Une si longue absence… 葛西, lundi 7 avril 2008

U

Ca y est, j’en ai une. Une vraie japonaise, qui lave a l’eau froide… mais qui seche!

Temps brumeux. Ce matin, quand j’ai ouvert la fenetre, j’ai pu regarder les derniers rayons de soleil de la journee : il doit pleuvoir a partir de cet apres midi, jusque mercredi. Helas… Du trentieme etage, j’appercois une etrange lumiere, celle des rayons de soleil percant la brume sur la ville, c’est tres etrange. Une intensite lumineuse refletee par les facades des immeubles au lilieu de la morne grisaille… Ca violente les yeux, mais c’est tres agreable aussi car il m’arrive de sentir les soleil venir caresser la Tour Mori. J’aime bien…
Je n’ai pas ecrit pendant un mois. Un peu au hasard, j’ai recu vos mails s’etonnant de ce silence. M’encourageant a ecrire. Esperant que tout aille bien. Me souhaitant du courage.
Ca fait plaisir…
Pour resumer, je vais bien. Je m’installe dans la vie banale d’un salarie, avec des week-ends regles comme du papier a musique, commencant le vendredi soir et s’achevant le lundi matin… Des week-end que je partage avec Jun, assez jalousement peut-etre, parfois avec un peu d’etouffement, mais aussi avec enormement de bonheur. Je vis au Japon, et je profite, enfin, du Japon. J’ai pu enfin, “comme tout le monde”, profiter des pruniers en fleurs annoncant l’arrivee prochaine du printemps.
Promenades sous le vent a Shinjuku Gyoenmae ou dans le froid a Yushima Tenjin. Et puis il y a eu l’allergie au pollen pendant une semaine, avec ses maux de tete, la respiration lourde et les poumons douloureux, la gorge irritee, une envie de vomir qui ne passe pas, le masque, et puis le soulagement. J’ai porte un masque, “comme tout le monde”. Et puis le vent s’est fait parfoir violent, les temperatures ont joue du yoyo, on a parle d’un printemps tardif, j’ai rallume le chauffage. Mince, ma facture d’electricite a double en fevrier. Et vers le 15/20 mars, bien que les vents aient continue a faire leur guerre interminable, la lutte feroce des vents du nord contre les vents du sud, le climat s’est soudain radouci, le soleil s’est fait plus intense et plus chaud, et les cerisiers ont ainsi commence a eclore le jour du printemps quand on les attendait bien plus tard. Alors, Jun et moi avons participe, “comme tout le monde”, a la folie cerisiere.
J’en ai ete prive pendant deux ans… NOVA, c’etait le travail le samedi, le travail le dimanche. “Comme tout le monde” se repose le week-end, la nonchalance des promeneurs de Ginza le dimanche, le son vrillant des flutes dans le Matsuri ou l’on tire un Mikoshi, les pique-niques improvises au bord de l’eau, les trains bondes de familles, tout cela n’etait pas pour moi, n’etait pas pour nous. Je l’ai deja ecrit, mon experience du travail le week-end m’a rendu hostile a toute forme de travail le dimanche.
Quand Jacques Attalli publie son rapport sur la croissance, je trouve toute la gauche ridicule quand elle ne voit qu’un nouveau pave ultra liberal, pour la simple raison que la majorite des salaries vit deja dans l’ultra-liberalisme, dans l’ultra capitalisme. A mon avis, la vraie question n’est pas la. La vraie question, c’est quelle societe, quelle sociabilite voulons nous ? Pour creer demain quelques 20,000 emplois qui de toute facon seront detruits apres demain, sommes nous prets a sacrifier la tranquilite du week end, ce temps arrete ou les enfants retrouvent enfin leurs parents Je suis pour la societe du temps qui s’arrete un peu de temps en temps, ou les magasins sont fermes et ou le bonheur n’est pas dans le volume du caddy que l’on rempli mais dans le temps que l’on passe aupres des siens, amis et parents. Si c’est cela, aujourd’hui, le socialisme alors oui, je suis socialiste.
Je decouvre donc les joies du dimanche, les jardins ou l’on peut s’assoir et contempler les fleurs. Je n’arrete pas de photographier les fleurs, et comme c’est joli, les fleurs, parfois leur parfum est ennivrant, et j’imagine que pour beaucoup d’insectes il doit etre difficile de resister a leur atrait. J’ai decouvert notamment matsumata, au parfum de miel capiteux, entetant, on en redemande. Et quelle jolie fleur…
