L’âge électronique : 1967 / 1992 ↘↘

L

En 1965/1967, la mode reflète l’optimisme spacial du moment, la conquête intersidérale, la croissance économique illimite, le bonheur keynésien d’appartenance a une grande classe moyenne voyageant en jet intercontinental.
En France, malgré des critiques d’un groupe d’énarque anonyme (Michel Rocard, Jacques Delors entre autre), le gouvernement lance son 5eme plan, prospective 1985 qui cerne le visage d’une France modernisée, du plein emploi, des loisirs et ou a disparue toute pauvreté.

(voir egalement, ici, sur Persée, une étude sur les ouvrages de prospective parus en 1965)

En 1964, le ministre français des finances, un jeune énarque nommé Valérie Giscard d’Estaing constate que la croissance frôle la surchauffe et que l’inflation menace. Elle est la bête noire de la nouvelle république qui a instauré un «nouveau Franc» en 1960, destiné à rester stable vis-à-vis de la monnaie de référence, indexée sur l’or, le dollar américain. Le précédent franc a en effet glissé d’une parité d’environ 1 USD pour 100 francs en 1945 à environ 1 USD pour 500 francs en 1960, grignoté chaque fois par des crises inflationnistes graves. Valérie Giscard d’Estaing met donc en place, comme dans tous les pays développés depuis la guerre quand la surchauffe menaçait, un «plan de stabilisation».

Les politiques keynésiennes étaient extrêmement simples dans leur principe : le niveau d’emploi était le principal indicateur autours duquel tout s’articulait, et on veillait à maintenir un équilibre entre l’offre et la demande. Ainsi, quand les capacités de production atteignaient un niveau trop élevé d’utilisation, cela était sensé révéler une sous capacité d’investissement et d’embauche qui pouvait conduire à de l’inflation. On «refroidissait» alors l’économie en bridant la demande. Quand au contraire l’économie ralentissait un peu trop, risquant de provoquer du chômage, on «réactivait» l’économie. L’economie Britannique commencant a souffrir tres tot de sous-investissements, ces phases “inflation ou chomage” sont tres visibles bien avant 1967 (voir croquis ci-dessous). Les outils d’intervention étaient nombreux : le niveau des salaires et des transferts sociaux, les impôts que l’on augmentait ou que l’on baissait, les investissements publics, etc. La régulation mise en place avec le New Deal et généralisée à toute l’Europe après la guerre engendrait une grande stabilité en évitant aux pays développés les grandes crises qui avaient jalonné l’histoire du capitalisme. En France, le taux de chômage se situait approximativement à 1%/1,5 % et certains pays connaissaient même des taux de 0,1%, comme l’Allemagne Fédérale. Pour faire simple, la régulation keynésienne permettait d’alterner un chômage à 1% avec une inflation plus forte, disons 3%, qu’on contrebalançait avec des périodes de chômage à 1,5% et une inflation plus faible, disons moins de 2%, le tout en faisant varier la croissance entre 4% (inflation basse) et 6% (inflation haute). Cela marcha très bien ainsi à partir de 1945 dans toute l’Europe (avec en France une permanence des crises inflationnistes dues à des choix politiques et financiers dans l’après-guerre, et aux USA un fort chômage résiduel).
Le «plan de stabilisation» mis en place en 1963/65 par Valéry Giscard d’Estaing ne marcha pas.

bourse-us
Le Dow Jones plafonna a partir de 1968 et jusqu’aux annees 80.

Et en effet. Vers 1965/ 1967, un phénomène théoriquement impossible se produisit: l’inflation ET le chômage évoluèrent désormais ensembles. Ou plutôt, ce qui est pire, les «plans de stabilisation» ne parvenaient plus à baisser complètement l’inflation, et les plan de «réactivation» ne réussissaient pas mieux à baisser le chômage. Quelque chose semblait s’être grippé dans le mécanisme de la régulation keynésienne. Quand on observe les indices boursiers, révélateurs à cette époque de la profitabilité de l’économie (les mécanismes de régulation empêchaient la spéculation à grande échelle en privilégiant l’investissement à long terme), on observe un tassement dès 1966/1967, et même, quand on déduit l’inflation, une certaine baisse. La période 1965/1981 est donc, quand on soustrait l’inflation de la valeur des actifs boursiers et immobiliers, malgré cette inflation et en totale contradiction avec la théorie classique, une période de déflation. En langage marxiste, une baisse du taux de profit. On comprend l’impatience Barriste, Thatcherienne et Reaganienne à casser l’inflation : les accords salariaux du contrat keynésien compensaient l’inflation sur les salaires et garantissaient le plein emploi. Les profits, eux, se faisaient de plus en plus maigre. On peut même éventuellement considérer les capitalisme des années 70 comme non rentable.

fr-1960-1996
France. En bleu, l’âge électronique.

