Ma vie à Tokyo / 東京に生活

Ici, temps magnifique. Chez vous, il pleut. Ici, dans la journée, il fait très frais mais le soleil nous réchauffe un peu. Chez vous, la pluie. Comment allez vous ?
Samedi, je n’ai rien fait du tout, hier dimanche je me suis levé moins tard, quelle heure était-il, déjà ? Peut être 9h30, peut être même moins. J’ai posé la vieille au soir mon profil sur un site internet et j’ai échangé quelques mails avec un jeune gars de 27 ans, qui s’appelle Nori. Je l’ai retrouvé hier après midi, à Shibuya, il était environ 17heures. Sympa… Mais avant, j’ai fait un grand ménage chez moi, il fallait trouver une place à tout ce petit fourbi dont on ne sait jamais quoi faire, ranger les papiers, etc. J’ai eu fini vers midi. J’ai envoyé quelques mails, à Megumi, Noriyuki de Kyoto, Tomo, Maruchan, etc. J’étais relativement prêt vers 14heures, alors j’ai pu enfin prendre une douche, aérer mon studio, passer l’aspirateur. Tout frais, tout beau et tout propre sous le soleil de février. Le matin, comme c’était un dimanche, je suis allé m’acheter un pain dans une boulangerie appelée Little Mairmaid, il y est assez bon. Avec le café, de la confiture, c’était vraiment un dimanche. A Tôkyô… C’est donc vers 15H que j’ai proposé à Nori de se retrouver. J’allais sortir quand je vois un jeune homme parler avec la propriétaire : un ancien élève de l’Inalco, Antoine ! Quelle surprise, le monde est vraiment minus, non ? Mais le plus surprenant a été la réception d’un message de Machida-chi, un “posteur” du japon.org me disant qu’il colouait avec ledit Antoine vers Takadanobaba…
Là, chapeau bas ! Je m’incline, Tôkyô m’a définitivement vaincu, je me rends. Je ne cherche plus rien puisque tout s’y présente comme ça, comme sur un plateau. Tiens, rien que l’avion. Avant de les quitter, je dis à Alain, Atomicdog et Nicolas que j’aimerais bien voyager dans un JAL aux nouvelles couleurs, particulièrement le Yokoso Japan. Et hop, toc, mon avion est le Yokoso Japan… C’est rare, à Paris, sur Tôkyô, les nouvelles couleurs de la JAL… Hier soir, je regardais la lune alors que je traversais Tôkyô, et je pensais très fort, mais vraiment extrèmement fort qu’il y a bien une aiguille dans cette botte de foin de 30 millions d’habitants que je retrouverais bien, mais je m’incline devant la difficulté de la tâche et il n’y a bien que la lune, le renard malicieux et le regard amusé d’un certain prètre Shintô, peut être aussi l’arc en ciel, qui sait mon ami le cheval, tous réunis, qui pourraient m’aider dans cette lourde tâche… Cela étant le simple fait de marcher ou rouler dans Tôkyô éveille mes sens, vous ne pouvez pas imaginer. Certains Japonais sont extraordinairement beaux et, contrairement aux chinois, ils ont une sensualité, une gracilité féminine extrèmement charmante. Et le plus étonnant, c’est que cette gracilité qui disparait avec l’âge derrière cette face rigidifiée par les codes, se libère après deux ou trois verres et il n’est pas rare de retrouver ce charme particulier du jeune homme dans quelque vieillard aviné aux traits burinés par les ans. Je dis cela des hommes, mais cela s’applique aussi aux vieilles femmes qui quand elles sourient vivement retrouvent un charme qui est un charme propre au Japon. Bref, imaginez moi, sur mon vélo, après avoir testé un raccourcis qui m’a bien rallongé de 10 mn qui côté de Minato-ku, imaginez-moi, bombant, arrivant sur Harajuku, entouré de tous ces gars, de tous styles, marchant nonchalant sous le beau soleil, et soudain cette pensée :
MAIS QU’EST CE QUE JE SUIS BIEN ICI !!!!