Si je vous parle de ces week-ends retrouves, je dois bien sur vous parler de ce qui en est l’origine, a savoir la semaine, et le travail. Nous dirons que je me fais une raison. Et que je me remette a ecrire au bureau comme je le faisais en France parfois, c’est que je suis desormais installe. Je travaille plutot bien, assez vite, j’ai deja eu des resultats. En fait, j’ai change d’equipe et je suis ici jusqu’en juin. Autant dire que je suis ici pour un bon moment encore. Par les temps qui courent, c’est plutot bien. Salaire minable toujours, mais j’ai tout de meme ete augmente. 80 yen de l’heure… C’est pas enorme, mais bon, sur un mois, ca fait tout de meme plus de 13,000 yens… Comme je rentre maintenant dans la Shakai Hoken (assurance sociale d’entreprise), ce n’est pas de trop puisque mon salaire va etre empute de cotisations… Ceci dit, je les payais deja, a plein regime, tout seul car NOVA ne payait rien que l’assurance chomage (et encore, il avait fallu un long proces), je devais payer l’assurance d’etat, la Kokumin Kenkou Hoken, normalement destinee aux artisans et travailleurs independants. Bref, je n’attends plus que ma nouvelle carte d’assure pour aller voir un medecin. Ca devrait aller vite.
Il m’arrive de prendre des notes sur des trucs que je vois. Par exemple. Par exemple, les maladies de peau. La semaine derniere, nous etions dans le metro, il y avait un type qui mangeais des hamburgers dans le metro, par grosse bouchee. Ses mains, son cou etaient couverts d’ecsaema. Je n’ai pas trouve de hazard, mais juste la manifestation d’un stress a l’image de ces hamburgers devores en vitesse. Beaucoup de Japonais souffrent d’allergies et d’ecsaema, parfois de facon visible et a la limite ecoeurant, comme pour cet homme dont les mains portaient les traces de terribles demangeaisons. Les Japonais n’exteriorisent rien. Le plaisir, la souffrance, ici, tout est affaire personnelle, individuelle. Certains petent un cable, et ce sont alors des crimes sadiques atroces, corps decoupes et eparpilles dans la ville, meurtres anonymes commis par hazard. Un grand nombre se refugient dans des mangas obsenes ou le sang et le viol font bon menage. Mais pour beaucoup, ce sont ces maladies de peau qui permettent de “sortir”, d’exprimer le desarroi. Jun lui meme a parfois des plaques sur la peau, on dirait de la carapace… Recemment, cela aurait eu tendance a se dissiper. Je crois que mes deboires a NOVA avaient accompagne cette irruption. Jun ne dit jamais rien…
Parfois, dans le metro, on croise des femmes fantome. Et il y en a beaucoup. Leur attitude expriment une violence sexuelle subie, pas forcement un viol, mais quelque chose qui de toute facon a mon avis en est tres proche. Ces femmes, ces jeunes filles parfois, cachent leur visage avec leurs cheveux, regardent continuellement le sol et, si vous les bousculez par inadvertance, semblent sursauter, regardent leur pieds et en une pirouette se retournent et passent leur chemin. Elles semblent cramponnees a leur sac, sur le point de crier, mais rien. Plus vieille, elles ont un visage ferme (lire un accent aigu), ramolli, et quand elles sont debouts dans le train, regardent la vitre, toujours la vitre, meme s’il y a de l’espace autours d’elles, comme si elles etaient au piquet. Dans ce groupe de “femmes fantomes”, il y a les “poupees”, des femmes de parfois 50 ans ans, avec un noeud dans les cheveux, des chaussettes et des chaussures plates.
