(CARNET ALGÉRIEN 4) Politique -1-

I Introduction: pas d’auteur ni d’opinion sans parcours individuel

Mon premier voyage en Algérie en 1976 m’a prémuni envers toute sympathie pour le régime. La présence militaire, la corruption dès l’aéroport, l’humiliation visible des émigrés rentrant au pays pour les vacances par des agents un peu trop zélés, ce regard de haut envers le commun, et puis la découverte d’une identité culturelle ignorée par un régime qui clamait pourtant son attachement à la défense du peuple.

L’Algérie, c’est un pays qui a gagné son indépendance et dont pourtant les langues parlées sont dédaignées, dévaluées, méprisées, réduites à des patois, des « dialectes » comme ils disent, avec le même dédain méprisant qu’avant cela avait manifesté le colonisateur qui, lui, les y cantonnait avec la délectation de l’exotisme, créant par la suite l’idée que ces langues étaient indissociables de l’ignorance.

Un mépris du « vulgaire », expression d’un pouvoir pouvant ainsi prétendre, à coup d’arabisation et de domination rampante du français, être le seul sachant ce qui est bon pour le peuple.

Du haut de mes dix ans, le pays m’est apparu comme un pays bizarre, et ce ne sont ni les gens qui me sont apparus bizarres, ni la langue, ni les vêtements, ni la nourriture, tout au plus tout cela m’apparaissait comme différent et avait plutôt tendance à m’exciter, car en fait il y avait plein de choses que j’adorais. J’étais habitué, en France, aux amis de papa, aux longues conversations, au son de la langue kabyle ou de l’arabe populaire, aux cafés, aux chansons des Scopitones

Et puis en Algérie le soleil brûlant et les bains publics où on se reposait en bavardant avant d’aller manger, les odeurs et le goût des épices, ces grands gâteaux collants tout juste cuits dont on achetait une part encore tiède dans la rue de Ain El Hammam, l’ambiance incroyablement festive lors des mariages, la musique et les chants, la derbouka, mes cousins-copains avec qui je courais dans les ruelles de montagne, Amrane la source du village et son eau fraîche, les robes colorées des femmes, le haiek blanc des vieilles, mon oncle Ramdhane et ses cassettes de Aït Menguellet, les serouels plissés de mon grand père, les mots de kabyle que j’apprenais, le sourire de mes tantes Faroudja et Zohra, le son de cette langue… Les figuiers dans la lumière bleutée du petit matin sur les pentes vertes de ces montagnes de grande Kabylie, face au Djurdjura… J’ai dans la tête un souvenir de temps arrêté, de figues et de rires un petit matin d’Aid, j’aurais voulu que ce moment continuasse pour toujours.

Et puis cette vieille femme qui vivait seule devant l’entrée de la cour de notre famille et que je regardais comme une grand mère, une vraie grand-mère -elle était d’une douceur qui aujourd’hui me donne les larmes aux yeux-, elle faisait des gâteaux que j’adorais, sortes de feuilletés trempés dans le miel. La première fois où elle m’avait vu, elle avait d’abord dit que j’étais français, « roumi » (Romain), et puis elle m’avait bien regardé dans les yeux, très attentivement, et elle avait soudain été très émue.

Par la suite elle aimait me voir, et moi, je l’adorais, elle me racontait des trucs en kabyle, et parfois, quand elle était là, ma cousine Zohra m’en traduisait quelques phrases… Zohra, ma tante Faroudja, la cour de la maison, le rires et les éclats de voix, mes caprices de petit blanc capricieux qui-veut-pas-manger-ça les premiers jours, ce monde des femmes et des enfants, l’odeur de la galette, ma sœur qui vient, et dehors mes cousins, ces ruelles étroites d’un village haut perché, pauvre et fier à la fois… Et puis la mer et le soleil d’Alger…

Tout était différent dans le quotidien mais rien n’était bizarre. L’Algérie m’a appris à ne jamais avoir honte d’être algérien.

