Billet ferme

…,et elle me répond soudainement, « des machines, en usine »


[dropcap1]C[/dropcap1]e billet devait s’appeler Un billet fatigué parce qu’il pleut et que c’est samedi, mais commencé le samedi, je l’ai terminé ce matin.
Hier, une de mes étudiantes d’anglais à décidé de battre Régis, catégorie poids lourds. Une idiote, quoi.

Une question dans le livre. Quel métier était, à son avis, le plus dangereux ? Et le plus sale ?
Pour le plus dangereux, elle a répondu pompiers et employés du bâtiment. Et « agent des forces d’auto-défense » (le mot cache sexe utilisé pour désigner les militaires de l’armée Japonaise, sixième budget militaire au monde). Je l’ai corrigée, et j’ai dit « les soldats » (je n’ai pas été vache, j’aurais pu lui suggérer « militaires »), elle a tilté, elle s’est corrigée et a remplacé par les « employés » des forces d’auto-défense. J’ai redit, « oui, les soldats ». Elle a retilté, mais cette fois elle n’a pas insisté, elle a du juste penser que comme je n’étais pas Japonais, je ne pouvais pas comprendre (l’élite politico-industrielle entretient un très savant mélange de nationalisme cocardier, de militarisme et d’esprit de défaite, ce dernier s’incarnant dans les bombardements de Hiroshima et Nagasaki ainsi que la présence de bases militaires américaines, le tout enrobé par l’impossibilité jusqu’aujourd’hui de changer l’article 9 de la constitution qui fait de l’état japonais un état sans armée, et donc doté de « forces d’auto-défense » absorbant quand même officieusement près de 4 a 5% du budget militaire mondial).
Je n’ai pas insisté pas et je lui ai demandé alors pour le métier le plus salissant.
Elle m’a répondu sans hésiter que c’était éboueur, parce que ça sentait mauvais.
Alors, pour m’amuser, je lui ai dit que pour moi, c’était boucher (ce qui n’est pas vrai, mais je voulais voir… Je travaille dans un quartier qui serait une sorte de Vézinet/ Versailles/ Cergy-Pontoise pour classes moyennes supérieures).
Elle ne connaissait pas le mot, m’a-t-elle dit, je l’ai donc écrit sur le tableau, lui ai expliqué. Elle m’a répondu qu’elle ne connaissait pas ce métier, et elle m’a interrogé, « il n’y en a pas au Japon, il y en a beaucoup à l’étranger ?». Très habitué à cette couche de connerie crasse, je lui ai donc demandé si elle mangeait de la viande. Elle m’a répondu que oui. Je lui ai alors demandé qui, à son avis, l’avait préparée, en lui faisant remarquer au passage que me concernant, je n’en mangeais presque pas. Elle m’a alors répondu qu’au Japon, ce n’était pas comme « à l’étranger », car ici, « la viande était en barquettes ». Je lui ai demandé qui les avait préparées, et là, elle a séché.

Et elle me répond soudainement, « des machines, en usine ».

Je ai lui dis que si, comme à l’étranger, la viande de supermarché était bien conditionnée en usine, il n’en demeurait pas moins que cela occupait beaucoup de monde pour trancher, nettoyer, désosser, et que tout ce monde là, c’était la boucherie.
Elle a regardé le mot sur le tableau, j’ai entendu le souffle de vide qui lui tient lieu de pensée tournoyer dans l’éponge qui lui sert de cerveau, et elle m’a demandé si je mangeais du poisson.

[dropcap1]C[/dropcap1]e n’était pas la première fois que cette dépressive aisée et rachitique exposait sa représentation du monde toute en nuance, et c’est pour cela que je m’en suis amusé. La semaine dernière, elle m’a rapporté un débat qui faisait rage, au sujet d’un comédien récemment devenu célèbre à millions, et dont la mère, retraitée, touchait une pension du gouvernement.
Le débat des médias, avides de ce genre d’histoire bien plus croustillante que le possible écroulement de la piscine du réacteur numéro 4 à la centrale de Fukushima (cette présentation, à heure de grande écoute, est unique et n’a pas été reproduite, c’est donc un moment tres rare de transparence) est de savoir si ce ne devrait pas être au comédien de prendre en charge sa mère, et non l’état. Son opinion était intéressant car il représentait bien, à mon avis, la problématique des classes moyennes supérieures japonaises, minées parfois par un égoïsme matérialiste sans limite. Et au delà des classes moyennes thatcherisées dans les pays développés.

