La fraicheur d’octobre

Automne presque parisien, ciel gris sur Tokyo un dimanche d’octobre 2016. Cette année, le temps n’est pas très beau, se fait mélancolique. Les pins racontent cette tragédie qui guette, l’hiver, rude et froid qui vient inexorablement.

Depuis samedi la semaine dernière, une terrible allergie. C’est venu d’un coup, en milieu de semaine, vers mercredi, et puis jeudi, et encore plus vendredi, et le samedi, cette incroyable fatigue, cette toux, ce mal dans la nuque, comme une vilaine grippe. Dimanche, une difficulté à respirer, la toux et les courbatures. Le soir, j’ai pris ces médicaments que le médecin m’avait prescrits l’an dernier, des antihistaminiques, et lundi ne restait plus que la toux et la fatigue. Mardi, j’étais remis et il ne restait plus que la fatigue.

Là où je travaille, il y a des champs d’herbe à poux, j’écris des champs, tant les surfaces sont grandes mais ce ne sont que bordures de chemins de fer, ravins… Et personne n’agit quand il serait si simple de les arracher en juin. L’an dernier, ils ont fait le pire que l’on puisse faire, ils les ont arrachés en octobre, quand les plans sont en fleurs. Cette année, il y en a deux fois plus… Et comme septembre a été très gris, les voilà qui fleurissent toutes d’un seul coup.

La saison de l’herbe à poux, c’est le moment où je le sens venir, l’hiver. Il y a sept ans, ça avait été une terrible allergie suivie d’une sinusite qui avait bien duré six mois. Depuis, je fais attention. L’an dernier, somme toute, ça avait été très modéré, sans doute grâce à l’arrachage sur la plupart des terrains, mais cette année, c’est vraiment très dur. Quand ce sera fini, les premières feuilles d’érables vireront au rouge sous un ciel qui cette année sera certainement bien gris.

En effet, le temps de novembre parisien s’est installé sur nous depuis la mi-septembre quand ordinairement l’automne se fait lumineux et beau. Un temps triste, grisâtre d’où ne pointent que de rares éclaircies qui font du bien au coeur sans pour autant le réchauffer. Un automne triste.

Un peu comme le monde…

Aujourd’hui la promenade a été agréable, le soleil s’est montré en matinée et en début d’après-midi avant de se retirer pour laisser place à un ciel gris porté par le vent glacial venu du nord.

Ce n’est techniquement pas l’hiver, ce n’est que l’automne, et les températures elles mêmes vous laisseraient jaloux, on dépasse encore les 20 degrés durant une ou deux heures chaque jour et la nuit ne descend pas au dessous de 15 ou 16 degrés, mais cette fraicheur est une fraicheur sèche, très sèche, on la sent qui tiraille la peau, et surtout elle succède à la chaleur moite et humide qui domine de juin à l’automne.

Aussi cette année nous ne ressentons pas la douce transition de cette saison qu’ici tout le monde aime pour son ciel lumineux. Ce gris, ce vent frais, c’est un peu une intrusion de l’hiver et de sa tristesse. Et cela depuis le début de septembre puisque le temps se fait gris depuis plus d’un mois et demi déjà…

Mais bon, la relative clémence des températures nous permet de profiter un peu du calme de la ville le dimanche, et ce n’est pas si mal. Ça se laisse savourer.

Il y a juste peut-être que je commence à le sentir passer, le temps. Pas que je me sente vieux, mais quand même, un peu. Cinquante et un, déjà, le ciel me dit, le ciel me rappelle. Une année passe si vite. Cet après-midi, le long de la Sumida, les feuilles des cerisiers viraient au rouge quand elles ne s’amoncelaient pas au sol, et je les ai revues, au printemps, jeunes pousses vives cachées sous le rose et le blanc des pétales que nous admirions… Moi aussi, je courais, enfant, l’avenir droit devant moi, et me voilà qui me regarde dans le passé, cela m’attendrit, et puis je regarde devant, il me reste du temps, mais cela va si vite…

La nuit dernière, un rêve curieux et amusant. Je rentrais chez moi à vélo, je pense que c’était un Bondy du Japon, près de l’église de Bondy mais en chemin vers chez moi, ici, il y avait trois boulangeries l’une à côté de l’autre, l’une était une boulangerie très traditionnelle avec des pains de campagne, il y en avait une seconde, je pense que c’était Maison Kayser, et puis il y en avait une troisième, la vendeuse était blonde, assez jeune, les cheveux un peu défaits par le vent et le teint rose, très jolie, ce n’était pas vraiment une boutique, la jeune fille s’affairait et je m’y arrêtais car j’étais content de voir une française ici, et puis je regardais les pains, différentes sortes de baguettes très longues, disposées dans des distributeurs un peu comme des distributeurs à gobelets, et mon attention se portait sur la baguette viennoise, habituellement toute petite et très chère à Tokyo, mais là, une vraie viennoise bien longue et bien cuite comme je les aime, et 300 yens, et je pensais que c’était vraiment pas cher, et je commençais à me dire que j’en mangerais bien une avec du beurre et de la confiture, et puis je me suis réveillé en pensant que c’était dommage…

Je vous laisse, j’ai un article plus sérieux à écrire. Le moment est venu de commencer cette campagne pour les élections législatives et au delà.

De Tokyo,

Madjid

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