Meme si je pense que les propos tenus naguere par Segolene Royal sur les Mangas etaient simplistes et reducteurs, je pense neanmoins que la societe Japonaise telle qu’elle s’exprime a travers des pans entiers de sa culture populaire est une societe gravement malade et extremement violente, ou l’inhibition des tensions sociales s’exprime a travers un gout sadique pour la souffrance d’autrui (un grand nombre de Japonais vit avec des salaires insuffisants, malgre des heures supplementaires obligatoires mais non payees, experimente chaque jour des conditions de transports se rapprochant plus du transport de bestiaux que du deplacement d’etres humains, vit dans des logements que nous taxerions d’insalubre, froids en hivers, chauds en ete, sonores, dans de veritables cages a lapin qui n’ont rien a envier a La Courneuve, avec des equipements collectifs dignes des annees Giscard (je vous renvoie au film Serie Noire, d’A. Corneau avec Patrice Devaerre) et bien entendu situes a plus d’une heure du lieu de travail, avec des syndicats lamines par la repression des annees 60/70 et avec la complicite de la CIA et des Yakuzas reunis…).
Ainsi, l’ex-chanteuse et star de television Wada Akiko, animatrice d’une emission basee sur… la laideur physique. Regardez cette pauvre femme, obese, les yeux trop “tires”, son double menton et sa mauvaise implantation de cheveux, les dents n’en parlons pas, vous souffrez ?, oui, depuis que je suis toute petite on se moque de moi, je me suis marie mais mon mari ne me respectait pas, j’ai eu un fils, je voudrais changer pour lui, tu aimes ta maman, oui, elle est belle, mais non, ne pleure pas, ta maman t’aime beaucoup, oui, mais a l’ecole ils disent qu’elle n’est pas belle, ne pleure pas, alors vous etes prete, oui, j’ai assez souffert, je voudrais mourir, je n’en peux plus, aidez-moi. Et maintenant, la voici sur notre plateau, devant vous, applaudissements, baaaahh des stars poupees en Chanel-Vuitton-Glamour-Sexy-brushing, la paaaauuuuuuuuuuuuuvre….., c’est horriiiiiiible…, c’est trriiiiiiiiiissste, mine de circonstance, on plaint cette femme, avec un physique pareil, normal qu’on se moque d’elle ou qu’on la plaigne, non? Mais nous, on ne se moque pas, nous la plaignons, parce que nous sommes des gentils sponsorises par Shiseido et Reve21, une clinique qui replante les cheveux. Eh oui, car cette emission, plutot qu’aider les gens a vivre leur physique, leur vie, et bien entendu condamner la veritable segregation dont ils sont victime, pousse au contraire le sadisme a son paroxysme. C’est la laideur qui est en cause, pas les comportements de autres. Et nous retrouvons soudain la meme femme trois mois plus tard et, apres que des cris de surprises aient ete coupes par une page de publicite, Shiseido, Reve 21, nous retrouvons une autre femme sous les rires admiratifs des poupees en Chanel-Vuitton-Glamour-Sexy-brushing : une nouvelle camarade d’un jour les rejoint. Le crapeau se fait princesse avec l’aide de la chirurgie esthetique, de la liposucion, du maquillage et des “marques”. Revoici notre mere de famille perchee sur talons aiguilles, les joues creusees, les yeux ouverts “enfin”, la taille affinee, plus de double menton, et surtout un sourire magnifique, le meme que les poupees en Chanel-Vuitton-Glamour-Sexy-brushing. Certainement la meme clinique. Le meme menton pointu, en plastique aussi, certainement. Le nez a ete rendu plus conforme aux (supposes) criteres de beaute occidentaux, bref un peu pointu et retrouve (une fois, un chirurgien exhibait la petite prothese de nez et de menton…). Reportage, alors, tu es content ? l’enfant pleure, oui, il est trop heureux, elle est belle maintenant ta maman, oui, elle est belle, et il pleure, et alors c’est le moment de verite, les retrouvailles avec la mere, une femme qui vit seule dans un de ces apaato, ces cages a lapins pour celibataires avec leurs rangees de 10 portes sur deux etages, en prefabrique, donnant sur terrain vague ici, et un autre apaato par la. La mere sort, la fille, mamaaaan, la mere, va t’eeeeen, mamaaaann, oh, ma fille, mais qu’est qui t’est arrivee, tu es belle maintenant, oh, mamaaan, oh, ma fille…