Elle m’expliqua d’abord que ce n’était pas aux enfants de s’occuper de leurs parents, que ces derniers avaient à faire des économies pour assurer leur subsistance, mais que s’ils les dilapidaient au jeu ou en alcool, leurs progéniture ne pouvait être tenue pour responsable, et que, donc, ce comédien n’avait pas, à son avis, à être responsable financièrement de sa mère. J’ai acquiescé.
Mais pour autant, ce n’était pas à l’état de payer, car après tout, son fils avait de l’argent (confirmant le constat fait par Montesquieu et avant lui Socrate que rien n’est plus jaloux, égoïste et envieux que les classes moyennes des pays déclinants).

Je lui ai alors demandé quelle était la solution si ni le gouvernement, ni son fils, n’avaient à payer pour permettre à cette femme de subsister.
Elle m’a répondu que c’était l’objet du débat, justement. Fidèle à ma logique basique, je lui ai fait remarquer qu’il y avait peut être une autre solution : laisser cette femme mourir de faim, à la rue. Elle a esquissé un sourire, et elle a juste repris le couplet sur le fait que les enfants n’avaient pas à payer pour leurs parents, et que le gouvernement dépensait déjà beaucoup trop d’argent pour les gens qui ne travaillent pas. J’ai donc conclu en disant que peut être alors il faudrait tuer cette femme.
Ce qui m’a étonné, c’est qu’elle n’a pas dit non.
J’ai repensé à la ballade de Narayama. Avec une nuance, de taille.
L’histoire est située dans une campagne pauvre, et la mort des personnes âgées est ritualisée, elle est obligatoire. Et dans cette histoire le fils est incroyablement malheureux, triste, torturé.
Mon élève est blindée jusqu’au trognon. Il y a deux semaines, elle l’exhibait des photographies de son voyages à Singapour, la piscine gigantesque, longue de plus de 200 mètres et ressemblant à une plage dominant la ville, au dernier étage de son hôtel, et concluant en ajoutant que la ville, hormis le centre, est salle, et qu’elle n’était donc pas sortie de l’hôtel. Puis les photographies du Vietnam où elle est allée ensuite, un pays à ses dires sale et qui sent mauvais, où elle ne voudrait pas habiter. Elle n’aime que le Japon, telle fut sa conclusion, « parce que c’est propre et qu’il y a des centres commerciaux très pratiques où on trouve de tout. »
Je vous disais que c’était une dinde…
Pour revenir à cette histoire d’acteur et de sa mère, elle m’a demandé comment c’était, en France. Je lui ai expliqué qu’en France, et au delà en Europe en général, on payait des impôts, et qu’en échange, on avait un certain nombre de services. Elle m’a fait remarquer que les impôts découragent l’effort.
Je lui ai demandé combien coûtait une année à l’université, elle m’a répondu que c’était au moins 10.000 euros, et je lui ai dit qu’en France, c’était gratuit. Elle a fait une drôle de tête (elle a deux enfants).
Je lui ai demandé si quand on avait un cancer ou besoin d’une greffe, c’était cher, et elle m’a répondu que c’était très cher, parfois 30 ou 40000 euros et même plus. Et moi je lui ai répondu qu’en France, c’était gratuit. Je lui ai demandé combien coûtait un billet à l’opéra, et elle m’a dit que c’était très cher, et qu’elle n’y allait pas (elle n’a strictement aucune culture). Je lui ai dit qu’en France c’était au maximum 200 euros pour une production coûteuse, mais avec les premiers billets à moins de 10 euros.
Sa réponse, après digestion, a été la reprise de l’antien anti-impôt du début. Elle a rajouté que de cette façon, l’économie française ne pouvait pas aller bien. Je lui ai répondu que je ne savais pas, mais que l’économie japonaise allait bien plus mal, avec une dette trois fois supérieure et une déflation depuis 20 ans. Elle a digéré, je suis un étranger et, visiblement, je ne peux pas comprendre ce qui fait cette remarquable exception qui s’appelle le Japon…

[dropcap1]V[/dropcap1]ous m’objecterez que je suis assez vilain, de raconter cela. En fait, non. Je respecte trop les Japonais pour taire ce genre de discours, car cette femme exprime le discours lavage de cerveau qui tient lieu de consensus. Tous les Japonais qui pensent différemment sont brimés, censurés, sortis des médias. C’est ainsi qu’à la télévision et dans la presse la catastrophe en cours dans le nord du pays (la situation de la centrale ainsi que la situation sanitaire des populations) est tue, et qu’on lui préfère le divorce impossible d’un acteur d’avec sa femme ou le départ d’une des « chanteuses » de AKB48, ce groupe de 48 pucelles professionnelles âgées d’une vingtaine d’années, chantant en uniformes de collégiennes pour un public masculin essentiellement trentenaire, célibataire et puceau.