Je choisis donc, sur ce critère, de pointer le début de cette phase de crise du capitalisme, en 1965/1967. Le disciples de Kondratieff, qui sont très populaires, ne voient pas les choses de cette façon, et voient cette période comme «le printemps», c’est à dire une période de renouveau. Je suis en total désaccord avec cette analyse, reposant sur le niveau des prix, mettant l’économie d’abondance au même niveau qu’une économie de subsistance.
Mettre le curseur sur cette année semble en quelque sorte pointer ce qui semble, avec le recul, un véritable âge d’or. 1967, c’est l’espace, Courrège, Paco Rabanne. Ce sont les rêves des années trente réalisés dans la stabilité économique. C’est aussi un nouveau niveau dans la guerre froide, avec le début d’une guerre coûteuse qui va conduire les USA, en 1971, à faire un énorme sacrifice économique, la fin de la convertibilité.

19961
USA. En bleu, l’âge électronique.

De 1967 à 1981, l’inflation ne va cesser de monter par vagues successives, au gré des cycles courts, quasi-parallèlement au taux de chômage qui lui aussi ne va cesser de monter, malgré des tentatives de «relancer» et «réactiver» l’économie qui n’aboutirent qu’à déséquilibrer encore un peu plus la machine.
On a longtemps incriminé le pétrole, dont le prix monta violemment en 1973, mais l’épisode récent de 2007/2008 a démontré que ce même phénomène pouvait tout aussi bien, après une poussée d’inflation, conduire à ralentir l’économie et donc conduire à une baisse. On a aussi pointé du doigt, et cette fois de façon bien plus judicieuse, sur le véritable choc économique qu’a été la fin de la convertibilité du dollar en 1971 (voir le cycle court négatif, Le temps des chocs 1971-1975), que les gouvernements ont tenté de palier en relançant leurs économies avec pour résultat d’être déjà en surchauffe quand le choc pétrolier est arrivé, à la fin de 1973.

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UK. En bleu, l’age électronique.

Le Royaume-Uni connut une inflation à 25% en 1974, la France de 15%, le tout dans un contexte de récession. À force de «relancer» et «refroidir» («stop and go») pour tenter de réguler une instabilité structurelle qu’ils regardaient comme purement conjoncturelle (le «choc pétrolier») alors que la situation remontait à la deuxième moitié des années 60, les pays avancés commencèrent à accumuler des dettes, entraînant une plus grande volatilité encore des parités monétaires ainsi qu’une hausse des taux d’intérêts gonflant le niveau général d’endettement après des décennies de stabilité.
Une fois le choc pétrolier digéré, on sembla s’habituer à une forte inflation, autours de 8%, et un fort chômage à 5%. Ce fut comme une sorte de stabilisation, et on recommença à voir l’avenir avec un certain optimisme un peu partout. Ce furent un peu comme de nouvelles années folles, mêlant esprit “rétro”, rock, couleurs et esprit “futuriste”, le tout teinté de liberté sexuelle, «Les années disco», qui commencèrent alors que prenait fin la guerre du Vietnam, et qui durèrent jusqu’à la Révolution Iranienne et le deuxième choc pétrolier, en 1979. Ce fut l’époque où, lassés de leur errance, les rescapés de la marge revinrent dans les capitales.
La Grande-Bretagne souffrait, plus encore que les autres, depuis la fin des années 60 d’une chute importante de ses investissements, seul moyen pour ses élites de maintenir des taux de profits en berne et les hausses de salaires qu’exigeait la paix sociale. Autant dire qu’un rien surchauffait l’économie, et que l’inflation semblait s’y être installée pour longtemps. Vainqueurs à deux reprises en 1974, les travaillistes de James Callaghan tentèrent de nationaliser les industries défaillantes pour contrôler la production. Mais le moral n’y était plus. L’esthétique «populaire» de ces années est d’une laideur très particulière.