Chaque semaine, trois cas. Une vielle de 70 ans a qui sa fille offre l’emission, je veux revoir ma mere jeune, des visages sortis du musee des horreurs exhibes devant un public qui peut ici exprimer publiquement des haines et des ressentimenst refoules. On ne peut pas dire a son chef qu’on le hait quand a 10 heures du soir, il vous “invite” au karaoke apres vous avoir impose une reunion a 6 heures et un rapport a retravailler a 7 heures. On ne peut pas dire a ses parents que malgre ses 27 ans on ne veut pas se marier avec le type dont ils vous ont montre la photo, un garcon bien, qui travaille dans une grande societe, et on les deteste de brader votre liberte pour le qu’en dira t’on, quoi, votre fille n’est pas mariee, mais depechez vous, a 28 ans, elles ne sont plus bonnes, et a 30 ans… Mais c’est une occasion en or, ce mari, votre fille a 32 ans, il n’en a que 38, il est calme comme tout, il passe son temps a reparer des ordinateurs, il la laissera tranquille…
Les Japonaises ne font pas d’enfant.
La saison d’hivers de Doramas est terminee. J’en ai finalement suivi deux : Bonbi otoko et un autre dont je ne me souviens pas le titre, avec Koyuki. J’hesite a m’abonner au cable, je me sens pret a devorer n’importe lequel serie americaine… L’indigeance de la television japonaise est affligeante et est un triste presage pour la television francaise, bien partie pour lui ressembler. Car quand il n’y aura plus de publicite sur France Television et que (ineluctable) France 3 aura ete privatisee, la television publique deviendra un sanctuaire du “bon gout” et de LA Culture, un peu comme au Japon. Je ne pense pas que nous irons jusqu’au cours de tricot comme sur la NHK, mais a mon avis, c’est la direction que nous prenons… On cite souvent la BBC, mais la BBC est une ORTF qui n’a pas ete demembree, gavee de publicite avant d’etre partiellement privatisee (TDF) et eclatee (INA, SFP, Radio-France).
Elle est restee une unitee integree, ou des synergies ont commence a se mettre en place quand l’heure de l’ultra concurrence est arrivee. Nous nous orientons plutot donc vers une sorte de NHK, une television publique chargee de faire ce que les chaines privees ne tiennent pas a faire. On commence donc par en eliminer la publicite! Le pour quoi faire n’a guere d’importance, TF1 trouvera bien le travail a donner a France Television selon les desideratas des nouveaux annonceurs.
Il nous reste internet.
La seule chaine que je regarde est La Tele Libre.
J’ai commence a regarder le Taiga Dorama produit pas la NHK, aussi. Atsu Hime, l’epouse du dernier Shogun. Un Oooku special pusique ce n’est un FujiTV qui le produit. Costumes somptueux comme toujours, mais cette fois-ci aussi, comme toujours avec le Taiga de la NHK, brochettes d’acteurs.
J’ai eu mon frere au telephone, ma mere plusieurs fois, Tarikavalli aussi. Des nouvelles de Nicolas et Mulgon Melta grace a Skype. Yann de temps en temps aussi. Recu un long mail de Vincent, qui continue son installation aux USA..
Mes promenades sont des promenades de reves encadrees de long temps de transport… C’est grand, Tokyo.
Kamakura. J’y suis alle deux fois en un mois… Ca c’est du vrai luxe, et l’ancienne capitale est en train de remplacer Versailles dans mes habitudes dominicales. Ca met a peu pres autant de temps, et le depaysement y est encore plus radical car le contraste avec Tokyo est extreme. Je n’y vais plus avec un objectif precis, mais juste pour le plaisir de la promenade. Des endroits que je connais, d’autres que je ne connais pas. Je commence meme a aller vers les touristes perdus. Je fais parti des gens qui connaissent bien Kamakura, je veux dire, pour un etranger vivant a Tokyo. Les transports m’y sont familiers, Enoden, Bus ou JR, et nous nous y promenons sans carte. C’est mon petit Kyoto a moi. 40 minutes de train seulement… Nous avons admire les premiers signes du printemps le mois dernier, et hier c’est son triomphe eclatant que nous avons contemple : fleurs de cerisiers, fleurs de pechers, fleurs de pruniers tardifs rouges vifs, mais aussi azalees, pensees, feuilles d’erables japonais… La nature est en fete et les oiseaux, rossignols, merles, pies, faucons mais aussi les ecureuils et toutes les petites betes s’activent. Une promenade a Kamakura est un reconstituant unique. Prochainement, c’est a Enoshima que nous pousserons notre promenade. Une ile au large de Kamakura. Le printemps sera alors bien avance et tout sera tres vert. Dans trois semaines, pour la Golden week…