Une de mes étudiantes de français est le parfait opposé de cette idiote qui vient remplir la vacuité de son existence dans des cours d’anglais. Elle est syndiquée, elle assiste à des projections d’opéras (ici, c’est cher, alors certains cinémas projettent des opéras filmés), elle achète des produits bio bien qu’elle soit une employée précaire de la poste récemment privatisée, et elle sait ce qui se passe à Fukushima, elle a participé à quelques manifestations. Au gré des leçons, elle a commencé à me parler plus librement. Les brimades au travail, l’égoïsme des gens, mais aussi la solidarité et la camaraderie au syndicat. Et tout cela sans qu’elle ne renonce à ce qui fait sa « japoneïté », au contraire. Autant la légume est totalement ignorante du Japon quand je l’interroge, autant cette étudiante aime mettre en vis à vis des usages ou des objets de la France et du Japon. Nous avons bavardé une fois des poupées japonaises, de l’histoire de la cérémonie du thé, du bouddhisme Nichiren (je lui parlais du quartier de Yanaka, où les temples sont majoritairement Nichiren, ce qu’elle savait).
Le nationalisme est une forme très subtile d’amour de son pays qui repose sur des idées préconçues à mille lieues du pays réel. Cette étudiante, ainsi, m’a rapporté le contenu de cette étude publiée récemment au sujet de la réelle malnutrition à Edo. Elle était assez surprise, mais elle en parlait simplement, et nous avons ainsi pu discuter des progrès de l’alimentation non seulement au Japon, mais en Occident également. Une nationaliste comme l’autre sotte passerait à côté de ce type d’information car cela ruinerait son image d’« un Japon où on mange une nourriture saine et bonne pour la santé ».
Je me rappelle, une autre fois, une tâche qui disait à un des professeurs d’anglais, au sujet du végétarisme, que c’était quelque chose qui n’existait pas au Japon, en rajoutant même que c’était très américain. Le professeur, un Américain, étant lui même un fantastique crétin analphabète, a un peu ri en ajoutant que les Américains n’étaient pas tous végétariens, et que c’était plutôt les Australiens, et a enchaîné sur sa passion pour les râmen, un plat typiquement japonais comme chacun sait (pour ceux qui ne savent pas, les râmen sont les soupes de nouilles chinoises).

[dropcap1]E[/dropcap1]nseigner une langue étrangère, au delà de la fatigue, de l’aspect répétitif, procure également une immersion dans le plus profond du pays. Je n’ose imaginer le flot de bêtises que j’entendrais si je me livrais au même exercice en France.
J’ai noté la progression d’une thématique récemment, celle des difficultés économiques du Japon. Par touches successives, on dirait que les médias sont en train de préparer l’opinion, mais que cela reste encore très flou. Mais désormais il est acquis que l’économie va mal.
Le seul problème est qu’un seul de mes étudiants a bien compris que le Japon va droit dans le mur à toute vitesse en appuyant sur le Klaxon. J’ai déjà écrit sur le sujet, je ne rajouterai pas, en tout cas pas maintenant. Mais avec une dette de 240%, financée à l’aide de l’épargne des Japonais, le Japon s’oriente vers un défaut « interne », c’est à dire le gel des livrets d’épargne, leur décote ainsi qu’une éventuelle liquidation des avoirs à l’étranger, au pire moment que ce soit puisque la devise est surévaluée. Que cette situation ferait progressivement chuter le yen, renchérissant la facture énergétique et les importations de matières premières ainsi que des denrées alimentaires, tout en faisant s’envoler les taux d’intérêts puisque le Japon serait contraint, pour continuer à tourner, à lever des capitaux sur les marchés internationaux. Car, et je conclurai là dessus, contrairement à tout ce que disent les économistes de la gauche dite radicale, un gouvernement ne peut pas indéfiniment imprimer de la monnaie pour la simple raison que la monnaie est elle même du crédit, et qu’un billet ne vaut pas plus que le morceau de papier qui lui sert de support. Que ce qui donne de la valeur à une monnaie est la confiance qu’on lui porte, et que donc, toute cette hystérie autours de la souveraineté monétaire qui serait la clef d’une reprise de la croissance n’est rien d’autre qu’une formulation à la française de l’illusion anglo-saxonne du miracle du crédit illimité… Le Japon imprime de la monnaie depuis plus de 15 ans, à bétonné tout l’archipel à coup de grands travaux, a laissé filer son déficit en le finançant sur son marché intérieur sans l’internationaliser, à un coût ridicule de moins de 1% d’intérêts. Et cela ne l’empêchera pas de faire défaut, car la population vieillit et qu’elle commence à retirer son épargne… Ne reste que la dette. La seule solution, ce sera geler l’épargne et la dévaloriser afin de diminuer mécaniquement l’endettement. Ça a déjà eu lieu dans l’histoire, je n’invente rien. Et dans le cas du Japon, pas plus loin que vers 1950. S’ensuivra une spirale inflationniste dans la récession…
À mes yeux, le problème n’est pas dans le défaut, c’est acquis à mes yeux. Le problème est que le débat politique est verrouillé, que celles et ceux qui pointent du doigt les dangers qui s’accumulent sur l’archipel sont montrés du doigt quand les responsables de ce qui s’annonce comme une gigantesque faillite (je ne parle même pas de l’éventualité d’un affaissement de la piscine du réacteur 4 qui pourrait rendre un tiers du pays inhabitable pour des milliers d’années) paradent à la télévision pour raconter des bêtises à cent milliards d’années lumière des problèmes posés. Ici, le débat, c’est sur la TVA : faut il la monter, oui ou non, de 5 à 10%. Avec le gouffre budgétaire, cette histoire est ridicule. Aucun débat sur une hausse des impôts directs, aucun débat sur le prolongement des indemnités de chômages alors que les SDF, victimes de cette économie à la dérive, envahissent de plus en plus de quartiers centraux, aucun débat sur l’ouverture du pays aux investissements étrangers. Ici, tout reste mercantiliste, le but est d’exporter, d’investir à l’étranger pour faire entrer des devises mais surtout pas de laisser les entreprises étrangères investir. Il faut dire qu’elles n’accepteraient pas tous ces dessous de tables déguisés sous différente forme qui font le capitalisme corporatiste japonais, lui donnant l’allure d’une gigantesque famille.
Mes étudiants s’interrogent sur le pourquoi de cette longue récession, sur pourquoi désormais Samsung ou HTC dominent la téléphonie, et sur pourquoi iPhone n’est pas japonais. Alors que la réponse est là, dans ce refus à ouvrir leur économie alors qu’ils veulent conquérir les économies des autres. Ils sont devenus des fabricants coûteux de produits quelconques de qualité moyenne. Tout prédestinait le Japon à un avenir industriel à l’allemande. Les voilà bien partis sur la pente française de la désindustrialisation.
Ce débat est inexistant, car l’élite japonaise, elle, en fait tout son beurre. Elle entretient le mythe nationaliste de l’exception japonaise, et s’achète de somptueuses villas. À Tôkyô, la paupérisation est visible, en province, elle est flagrante. Et pour les jeunes, la marginalisation va galopante. Cet échouage est acheté à coup d’injection massive de liquidités qui permet aux Baby Boomers de maintenir à peu près leur niveau de vie en sacrifiant tout le reste. Ma légumeuse qui ne connait pas de boucher en est un pur produit.

