Le paradoxe Japonais ?

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0-2Je suis assez content d’avoir posté autant de messages depuis lundi. Après avoir change le template, je me suis promené sur ce blog, j’ai revu de vieux messages. L’écriture y était moins libre, plus “cherchée”, mais j’ai été étonné par la très grande simplicité et par les photographies. Je n’hésitais pas en effet à publier des photographies prises à la va-vite avec mon mobile, des photographies qui parfois n’avaient d’autre intérêt que mettre des couleurs, ou bien montrer des choses inhabituelles, comme une prise de sang à Tarnier ou le jeu des feux rouges. Des billets longs et courts publiés à l’envie sur des sujets sans importance. J’ai trouvé bien, vivant. Je devrais lire mon blog, parfois !
Je suis dans le métro. Aujourd’hui encore, deux lignes sont perturbés par des “accidents voyageurs”. Ces suicides sont devenus terriblement banals… Il y a quelque chose de paradoxal dans le Japon contemporain. Les Japonais peuvent être extrèmement rieurs, blagueurs, fripons, ils peuvent se promener quasiment nus lors des matsuris, ils adorent manger, danser, là encore il faut voir les matsuris ou le métro le vendredi soir quand, émèchés ils esquissent des pas de danses venues du passé, de leur province natale. Ils ne s’en sont pas moins bâtis une société triste, avec des métros tristes, des rues tristes, un travail caporalisé réduisant leur quotidien à la tristesse de la solitude, enfants qui ne voient jamais leurs pères trop occupés, mères dépressives au quotidien terne se répétant tous les jours à l’identique, légion de célibataires qui ne trouveront jamais à se marier, sexualité réduite à rien du tout dans ce pays où 30 % des hommes agés de moins de 40 ans sont encore puceaux, compensant cela par la fréquentation de bars à hôtesses, à maids et la lecture de bandes dessinées oú de jeunes filles de 14 ans se font violer en pleurant et en en redemandant. Le tout avec une pression sociale très forte, la peur du chômage, synonyme d’une exclusion à vie, de divorce et de plus de solitude encore, et puis cette spirale de dettes qui s’enchaine avec le credit pour la maison et les études, exhorbitantes, des enfants. Quand la coupe est pleine, certains, donc, marchent un pas en avant quand le train arrive, laissant à celles et ceux qui restent le soin de prendre en charge leur échec social.
Donc, aujourd’hui, comme tous les jours, deux lignes sont interrompues pour “accident voyageur”, 人身事故, comme c’est écrit sur les panneaux des horaires.
Le temps s’est adouci le jour, reste glacial la nuit. Je continue d’attendre la saison des prunier, celle qui annonce la fin de l’hiver réel et l’entrée dans la transition vers le printemps. Je n’aime pas l’hiver.
Je ne sais pas trop si c’est utile, mais j’ai raffraichi mon profil LinkedIn, j’ai enlevé plein de détails dont on se moque comme de l’an 2000.
De Tokyo,
Madjid

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