Non, le bizarre, c’était tout ce que ce régime produisait, ce sentiment de distance. A peine sorti de l’aéroport, mon premier contrôle militaire m’avait terrorisé, on était dans le taxi bordeaux-et-noir 503 break de mon oncle Mahfoud, ils avaient tout ouvert, contrôlé les papiers, et le plus dingue, c’est qu’il y en avait encore eu un autre un peu après, et puis encore après. Ça, quand on vient de France, c’est vraiment bizarre, et ça ne donne pas très envie de revenir…

Comme je l’ai déjà écrit dans ce blog, j’ai toujours suivi ce qui se passait en Algérie. Mon frère a tout coupé, moi, je n’y suis jamais parvenu, ce pays est gravé au fond de moi. C’est étrange, être né en France, et être à ce point attaché à ce pays. C’est papa qui m’a donné le truc.

Il écoutait la radio algérienne le dimanche, enfin, il essayait, on captait mal. Des fois, il captait le Liban et il écoutait. Des fois ça grésillait, ça faisait un bruit pas possible. Il avait mal, papa, il avait mal à la distance, mal à sa vie, un mal du pays profond qu’il cachait comme il pouvait, alors il s’accrochait à la radio pour ne pas devenir fou, pour être moins seul.

Moi, j’ai internet. Avant, j’achetais la presse algérienne régulièrement. Je fais comme lui. Je me suis construit un pays imaginaire dedans ma tête. Un psy dirait que je suis malade, moi, je protège ce pays dedans ma tête et je l’appelle la promesse.

Mon frère m’a dit plusieurs fois qu’il ne comprenait pas bien. C’est irrépressible, depuis la fin des années 80, je suis tout ce qui se passe là-bas. Ce pays est une promesse qui nous a été faite et qui s’obstine à ne pas vouloir advenir.

J’aime suivre l’actualité bien sûr, mais j’aime aussi regarder les vidéos amateurs ou les vlogs, la culture jeune. J’adore les délire architecturaux aussi, les trucs en 3D, genre la mosquée qui sort du sol dans la vidéo de la ville nouvelle de Hassi Messaoud, la première fois elle a provoqué en moi une émotion très forte avant que je ne m’explose de rire; souvent, c’est n’importe quoi mais des fois, ça fait rêver, et le rêve, ça fait rêver.

Comme tout le monde, j’ai traversé l’histoire de ce pays, mais de loin, fils d’émigré, et cette histoire a commencé avant même que je sois né. En 1963, papa y est allé passer ses vacances. Il n’était pas encore marié avec maman, je n’étais pas né, mais maman, pourtant française, était tentée d’aller vivre en Algérie. Sa famille l’avait comme répudiée, plus personne ne voulait la voir à part un oncle, son « petit-frère ».

Elle n’avait pas lu Feraoun, et je crois que papa devait un peu redouter ce type de décision, à moins de s’installer à Alger. La place d’une femme, dans un village reculé, c’est une place qui s’acquiert de très haute lutte. Il avait bien compris qu’elle ne tiendrait pas. Peut-être est-ce à cela qu’il a pensé, je ne le saurai jamais.

Il y est allé donc, et il est revenu déçu, meurtri par tout ce qu’il avait vu. Il en a rapporté un rejet total d’Ahmed Ben Bella et beaucoup de critiques envers Hocine Ait Ahmed. Là encore, je n’en saurai pas plus et je ne pourrai jamais lui poser de questions. Ce que j’en sais, c’était que pour lui, globalement, tout ce qui se passe maintenant, c’est à cette époque que ça a commencé.

Il n’a pas souhaité y vivre, ni même y retourner, je crois même qu’il n’a pas pu, jusqu’en 1976, et là, il y a certainement des explications d’ordre politiques. Ce que je sais, c’est qu’il était en faveur de la Charte Nationale de Houari Boumedienne et que cela correspond à l’époque où il est retourné en Algérie, avec moi.

Papa, c’était un mix politique qu’on ne peut plus comprendre car autant les régimes de ce type que les partis « islamistes » ont effacé tout un pan de culture politique d’avant, la culture politique des années de lutte et de l’émigration.