Justement, alors que j’étais à moitié paumé, mais je dis bien, à moitié seulement, je me suis retrouvé sur une sorte de boulevard qui m’a fait pensé à un de ceux que l’on voit dans Hana-bi, de Kitano Takeshi. Une longue avenue bordée d’immeubles de 5/étages, qui monte, surplombée de panneaux de signalisation, assez grise, anonyme et très américaine au premier regard, mais qui, plus on la regarde, que l’on gagne en confiance, se fait plus parisienne et ressemble à s’y méprendre à certaines de ces avenues que l’on a dans la première couronnes aux portes de Paris, comme à Saint Mandé, à Vincennes. Des immeubles récents, quelques espaces verts, des arbres, des commerces. J’aime bien Tôkyô et ne m’y sens pas si dépaysé. Mais alors, quel sentiment de liberté, la ville est immense. J’en ai au moins pour 10 ans, avant de m’en lasser. Imaginez, je n’ai toujours pas été à O-Daiba, et n’ai apperçu le Rainbow bridge que de mon bus, il y a 4 jours !
Il était donc environ 17h quand j’ai retrouvé Nori. Shibuya grouillait de monde. Le garçon est charmant, du charme particulier des garçons de son âge. Je crois qu’un homme est extrèmement attachant autours de cet âge. Avant il est très jeune, trop jeune même, un peu foufou, et c’est légitime. Après, vers la trentaine, il se fossilise souvent. Ca peut être le moment où il rêve de se pacser et acheter un appartement, se contenter des petites choses. Mais avant, il y a encore les rêves, les désires lointains de la jeunesse, et la vie ne s’est pas encore occupé de tout raboter, d’user ces espoirs. Bref, malgré la lassitude qui pointe (c’est d’ailleurs certainement biologique puisque c’est à cet âge là que l’on commence à ne plus croître et que l’on diminue son métabolisme…), il y a encore de l’énergie. Dans mon cas, malgré que je commençais mon analyse à ce moment là, loin de me résigner, j’y ai retrouvé force et confiance en moi et, du garçon dépressif que j’étais, je suis en un an redevenu un jeune homme dynamique qui non seulement reprenait ses étude mais se surpris également à haranguer les foules, créer, vivre, quoi. J’y ai trouvé une énergie qui m’a donné de la vie pour au moins cinq à six ans… et dont le résultat final est ici, à Tôkyô.

Barzador est un joyeux drille, surtout sur la montagne russe du Tôkyô Dôme en novembre 2004… sacré Barzador, va !
Non, je n’ai pas renoncé à mes désirs profond, et s’il est un peu tard, il n’en est pas moins pas trop tard. Il y a juste qu’Arnantulfe Blazor, hégérie mythique du non moins mythique Spont’Ex a cédé la place au très timide, en cette époque là, Barzador. J’ai toujours préféré Barzador, plus calme et plus “graphique”, mais Arnantulfe lui a rendu son énergie avant, enfin, de lui céder toute sa place. Bon, je concède, c’est trop private, tout ça, mais certains lecteurs comprendront car ils ont très bien connu Arnantulfe Blazor.
Avec Nori, un café, puis un autre, un restau. J’ai eu par moment un certain type de démangeaison qui m’aurait bien conduite à proposer autre chose, mais quelle idée de donner RDV à Shibuya, alors !!!! Un monde !!! Une foule !!! A Paris, c’est simple, quand on sent ces trucs là, on peut toujours s’arranger pour emballer le gars, mais à Tôkyô, je ne suis pas très famillier. On peut m’aider ? C’est pas pour dire mais en plus, avec l’âge, je prends la tournure du French Lover sans aucune difficulté (à Londres, la dernière fois, j’ai été épaté par mon succès… à mon âge, vous rendez compte ?). Dans le même bar où Tomo m’offrait du champagne l’an dernier, j’ai commandé après avoir expliqué la recette, des grog. Boire un grog dans Tôkyô, avec un beau garçon, c’est pas le paradis ? Ensuite, on a attéri dans un restaurant Italien très correct, meilleurs qu’à Paris, d’ailleurs. J’y ai mangé un rizotto, délicieux, poivré, très gouteux. Etonnant. Décoration Post-moderne : fontaine, patio de style acienda… au 2ème sous sol bien entendu. On a beaucoup causé, un peu bu aussi, très sympa tout ça. Enfin, bref, on s’est quitté vers 22heures, j’ai alors retraversé Tôkyô à vélo. Il faisait froid…. Je suis étonné, à mon âge, de continuer à regarder les gars avec les mêmes yeux qu’à 20 ans, mais avec juste le petit détachement de l’âge, une sorte de j’m’enfoutisme nonchalant que je n’avais pas quand j’étais plus jeune. Sur mon vélo, j’ai regardé la lune, comme si j’étais encore sous l’emprise de cette lune magnifique de septembre, à Nara. Je déteste ça, mais je crois qu’en moi veille un très grand romantique… OOOOUUUUUUUUUUUUHHHHHHHHHHHHHH !
Je suis rentré après être passé par Harajuku, Shinjuku, Yotsuya puis, tout droit jusque Iidabashi. Là, ça monte raide ! Je suis arrivé à la maison, enfin. Ouf !
Ce matin réveil tardif vers 9heures trente mais léver vers 11heures ! JetLag + vacances = je m’en moque, j’en profite. Reçu un mail de Megumi.
Là il est 14 heures 15 et je ne vais pas tarder à sortir.

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