Quotidien

Beaucoup de gens sont hantés par la mort, avec les ans, moi, j’aurais envie de dire que c’est par la vie, que je suis hanté. Ça va si vite, une vie.

On est déjà mardi, le temps file à toute vitesse! J’ai quasiment terminé un billet sur une chanteuse que j’aime particulièrement, je le posterai plus tard, peut être demain matin, car je veux le relire et mettre quelques vidéos pour l’illustrer. Et puis, comme il s’agit de musique baroque, et qu’il m’est arrivé d’écrire sur le sujet, je ne voudrais pas trop radoter.

Cet article, cela faisait un moment que je l’avais en tête, cette chanteuse est plus qu’une chanteuse, elle est à mon avis l’une des plus grandes artistes des cinquante dernières années, elle a été haïe, ridiculisée, malmenée par certains critiques qui ne voyaient qu’une chanteuse au rabais obligée de se replier sur un répertoire secondaire, mais quelle bande de cons… « Décorée en 2000 de l’équivalent britannique de La Croix de Chevaliers des Arts et Lettres, son nom est désormais précédé du titre de « Dame », et en 2001, elle a reçu de la BBC le titre de 10ème plus grande artiste lyrique du 20ème siècle, ce qui a remis du feu sur la polémique et l’appellation de chanteuse de seconde catégorie. Mais quelle bande de taches… Le plus intéressant est qu’elle reste la même, n’a jamais pris la grosse tête, toute dédiée à ce qu’elle sait faire, l’opposé d’une « diva » à tous les niveaux. Elle est pour moi, pour nous, ceux qui avons eu le coup de foudre sur la voix, une voix alors unique et qui a ouvert la voie à tant d’autres, au firmament des arts, sa voix dansant avec les anges, une de ces voix qui rend presque sensible, possible, tangible l’existence d’un Unique dont elle n’est alors qu’une manifestation modeste et sublime à la fois… »
Je me dois donc de me relire, de ne pas faire trop long, et de lui dire en quelques mots les remerciements que je lui dois puisqu’elle m’a fait meilleur.

Le printemps chaque jour tente un peu plus de s’installer. Dimanche, il a presque fait chaud, nous avons dépassé les 20 degrés sous un beau soleil et un magnifique ciel bleu, et hier il a beaucoup plu, beaucoup venté avec une température quasi-constante de 18 degrés, on se serait presque cru en pleine saison des pluies, en juin. Ces fortes bourrasques vont aider l’herbe à prendre des couleurs, partout les pelouses sont desséchées par l’hiver, jaunies. Voilà une réelle différence avec l’hiver en France où tout est détrempé et vert.

C’est à Shinjuku Gyôen, le grand parc qui borde Shinjuku sur son flanc sud-est, que je suis allé profiter du beau temps de ce dimanche. Là, c’était une foule impressionnante profitant du soleil pour venir pic-niquer et admirer les fleurs de pruniers japonais et surtout celles des (kawazu-)Sakura, ces cerisiers qui fleurissent à partir de la fin du mois de février, c’est à dire pas les « vrais » Sakura.
Car si en France on pense aux cerisiers en fleur comme d’une floraison homogène, la floraison des cerisiers, ici, c’est un processus lent qui démarre avec la floraison des pruniers, puis celle des cerisiers kawazu que nous admirons comme autant de signes du printemps qui vient, pour aboutir, enfin, à la floraison des someyoshino-sakura, les « vrais » cerisiers en fleurs, dont la pleine floraison transforme l’horizon en quelque chose de vaporeux et blanc avec des pétales volant au vent. Ces cerisiers fleurissent à la fin du mois de mars à Tôkyô, leur floraison coïncide avec ce que les japonais regardent comme le milieu du printemps, c’est à dire ce qu’en Europe nous regardons comme « le printemps ». Ce sont donc eux qu’on va regarder en nombre, en marchant, en pic-niquant, en buvant, seul, avec des amis et collègues, en amoureux. On les aime particulièrement peut être parce que très rapidement leurs fleurs cèdent la place à un feuillage resplendissant bref, quand c’est enfin le printemps qui s’est installé et que l’on s’aperçoit que les autres arbres ont eux-mêmes fait leur mue.
J’adore ce moment de l’année.

En attendant, les jours passent et je constate chaque année que, oui, le temps passe plus vite avec les ans, et c’est un sentiment étrange, ces semaines qui s’enchaînent à toute vitesse, ces week-ends sitôt commencés sitôt terminés. Beaucoup de gens sont hantés par la mort, avec les ans, moi, j’aurais envie de dire que c’est par la vie, que je suis hanté. Ça va si vite, une vie.

Entre dimanche soir et la nuit dernière, je me suis enfilé les sept premiers épisodes de la série Counterpart que je vous recommande sans discussion.
J’ai levé le pied sur les séries. C’est un genre devenu majeur, je veux dire aux USA et dans une moindre mesure au UK (où les excellentes séries ne sont pas rares, et cela avant même le début du golden-age du genre aux USA il y a une quinzaine d’années), il est très facile de se laisser enfermer par des heures devant l’écran. Je n’en ai pas honte, je regarde les genre comme un genre à part entière, certaines séries valent très largement les romans papiers, mais en même temps, elles facilitent une certaine paresse et, comme je vous les disais, j’ai une certaine tendance à ne pas faire. Il n’en demeure pas moins que cette série est vraiment excellent, complexe et je vous la recommande.
Je vous laisse ici pour aujourd’hui. Je retourne à cet article dont je vous parlais plus haut.

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