Papa, il était républicain dans le sens où il était contre la mainmise de familles et de clans: pour lui, c’est cela qui avait ruiné le monde arabe. Il était panarabe bien sûr, mais un panarabisme sans pays leader, c’est peut être pour cela que sans aimer Boumedienne, il ne pouvait s’empêcher de le respecter. Il était socialiste, aussi, pas le socialisme du PS, non, le socialisme de la propriété collective de certains pans de l’économie pour échapper au néocolonialisme.

Souvent il me disait qu’en Algérie, le capitalisme, ce serait le retour des clans, des tribus, les guerres et la pauvreté pour le plus grand monde. Pour autant, il n’était pas communiste, il était pour la petite propriété paysanne, pour le commerce libre et les petites entreprises; avec l’argent des entreprises publiques et du pétrole, on devait financer les études gratuites et la médecine gratuite, pour tout le monde.

Et puis quand on grattait un peu, on s’apercevait que pour lui, cette république et ce socialisme étaient indissociables de l’Islam. Les femmes comme les hommes devaient étudier, « c’est écrit dans le Coran », les femmes comme les hommes pouvaient travailler, « c’est écrit dans le Coran », il fallait aider la science, la philosophie, « c’est écrit dans le Coran », si une question de loi était en suspens, alors il fallait regarder dans le Coran, mais aussi interroger la science et la philosophie, « c’est écrit dans le Coran ».

Le Coran, il connaissait bien, il avait étudié dans une madersa, il parlait et écrivait l’arabe couramment, l’arabe classique je veux dire, il pouvait réciter et chanter tout le Livre, il y retrouvait telle et telle Sourate en quelques secondes, et puis il avait plein de livres savants qu’il étudiait.

Il m’a appris à discuter, je ne sais pas comment vous expliquer ça, pas bavarder, mais discuter, incorporer une idée dans une vue plus large. J’ai perdu les capacités à parler français comme avant, en habitant au Japon, ma pensée s’est réfugiée dans l’écrit.

Pour lui, au delà du livre religieux qu’il était, le Coran était aussi le guide d’une société libérée de l’égoïsme et régie par le droit. Non pas dans la lettre, mais dans l’esprit. Il aimait à citer Haroun Al Rachid, le monarque idéal, celui qui toujours, tel Salomon, cherchait dans la sagesse dans la religion.

C’est pour cela que la question de la laïcité est délicate en islam. L’islam est une religion sans clergé, donc laïque par essence, et son Livre est à la fois la règle et le guide, bref, c’est par l’étude et la capacité de chacun à discuter mais aussi à s’instruire de la science, de la philosophie comme de la poésie, que l’on peut élaborer un droit sage et à la fois conforme à la transcendance.

Il avait en horreur les superstitions dans lesquelles l’Islam traditionnel d’Afrique du nord s’était replié, son caractère irrationnel. Pour autant, il était absolument contre l’utilisation de la religion par le pouvoir politique, pour lui, la religion était l’affaire de tous, et l’Islam devait rester une religion sans clergé officiel, que chacun posséderait, que chacun s’approprierait car elle était un guide pour tous. Républicain, socialiste voire même un peu marxiste, et musulman. On a du mal à comprendre un tel mix aujourd’hui, et pourtant, ça a existé, et ce sont ces hommes qui se sont battus pour l’indépendance.

Je vous raconte cela car c’est un héritage dont je suis dépositaire, acquis au fil de conversations interminables avec lui, où nous nous opposions mais où je l’écoutais: c’est mon seul héritage, on n’avait pas d’argent, et j’ai appris à regarder l’Algérie à travers ses yeux, à travers son prisme.

Et comme je voulais le protéger, cet héritage, ce n’est que progressivement que j’ai appris à forger mon propre regard avec l’idée profondément encrée qu’il y a bel et bien une pluralité d’opinions politiques dans le regard critique que l’on peut porter sur le régime algérien.

Un héritage trop lourd pour moi face au silence de sa mort. Si j’écris enfin aujourd’hui aussi librement sur l’Algérie, c’est parce je suis devenu un homme, mon propre homme. Ça a pris beaucoup de temps, j’ai du me débarrasser des erreurs de sa génération, et il m’a fallu accepter que mon père peut-être se trompait sur beaucoup de choses, et que cela ne voulait pas dire qu’il avait tort dans le fond. On en est un peu tous là.