Thatcher en Grande Bretagne, Reagan aux USA allèrent apporter à la crise une solution qui couvait depuis plus de 10 ans et qui allait rencontrer des ruptures provoquées par les succès du keynésianisme.
En France, la Confédération Nationale du Patronat Français, créé en 1967, portait une charte, dès sa fondation, qui en faisait un ardent défenseur du libre-échange et de la concurrence. En Grande-Bretagne, Keith Joseph, membre du parti conservateur, avait créé un cercle d’études économiques, ouvertement anti-keynésien et monétariste. Aux USA, l’école de Chicago, menée par les disciples de Milton Friedman, prônait un retour aux «valeurs américaines» contre ce qu’ils dénonçaient être un communisme rampant.
L’échec évident et prévisible des travaillistes au Royaume-Uni à rétablir l’économie, et l’échec du Démocrate Jimmy Carter à rendre à l’économie Américaine son dynamisme allaient conduire au pouvoir des élèves zélés de ces cercles d’économistes «libéraux».


Margaret Thatcher expose ici ses opinions sur le syndicalisme (qui “ruine l’economie” et impose “une dictature”) et sur la bonne politique, basee sur l’enrichissement individuel, l’effort, la propriete privee du logement et l’actionnariat de masse.
Pour y parvenir, ils allaient être aidé bien involontairement par l’un des plus grands succès du keynésianisme : l’individu post-moderne qui, libéré de la faim et des soucis du quotidien, cherche à s’épanouir, à s’affirmer, à exprimer sa personnalité, à «trouver son vrai moi», instruit, amateur de loisirs et explorateur de destinations lointaines, compositeur de sa propre vie et de ses propres certitudes, désireux de ne pas culpabiliser sur sa propre réussite, et éventuellement payer moins d’impôts, créer sa propre entreprise et être «son propre patron», ayant une peur farouche de l’état providence – dont il est pourtant un pur produit-, qu’il regarde comme un monstre niveleur et totalitaire. En 1973, Stanley Kubrik avait bien mis en scène cette peur de l’état totalitaire démocratique égalisateur qui ignore la morale et réduit les hommes à l’obéissance tout en produisant des êtres sans limites tant la vie leur est balisée, calibrée, pesée, formatée.


On pretend aujourd’hui que Thatcher a fait du bien a l’Angleterre. Les 4 millions de chomeurs du traitement de choc anti-keynesien voient peut etre les choses differemment…
Le traitement de choc à coup de taux d’intérêts extrêmement élevés – des pics à plus de 30% en 1980- allait casser l’inflation en entraînant les pays avancés dans une nouvelle récession. Une récession qui allait durer deux à trois ans, comme une «Grande Glaciation». Et qui serait une rupture importante car elle allait sceller le destin industriel du Royaume Uni, et inaugurer par étapes un processus d’externalisation de secteurs d’activités entiers, prélude à la «mondialisation». Les friches industrielles gigantesques dans des paysages ravagés par «la crise» allaient faire leur apparition dans la culture pop, et en particulier dans la new wave, cette nouvelle vague du rock anglais, ainsi que dans ses descendances «cold» et «industrial».
Quand l’économie de ces pays repartit, car l’économie repart toujours, les mêmes gouvernements passèrent à la seconde étape, les baisses d’impôts, les premières libéralisations financières (Margaret Thatcher inaugura la bourse en temps réel et la dématérialisation des transactions avec le «big bang» en 1986) et les privatisations. Parallèlement, les budgets sociaux étaient coupés, la pauvreté réapparaissait partout, sortie des statistiques à l’aide de modification des définitions du chômage, de l’inflation, de l’emploi. La croissance se fit plus forte, une impression de prospérité sembla revenir, «la grande décontraction». Avec beaucoup de chômage.


Une bulle, la première, apparut pourtant en 1986, portée par l’immobilier et les premiers junk bonds, et les taux à nouveaux commencèrent à remonter, cassant la croissance dès 1987/88, entraînant un mini-krach à la bourse en novembre de 1987, le premier en 58 ans. La réussite «Thatcher-Reagan» de 1983/87 semblait n’avoir été qu’un feu de paille, la bulle se dégonflait et les deux pays s’apprêtaient début 1988 à rentrer de nouveau dans une récession qui allait durer jusqu’en 1992… Le «cul de siècle», «la fin de party».

Deux zones semblaient protégées.

