葛西, jeudi 31 janvier 2008

Commencons par un message ecrit alors qu’a mon poste je n’avais rien a faire…
“Comme ca faisait longtemps… Me voila assis a mon bureau, j’attends qu’on commence a m’expliquer mon travail, ce qui ne devrait plus tarder maintenant. Ecrire au travail, quelle chance. Hier soir, chat avec Mulgon Melta en pleine garderie. Un medecin n’a visiblement pas loupe son gamin… A ce sujet, je suis tombe sur les articles que Libe a publie ce mardi sur le film de Sandrine Bonnaire, Elle s’appelle Sabine. Le recit, l’”aventure” que sa soeur a vecu m’a revolte, m’a fait du mal. Tres profondemment. J’ai ressenti le maximum de revolte et de douleur quand dans l’article on evoque le refus de l’hopital psychiatrique ou Sabine est enfermee de la laisser sortir, quand celle-ci a ete internee a la demande de sa famille et que cette meme famille, constatant les degats, la degradation physique et morale de la jeune femme, après des mois de recherche, a trouve enfin une institution adequate ou l’envoyer enfin.
Mais de quel droit, ai-je pense… Je hais la psychiatrie. Je sais bien que certaines personnes ont des comportements violents, soit envers eux soit envers les autres, mais cela justifie t-il l’enfermement, les menottes, les baillons et les doses massives de medicaments ? Quel est cet eugenisme honteux qui n’ose dire son nom et se contente de masquer sa realite – realiser une quasi-mort cerebrale- en exhibant le mensonge –un corp reduit a l’etat de plante verte vegetative, mais “vivant”. Ca ne me met pas en colere, cela m’indigne. Nos prisons et nos hospices, que ce soient ceux, infantilisants pour les personnes agees ou les asiles psychiatriques, sont des lieux d’un autre age, d’un age ou l’homme n’etait destine qu’a subir, obeir, ou la medicine a remplace en employant des moyens similaires (intimidation, menace, enfermement, negation de l’idee meme de liberte) l’eglise de l’inquisition. Ainsi ces medecins qui ont violente cette jeune femme souriante, l’ont detruite sous pretexte qu’elle etait violente (elle donnait des claques parfois, et crachait aussi parfois, elle se braquait et se fermait) sans meme avoir diagnostique l’autisme que d’autres medecins, plus patients, plus attentifs mais aussi surtout plus competents, ont par la suite diagnostique.
La violence psychiatrique n’est elle pas une forme d’eugenisme qui n’a pas le courage de se dire clairement ? Le simple fait de reduire les troubles du comportement a une maladie, et a reduire les individus a des malades est en soit une monstruosite, un inhumanisme. Car s’il est bien malade, le “fou” est avant tout une personne, et toucher a sa folie est avant tout atteindre a sa personnalite, ce qui ne peut etre accompli sans son consentement. C’est en ce sens que la psychanalyse a constitue une avancee majeure dans l’histoire des troubles mentaux et comportementaux.. Accompagner une personne et non “traiter un malade” ni “corriger des comportements”. Si de nombreux psychologues et psychiatres ont intege cette approche en renouvelant leur approche, il n’en reste pas moins que l’institution n’a, elle, pas evolue. Et le recit que j’ai lu, avec son batiment d’enfermement total ou son lit a menottes magnetiques fait froid dans le dos, fait mal pour cette petite chose souffrante reduit a un corps qui se subit et qui s’appelle Sabine. Quiconque essaie de se mettre dans ce corp ne peut que ressentir la violence de l’institution. Une Sabine qui jouait autrefois du piano et qui aimait sourir, jeune, jolie, et qui resort cassee après 4 ans de ce traitement. Et quelle chance a t-elle eu que parmi ses soeurs figure Sandrine Bonnaire, dont la vie meme a permis d’envisager autre chose. Mais imaginez toutes les autres Sabine, les Sabine proletaires don’t les parents ne connaissent pas ”autre chose” et qui ecouteront sans critiquer le discours culpabilisateur du Saint-Psychiatre… Je ne pourrai pas voir ce film avant longtemps, mais si j’etais a votre place, en France, j’irai voir ce film qui raconte une jeune autiste cassee par l’obsession du resultat et le manque de moyens, des docteurs d’un autre age. Des cons, des salauds.
Autours de moi, on parle anglais, parfois on parle japonais aussi. Le plateau est immense.”

Ca sert, finalement, l’inactivite…
L’apres-midi a ete plus actif, j’ai commence a regarder un collegue et, bien que je ne ferai pas tout a fait la meme chose que lui, ca m’a donne une premiere idee. Le plus difficile sera travailler entierement en anglais, mais le travail n’est pas en soi tres difficile. Un Break, ca reste toujours un break. Ce matin, je suis alle visite le cote ouest afin de dire bonjour au Fuji. La vue sur Tokyo est simplement magnifique, et vraiment, comme je le disais a Yann ce matin, on aurait presque envie d’attrapper la tour Docomo, tant elle ressemble a un jouet pose la… A vette hauteur, Tokyo est une ville jouet, vivante, magnifique. Et quelle lumiere le matin… On appercoit la Baie ici, on voit les montagnes la… Les autoroutes urbaines, quand a elles, traversent un paysage aleatoire mais assez bien dessine. A l’etage, justement, il y a une “Canteen”, en fait une sorte de cafeteria pas chere. Vue sur la baie, soleil radieux, que des indiens autours de moi, ou sont les Americains ? Quelques Japonais ici. Amusants, ces pros de l’informatique financiere aux salaires convenables mangeant le “bento” ou le sandwish fait a la maison. Ici, on ramene son repas, on fait un peu comme on veut, et moi je vais faire des economies aussi. Micro-onde, frigo sont la pour ca… Le cafe est gratuit, aussi… Ca me fait penser a Cortal, cette ambiance. Mais alors, qu’est ce que ca bosse. Tranquillement, mais ca bosse…
Ce soir, je suis passe a Shibuya chez mon employeur faire remplir des papiers pour le chomage. Je vais recevoir 19 jours d’indemnite, et tenter aussi l’aide a la reprise d’emploi. On verra bien. Cela etant, je vais avoir besoin d’un dernier petit coup de main, je suis plus qu’a sec, et mes cartes de credit arrivent a leur limite. Il va bien me falloir 3 mois pour m’en remettre, en me serrant la ceinture comme maintenant.
J’ai la forme. Et je suis content.

À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

commentaire

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  • Et c’est le principal… Lecon d’anglais numero 1 en direct de Londres avec la tour BT en ligne de mire: Don’t worry be happy!
    J’etais allee voir l’expo Ultraman au Mori Museum et la Tokyo Tower me semblait ensuite une fusee prete a decoller!

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