Ca me fait penser a l’interim, ici. Au Japon, un jour de conge n’est pas paye, quand on est interimaire. On est paye pour le travail qu’on fait. Pas plus. Pas de prime. Les vacances ne sont pas payees, elles sont prises dans le cadre du contrat, apres 6 mois bref, si on a quelques jours entre deux contrats, on perd ses vacances… Le reve du MEDEF. J’ai donc decide de faire de l’overtime pour couvrir les frais de mon assurance sociale, me payer les jours feries soit environ 30 heures de travail en plus dans le mois. Mais pas plus. Au poste ou je suis j’y ai droit, donc j’en fait. Je m’ocrtoie aussi du temps d’ecriture, c’est toujours ca de fait pour le soir. Mais c’est aussi un veritable plaisir, partir a l’heure pile et de les voir encore travailler. Je ne suis qu’interimaire, precaire a souhait, avec un salaire derisoire compare au leur. Mon seul plaisir est de quitter plus tot si je le souhaite. Devant moi de belles promenades a Tokyo, des promenades de debut de soiree.
Mon seul plaisir ? Non… J’ai aussi trouve une brulerie de café, Kaldi, dont le café n’est pas trop onereux et ou j’achete desormais mon café. J’ai repense a ma mere, quand j’etais enfant, avant que papa ne soit au chomage, ma mere allant acheter son café chez Meo. J’ai pense dernierement que ce petit plaisir, derisoire, qui a du disparaitre definitivement avec le chomage de papa, ca a du etre tres dur. C’est a des details comme cela que se mesure, pour moi, le poids de la pauvrete. Quand on renonce a un petit plaisir. Une pause café, avec un bon café. C’est pas du Vuitton, c’est juste une petite tasse de café… Mais cette privation de quelque chose qu’elle aimait, c’est le symbole de toutes les autres qui sont venues avec. Nous n’etions pas riches, nous sommes devenus pauvres. Et les menages qu’elle a faits alors, et papa les petits boulots qu’il a trouve ici ou la, alors, n’ont jamais rapporte ce petit moment ou le temps s’arrete dans l’arome leger d’un café de Colombie fraichement torrefie.
Je suis tres content de boire du Colombie fraichement torrefie.
Le café me fait penser a ma mere, les pensees (fleurs) aussi, mais c’est a mon frere qu’elles me rattachent. Ici, il y en a partout. Quand mon frere est ne, j’ai ete envoye chez mon oncle et ma tante deux ou trois jours. On m’a ainsi coupe de la joie familiale. Ben oui, papa devait travailler quand meme, personne n’aurait pu s’occuper de moi (papa partait a 6h30/7h00 et ne revenait pas avant 19h00…). Quand je suis revenu, avec mon oncle et ma tante, mes cousins, il y avait des fleurs dans des bacs, des pensees justement, et je crois que je n’ai jamais vu les fleurs aussi belles que ce jour la. C’etait le printemps, le mois de mai, une belle lumiere et un ciel bleu. Maman portait une jolie robe avec des motifs annees 50/60 couleur vin, elle etait rayonnante, elle portait mon frere et tout le monde portait leur attention vers eux. Et moi, je crois que je portais mon attention sur eux, car je ne sentais aucune attention portee sur moi, pour la premiere fois de ma vie. Depuis que je vis au Japon, je ressens enfin, a presque 40 ans de distance, la joie que je n’ai pu eprouver, partager ce jour la. Je ne peux plus la partager reellement, mais elle est la, presente. Et ca fait partie de ces moments, si j’avais a revivre ma vie, je me dis que je les revivrais desormais autrement, que mes yeux d’enfant ne pouvaient pas comprendre alors que le bonheur c’etait aussi savoir donner le bonheur aux autres at pas seulement l’attendre des autres. Mais que la vie a ete pour moi une fantastique lecon, et qu’elle l’est encore.
Quand je pense que Veronique et Stephane vont accueillir un petit d’Homme dans quelques jours… Veronique aura elle aussi cet air rayonnant, Stephane les yeux d’un papa-gamin, et j’espere que les deux petites demoiselles trouveront de suite toute leur place a ses cotes. Je profite de ce poste pour leur envoyer toutes mes pensees…
Kamakura, mais aussi beaucoup de jardins. Tokyo en est plein. Ils ne sont jamais bien grand, mais leur organisation permet d’y rester plus d’une heure dans une variete de paysages differents qui se recomposent au gre de la marche… Et puis hier, une promenade a la mode, LA promenade a la mode, de Roppongi, ou AsahiTV fete ses 50 ans, au nouveau batiment de la chaine TBS en passant pas le MidTown et son nouveau jardin, en traversant Akasaka. La promenade fut agreable, le temps radieux, presque chaud. Nous avons eu la chance de croiser un Matsuri, son Mikoshi et la foule nonchalante autours, peu nombreuse mais souriante. Et puis decouvrir donc le nouveau quartier autours de la chaine TBS.