L’une l’Europe qui, arrimée à la puissante Allemagne, construisait une économie «stabilisée» à défaut d’être régulée. Dans cette zone, le président français François Mitterrand était le grand ordonnateur, à la tête d’une France modernisée et comme immunisée contre les grèves qui avaient empoisonné le pays depuis les années 1950. Le design français, dopé aux grands travaux mitterrandiens, régnait sur le monde. Quand le communisme s’écroula, alors que la France fêtait sa Révolution et que la dynamique Européenne s’affirmait à travers un processus d’unification quasi-irréversible menant au traité de Maastricht, le Président français pouvait essayer de peser sur le destin du monde. De front, appuyé par Helmut Kohl, quand l’opération «tempête du désert» commença: c’est François Mitterrand qui imposa l’idée de «nouvel ordre mondial», qui devrait sortir de ce conflit, et Georges Bush du s’en accommoder. Et en coulisse où avec l’aide de Pierre Mauroy, alors Président de l’Internationale Socialiste, de son ami Shimon Pérès et de tous ses réseaux développés au Proche-Orient, il contrôlait ce qui allait devenir les «accords d’Oslo», en 1993.
Alors que la France affichait sur la période 1988/1990 un taux de croissance supérieur à la moyenne, plus de 4% par an, ce fut justement la croissance qui fut le premier élément à craquer dans ce bel édifice si patiemment mis en place, emportée dans les sables des déserts du Golfe. Longtemps asynchrone sans ses cycles économiques, la France se préparait à sa première vraie récession depuis les années 30. La réunification Allemande allait quand à elle handicaper le principal moteur Européen, l’Allemagne. En 1991, le Président Gorbatchev fut renversé et que les petites Républiques de Yougoslavie déclarèrent leur indépendance. À Paris, les manifestations d’Act Up alternaient avec les manifestations de droit au Logement, des lycéens avaient mis à sac le quartier Montparnasse. Un climat de Fin de quelque chose s’installait qui ne quitta plus la France jusqu’en 1995.


Saveur de la plus gigantesque bulle financiere dans le pays qui avait domine dans l’Age Electronique
La deuxième était un pays -le Japon- où une petite société -Sony- avait, en 1959, acheté le brevet du transistor. Ce petit pays allait être LE pays du transistor, comme l’avait d’ailleurs dit de Gaulle en 1961 en plaisantant, sans se rendre compte de l’énormité de sa plaisanterie. Le Japon fut, plus que l’Allemagne Fédérale, LE pays de l’âge électronique. Les Japonais allaient tout transistoriser, tout miniaturiser. Quand le choc pétrolier allait obliger les entreprises à produire des biens économes en énergie, le Japon maîtrisait la technologie «électronique» mieux que les autres, qui allaient devoir s’adapter dans la douleur. Qui se souvient de Radiola, Grundig, Telefunken, Téléavia, du V2000… Le Japon imposa ses standards, le design, les prix.
Raconter l’âge électronique, c’est presque raconter l’histoire du Japon. J’ai commencé avec Valéry Giscard d’Estaing, je pouvais tout aussi bien commencer en 1964 avec les jeux olympiques de Tôkyô en 1964.
Cela m’aurait permis de boucler une boucle. En effet, les USA demandèrent au Japon, en 1987, de laisser réévaluer sa monnaie et surtout de baisser les taux d’intérêt. D’être une locomotive, au moment où le feu de paille Reaganien se révélait pour ce qu’il avait été, un feu de paille. Le Japon était désormais économiquement un géant, affichant des taux de croissance et d’emploi insolents : les Japonais s’exécutèrent, les capitaux affluèrent, et le yen renchérit. Intérieurement, le crédit pas cher favorisa la constitution d’une bulle incontrôlable – l’indice Nikkei passa de 5,000 en 1985 à plus de 38,000 début 1990- , qui finit par réveiller l’inflation. Exprimé en dollar, son PIB faisait du Japon la première puissance mondiale.
Le gouvernement chercha a stabiliser, haussa les taux d’intérêts…Personne ne vit venir la chute, qui commença très lentement, comme un soufflé, et entraîna le Nikkei autours de 25,000 en 1991. Puis 16,000 en 1992. La bulle avait explosé, il ne restait plus qu’à rembourser les dettes bâties au temps de la splendeur. L’immobilier avait lui même monté -doublé tous les 6 mois-, il chutait désormais. La première économie du monde, qui avait été le moteur et le coeur de LA technologie de l’âge électronique, se payait le (dernier)luxe ultime de ne pas participer à la guerre du Golfe mais de verser des dizaines de milliards de dollars en lieu et place. Et puis en 1991, les scandales se succédèrent, les banques commencèrent à étouffer et faire faillite sous le poids des montagnes de dettes garanties sur une bourse à 40,000 et un immobilier qui avait quadruplé en deux ans.