Pour moi, écrire qu’il se trompait, avoir forgé ma propre perception de ce pays, avoir des opinions qu’il n’aurait pas partagées, et sur lesquels j’aurais aimé me disputer avec lui, sur lesquels j’aurais aimé que nous nous fâchions, c’est la plus forte et la plus grande marque de respect que je puisse lui porter car c’est cela qu’il m’a appris, la solidité dans la conviction, et je sais qu’il aurait été heureux de me voir avoir des convictions au sujet de l’Algérie.

Il n’aimait pas ce régime, mais ça ne l’empêchait pas d’apprécier certaines de ses réalisations quand elles lui semblaient améliorer les choses. Par dessus tout, il craignait un éclatement qui favoriserait le retour de la colonisation comme cela s’était tant de fois passé dans l’histoire. Il était « un homme de 1954 », un algérien fier, et je sais combien ses envolées nationalistes cachaient de désillusion. Mais jamais il n’aurait critiqué l’Algérie face à des français, il lui fallait se savoir en terrain de confiance, et alors il parlait. Le manque de liberté, la politique agricole inexistante et aberrante, la société sous contrôle, la mainmise du pouvoir sur la religion par la fonctionnarisation des imams et l’esprit clanique, la corruption, déjà.

Il avait la fibre pan-arabe, une admiration critique de Nasser. Il était viscéralement pro-palestinien. Il priait, jeunait mais il n’aimait pas les frères musulmans dont il voyait avant tout Le Bras armé de l’impérialisme américain par Arabie Saoudite interposée. Cela aussi, c’est un héritage, une part d’histoire nécessaire pour comprendre bien des choses et qui ont forgé mon identité même si, progressivement, j’ai bâti la mienne en me détachant de la sienne.

C’est difficile, faire le tri dans un tel héritage, et j’en suis fier, de cet héritage transmis à travers tant de conversations où il me racontait le monde arabe et l’Algérie à travers ses yeux, à travers son expérience, et oui, c’est difficile quand on perd son père à 24 ans. On se retrouve avec tout ça, et on a beaucoup de mal à faire le tri parce que faire le tri, c’est perdre son père une deuxième fois. Jusqu’à ce que je m’aperçoive que non. L’héritage, le vrai, c’est que je sois là à écrire sur l’Algérie, que je n’ai jamais perdu ce pays de vue, dans mon cœur.

Mon identité politique, concernant le régime algérien, elle est extrêmement complexe car s’il y a le poids de cet héritage paternel très lourd, très prégnant, il y a ma propre expérience de ce pays, la découverte de l’identité berbère notamment, et dans ma famille, c’était quelque chose de très fort, et cela notamment par la très forte influence des événements de 1963 et de Ait Ahmed, né à quelques villages de mon village, emprisonné en 1963 et réduit à l’exil par la suite.

C’est, comme je l’ai déjà écrit, la découverte de la question culturelle à l’âge de 11 ans qui m’a conduit à nourrir mon propre parcours politique français. À partir de l’âge de 15 ans, j’ai toujours défendu les identités régionales, locales, que ce soit pour la Corse, la Bretagne ou ailleurs, contre le rouleau compresseur d’un pouvoir national, centralisé et et bourgeois.

Je n’ai jamais été républicain, j’ai même cette idéologie en horreur, et dans mes quelques années au Parti Socialiste, Jean-Pierre Chevènement m’horripilait par ce mépris hautain envers la société, les identités, les cultures. J’ai toujours eu la fibre démocrate, sociétale, et le socialisme auquel j’ai toujours adhéré est le socialisme de la société et pour la société, l’autogestion, l’autonomie, jamais un rouleau compresseur. Une très forte fibre libertaire.

Si j’ai tenu à introduire ce billet si longuement, c’est parce que je vais y parler de politique, de politique algérienne, de l’avenir de l’Algérie, tel que je le vois, de loin, avec mes yeux, avec ce parcours, celui d’un fils d’émigré qui jamais n’a manqué les grands rendez-vous de ce jeune état. Je ne l’ai jamais fait jusqu’ici, mais beaucoup de raisons m’y invitent désormais.