Beaucoup de monde et de gargottes TBS, et la visite d’une camionette d’extreme droite avec discours et enka nationaliste. La police a mesure son degre de nuisance puis a verbalise. L’extreme droite fait ce qu’elle veut au Japon, et la police est plus enclin a embeter les cyclistes que les yakuzas/ extreme droite. Normal, cette derniere a ete utilisee pour casser les greves il y a une quarantaine d’annees… La semaine derniere, un film chinois racontant ce que represente le sanctuaire Yasukuni a ete “auto-censure” par les cinemas qui le diffusaient, sous la pression des menaces de l’extreme-droite. Avec Jun, voir cette camionette qui pour une majorite de Japonais tient du folklore, represente quelque chose d’effrayant. Son grand-pere a ete ennuye car il etait “pacifiste” a l’epoque du nationalisme, son pere est ne en Mandchourie (des centaines de milliers de Japonais y ont ete envoyes en “peuplement”), et il a experimente le rachat de l’entreprise ou il travaillait par la secte Sokka Gakkai, qui participe au gouvermenent du Japon sous le nom de Komeito, qui gagrene l’economie et dont les Japonais ne parlent qu’a voix basse, comme ils le font des yakuzas…
Mais bon, notre promenade n’a pas varie pour cela, nous avons visite le centre commercial au pied de la nouvelle tour, je ne me souviens plus son nom, et avons pousse jusqu’Omote Sando. Ou j’ai achete du café chez Kaldi…Voila, je suis chez moi, je vous ai fait une petite selection de photos. Je vous souhaite une bonne soiree. La pluie tombe… Jun m’envoie un mail, il parait qu’il y a 4000 policiers pour encadrer les manifestations de Tibetains a Paris. C’est un regime de honte.










À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

commentaires

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  • Arg… ces machines a laver me feront toujours autant < triper > , meme a l eau froide …ca me fait quelque chose .
    Kamakura aussi d ailleurs tiens !
    Bien le bonjour Monsieur Suppaiku , quel plaisir .
    Popol .

  • Je trouve que le Japon est un pays très fascinant. Son originalité culturelle en fait un pays à visiter à tout prix. Vous avez beaucoup de chance d’y habiter. Mais je m’étonne un peu que vous évoquiez le port de masques. Est-ce des masques pour éviter que la pollution n’entre dans l’organisme? Si oui, je suis complètement désolé de l’apprendre. Quelles sont les solutions qui sont préconisées par les gouvernants?

    • Bonjour!
      Il s’agit de masques pour limiter les allergies. Apres la guerre, les japonais ont utilise beaucoup de bois pour reconstruire, donc deboise et reboise avec des resineux, essentiellement des cypres et des cedres. Massivement. Leurs pollens se propagent en masse en mars. Le masque limite leur effet.
      Il a ete envisage de couper les cypres, mais ce projet est reste lettre morte. Des arbres moins nocifs poussent lentement…

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