Âge du Japon, l’âge électronique fut aussi l’âge des baby-boomer. L’électronique nourrit leur musique et envahit leur univers, avec la télévision, la vidéo, et la haute-fidélité. L’âge électronique bouleversa le rapport au temps, à l’espace, comme aucune époque avant lui. Le satellite, le téléphone automatique, tout s’était dilaté et pour la première fois les émotions étaient mondiales. L’âge électronique est l’âge des mass-médias. Biafra, Vietnam, Tien An Men, Mai 68… Les palpitations du monde se synchronisèrent dans le grand concert mondial des images, en couleur et en direct. L’avion, avec le jet, puis avec le jumbo-jet, avait rétrécit l’espace; la dérégulation des années 80 mettait l’avion «à la portée de toutes les bourses», banalisant le voyage. Voyager, ce comble de l’exotisme en 1960, était désormais une activité banale et presque blasée. En 1990, le réel exotisme était passer se vacances dans un village du Lubéron, et laisser «à la masse» le soin de s’entasser dans les aéroports.
Et puis, alors que la régulation keynésienne semblait avoir résolu les crises et élevé les niveaux de vie, elle avait paradoxalement créé sa propre limite : le petit bourgeois amnésique d’où il vient et ignorant de ce qu’il est vraiment, totalement aliéné de toute faculté de jugement «objectif», l’individu post-moderne. C’est lui qui se dissocia de «la classe moyenne» née avec le keynésianisme pour ne plus devenir qu’un individu roi et capricieux, en ayant assez de payer des impôts pour assister des fainéants. Les conservateurs des années 80 le flattèrent donc en lui offrant «du choix», «des responsabilité» et de «la liberté». On lui offrit la liberté de choisir entre plusieurs opérateurs de téléphones, plusieurs compagnies de gaz, plusieurs distributeurs d’énergie. On lui octroya la responsabilité de «posséder» des entreprises et de se les «réapproprier» en les soustrayant à un état «qui ne sait pas diriger» avec de vastes privatisations. On popularisa à son intentions des formules chocs qui lui permirent de briller malgré son inculture de crétin enrichi. Trop d’impôt tue l’impôt. Ce n’est pas le rôle de l’état de produire des automobiles. L’état fait plus cher et moins bien que le privé. La liberté économique améliore la qualité et fait baisser les prix. Toutes vérités aujourd’hui démenties par les faits, mais encore solidement encrées dans nos consciences.

Vers 1992 commença une onde de prospérité capitaliste dont les racines, parfois très anciennes, ont pris dans les années 80. Le premier Mac «moderne» date de 1984.
De façon quasi-conjointe, un cycle court positif démarra. Ce qui nous semblait moderne en 1991 nous semble terriblement ancien aujourd’hui. Mais ce qui sortit vers 1995 semble se continuer aujourd’hui et ne nous choque pas outre mesure, ne nous parait pas si ancien. C’est que nous sommes encore dans le cycle amorcé dans la première moitié des années 90, un cycle long de forts profits, et qui devrait s’achever vers 2017. Mais là, c’est une autre histoire, car comme vous le verrez, les fins de cycles positifs inventent généralement les 50 années suivantes…


Cette video de Massiv Attac resume mieux que tout autre message le bilan des 25 dernieres annees ou les USA ont traverse une guerre de 10 ans qui a epuise l’economie au moment meme ou les investissements auraient du etre eleves afin de rentrer dans l’age electronique. Le resultat, c’est le debut du creusement du deficit commercial au profit du Japon et une perte massive d’industries avec son corolaire: le chomage de masse, l’errance de quartiers entiers livres a la drogue, a la violence et au SIDA, principalement dans les minorites noires et hispaniques. La majorite blanche, elle compensa ses pertes en commencant a s’endetter et boursicoter a partir de la cure de Reaganomics, apres avoir epargne durant tout le cycle keynesien, de 1933 a 1979… On se mit a manipuler les statistiques du chomage ou des prix pour donner un air keynesien “middle class” a cette sauvagerie sociale. Un printemps economique s’amorcait dans une economie de rentiers gangrenee par la pauvrete.

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