Temps maussade, nous sommes rentrés dans la saison humide.
Hier, promenade agréable dans Yanaka, nous avons découvert quelques temples que nous ne connaissions pas. Et comme toujours, c’est un ravissement…
De Tôkyô,
Madjid

7 Comments

  • Merci Madjid pour ces senteurs du Japon transmises à travers tes écrits comme tes photos. J’ai découvert les temples de Yanaka fin décembre et je suis content de les voir avec des fleurs !

    Concernant l’économie japonaise, je ne suis pas du métier et n’y comprend rien, cependant il ne faut pas sous-estimer la puissance économique et technologique de ce pays. On peut se demander pourquoi l’Iphone n’est pas japonais mais pourtant c’est bien le Japon qui apporte la contribution la plus grande au produit devant l’Allemagne, la Corée et bien loin devant la Chine.

    http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/2012/01/07/madeinfrancevs-madeinmonde/
    http://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/20110216trib000601639/comment-l-iphone-d-apple-creuse-le-deficit-commercial-americain.html

    Il est difficile de comparer la désindustrialisation bien réelle de la France qui s’est accompagnée d’une perte des capacités de recherche et développement, de celle du Japon qui, comme l’Allemagne, a su intelligemment profiter de voisins à bas coût salariaux (Europe de l’Est pour l’Allemagne et Chine, Thailande pour le Japon) pour continuer à garder la maîtrise du produit.

    En revanche, la démographie est un vrai drame. L’épargne va effectivement se réduire. L’innovation va également avoir des difficultés à se maintenir (encore qu’il soit peut-être possible d’innover à 90 ans…). Mais finalement, le Japon est le premier grand pays à se trouver confronté à ce dilemne qui touchera tout le monde, y compris la Chine. Peut-être saura-t-il trouver une réponse ?

    • Un commentaire intelligent. Et en effet, je suis tenté de penser aux chances indéniables de ce pays. Mais l’égoïsme des classes moyennes âgées de plus de 40 ans, la sclérose politique ne m’invitent guère à l’optimisme, en tout cas à court terme.
      Cependant, les défis qui attendent ce pays toucheront l’ensemble de nos pays…
      Merci de me lire et de commenter.
      Madjid

    • Merci pour ce commentaire. Beaucoup de changements récemment, je n’ai pas eu le temps de revenir, mais c’est pour bientôt!
      Bonne journée,
      Madjid

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