je fais même des fois de très beaux rêves. Que je suis analysé et que je sais donc parfaitement ce qui est “tolérable” au niveau de la dépression. Que j’écris ce journal pour être prêt à tout raconter, AUX AUTRES. C’est en effet une chose, se raconter soi, et ecrire POUR LES AUTRES. Un des défauts majeurs d’un grand nombre de romans contemporains, c’est cette impossibilité à aller très loin sans parler de soi. Moi, écrire un roman qui parle de moi, ça ne m’intéresse pas du tout. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai jamais “vraiment” écrit jusqu’à maintenant. Bref, il y a, pour moi, une différence profonde entre le fait d’exiter PAR la littérature (je sais enfin ce que j’aime chez Beauvoir depuis toujours, et ce côté, j’en suis très proche) et d’utiliser la littérature pour SE faire exister (l’auto-fiction). Je n’existe pas “en soi”, donc “me” raconter n’a aucun intérêt. En tout cas au niveau romanesque. Ecrire ce blog comme je le fais, en considérant qu’il s’agit d’une NON FICTION SUBJECTIVE m’intéresse beaucoup plus, c’est un bon exercice. Ce que je raconte est réel (non fiction), mais est forcément un réel filtré (subjectif). J’aimerai bien que quelqu’un pense un peu à moi en ce moment, je vous dirais pas qui ! Et puis je ne vous saoulerai pas avec ça parce que ce n’est pas vraiment intéressant. Subjectivité : si ça se trouve, vous préfèreriez lire ce genre de truc… Oh, mais si vous êtes un peu curieux, vous savez forcément de qui il s’agit.

Bon, il est midi. Sac vidé, je vais à la piscine. Demain sera plus calme, je pourrai un peu plus raconter de vécu et un peu moins d’états d’âme. Vous inquiétez pas, je ne vais pas me suicider, en tout cas pas encore. J’aime juste l’idée que ma vie dépend d’abord de ma volonté. JE NE SERAI JAMAIS UNE POV’ CONNE SIDEEN AVEC LE CORP ET LA GUEULE RAVAGEE PAR DES MEDICAMENTS DE MERDE. Désolé pour l’autre à la piscine, mais c’est comme ça que je l’ai pensé. Ma vie est à moi. J’en ai confié le soin au Cheval et à l’Arc en ciel. Quand j’ai eu compris ça, je me suis compris très profondément. Je suis revenu à moi à Kyoto parce que j’en ai eu envie. Alors je ne continuerai désormais que pour cette envie.
Mais alors, je vous raconte pas le boulot… mince….

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  • Je n’ai pas tout compris de Freud, mais une phrase m’a longtemps posée question « toute notre vie, on ne recherche qu’une seule chose, l’amour de sa mère ! ».
    Mais qu’est-ce qu’il raconte ce vieux fou, ma mère me fait chier, j’en ai rien à foutre de son amour, ma mère c’est ma mère quoi !
    Alors non, c’est pas juste il s’est fourvoyé le Freud, avec ses théories, et son complexe à deux balles, ma mère c’est pas Jocaste.
    Mais non bien sûr, c’est l’amour inconditionnel, gratuit, sécurisant, l’amour dont nous sommes le seul héros. Ben oui, je crois qu’on recherche tous ça et bien plus encore…
    Alors, alors il y des choses qu’il ne faut pas voir, un ciel d’aube rougeoyant qui rappelle d’autres ciels rougeoyant etc.

Madjid Ben Chikh Par Madjid Ben Chikh

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