Tout d’abord, l’incroyable pauvreté des débats à ce sujet. Le débat politique, en Algérie, c’est avant tout un art de se bâfrer, pour les pontes du système et des opposants homologués, ou un art de vomir, sans cesse régurgiter une détestation intestinale, viscérale, un rejet quasi-allergique. Aux éternelles louanges adressées aux réalisations absolument inédites et uniques au monde du glorieux et valeureux gouvernement algérien répond une interminable lamentation aux éléments sans cesse relâchés envers la pourriture charognarde du « système ».

Parfois, on entend qu’il faut tout changer, mais de quel changement il s’agit, on ne le saura jamais. Les plus technocrates au sein de l’opposition y vont du novlangue technocratique de l’ancienne puissance coloniale, ça parle de « gouvernance », ce mot creux apparu France et venu des USA, et qui se réfère à la gestion collégiale des entreprises, véritable cache-sexe destiné à ne pas dire le vrai mot devenu tabou: gouvernement. Florence conserve la trace de cet idéal du « bon gouvernement ». Je t’en ficherais, moi, de la gouvernance.

Le pays s’enlise dans un présent indéfini, les uns s’en mettent plein les poches en chantant les louanges de lendemains enchantés, les autres attrapent des ulcères télévisés en se repassant des discours qui ressemblent à des vieux disques microsillons prévisibles autant que lassants.

Bref, il n’y a pas de politique en Algérie, et étant donné que je ne m’y suis jamais rien mis dans les poches, et étant donné que mon père a beaucoup donné pour ce pays, en tout cas, autant qu’il le pouvait, comme beaucoup d’immigrés, et comme il m’a transmis cela, et puisque j’ai une certaine expérience politique, et puisque je trouve que les débats politiques sont chiants, je m’autorise ici à écrire. J’en ai tout à fait le droit et j’avoue, l’Algérie y gagnerait si tout le monde, vous aussi donc, se mettait à analyser la situation la tête froide et à esquisser quels changements pourraient totalement changer la donne en donnant à ce pays l’horizon qui lui fait cruellement défaut.

L’Algérie est politiquement un vrai panier de crabe, et je vais écrire comme je le pense, et en me moquant complètement de savoir si vous aimez ou pas, et si ce que j’écris ne vous plait pas, j’aimerais vous inviter à me répondre, non pas par l’invective, non pas par la reproduction de discours pré-mâchés mais exactement comme je vais le faire: avec vos propres arguments, votre propre vécu. Ce pays mérite autre chose que la réduction aux discours stéréotypés dans lesquels les oppositions s’expriment pour le plus grand bonheur d’un système qui se nourrit de cette vacuité depuis des dizaines d’années.

Je vous préviens, ça va être long, très long. Et je vous préviens aussi, ce sera très loin d’être parfait, ce sera forcément imparfait. Il me faudra remonter loin pour mettre en perspectives ce qui n’a pas marché, il me faudra briser les mythes quand ceux-ci s’avèrent n’être que des constructions idéologiques destinées à assoir l’illégitimité du régime actuel et la dépossession populaire. Il me faudra surtout dénouer le noeud d’une époque charnière récente (et vous savez déjà très bien de laquelle je veux parler) en y introduisant la complexité qui manque aux discours dominants pour arriver enfin au moment dans lequel nous sommes sans hésiter à mettre en lumière notre propre responsabilité collective. Alors, et seulement alors, et contrairement à beaucoup de ceux que je lis et entends ici et là, je dessinerai un horizon politique pour l’Algérie.

Encore une fois, et j’insiste là dessus: j’en ai parfaitement le droit, je suis parfaitement légitime pour le faire, et vous l’êtes tout autant.

Ce dont l’Algérie a besoin, c’est que nous prenions tous effectivement le pouvoir, et que nous commencions par utiliser le pouvoir qui nous revient légitimement de par le sang versé durant la guerre de libération et que nous confère l’indépendance. C’est l’objet de ce long billet et de bien d’autres à venir.

Deuxième partie de ce long article politique:

(CARNET ALGÉRIEN 4) Politique -2-

Troisième partie de ce long article politique:

(CARNET ALGÉRIEN 4) Politique -3-


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