Bernard

Bernard, été 1987

Je profite de ce moment où j’apprends que tu es parti pour te dire au revoir, et que je t’aimais. On se retrouvera là ou tout le monde se retrouve.

Parfois, je regrette profondément de ne pas être en France, juste pour être là, j’ai tellement été absent. J’ai loupé tellement de choses. Je me fais une raison, et il me reste l’écriture pour être là malgré tout, et même si ce n’est pas la même chose. Ca me rend triste, vous savez.
Un ami est parti, je l’ai appris par un autre ami. Un ami d’il y a longtemps, perdu de vue mais resté dans ma mémoire avec ce gout de gâchis qui enveloppe une part importante de mon existence, de cette époque où sans trop que je m’en aperçoive je me suis replié sur moi-même… Je vous ai déjà raconté, je n’y reviens pas.
Un vide et une tristesse en moi car il y a un peu plus de deux mois cet ami m’a contacté après tout ce temps sans nous voir.
Si j’écris Bernard, j’écris Tim, et si j’écris Tim, il y a forcément Bernard. C’est il y a longtemps, c’est enfoui en moi comme je vous l’ai dit, avec cette voix toujours me disant, « tu devrais appeler Tim », moi, enseveli dans le shit pour échapper à mes fantômes, incapable de répondre, et incroyablement maladroit quand finalement je le contactais, Tim. J’ai mis des années et des années pour apprendre à dire aux autre que je les aime, que je tiens à eux, qu’ils me manquent et que je pense à eux. Je ne l’ai jamais dit à mon père, et pourtant ça me démangeait, mais ce n’était pas le genre de la maison… Pourtant, ce sont des mots qui comptent, quelques mots qui valent toutes les visites, tous les médicaments et tous les hôpitaux. Ca ne sortait pas, les mots tournaient dans ma tête et me bâillonnaient.
Je me souviens une fois, on se croise à Tata Beach vers 1995, Bernard venait de lançait un magazine, Têtu venait de sortir, discussion un peu musclée. Il m’intimidait, je ne sais pas pourquoi, et pourtant il y avait quelque chose de tendre et d’entier que j’aimais beaucoup, mais qui me faisait peur. Tiens, une autre fois on se croise et il me sort un truc sur mon tarbouche qui m’a scié. Il a vite compris, il a tenté d’adoucir son ton, mais mon esprit était désormais recroquevillé dans des espaces incroyablement étroits, tétanisé. J’ai répondu des conneries. Je crois, je sais qu’il m’en voulait de ne pas avoir été là, et dans ce reproche non dit je lisais le reproche de mon père qui une seule fois m’a dit que je n’avais pas été là quand il fallait.
Dix ans d’analyse pour comprendre que jamais je ne réparerai mon absence, qu’il me faudrait vivre avec, mais qu’il me restait l’opportunité de ne plus être absent et d’être là…
Retrouver Tim par le biais de Facebook a été un des plus grands bonheur de ma vie, je ne blague pas, c’est vrai. Dans cette longue absence culpabilisée, je sais gré à Guillaume Dustan de m’avoir donné de leurs nouvelles dans ses romans, de Tim, de Bernard devenu Bao. J’étais heureux de savoir qu’ils dansaient, qu’ils s’amusaient quand moi je reconstruisais ce que j’avais fini par détruire dans ma longue route vers le suicide que je n’ai finalement pas commis.
Quand j’ai revu Tim il y a deux ans lors de mon séjour à Paris, ça a été un incroyable bonheur. J’ai très rarement communiqué avec quelqu’un aussi bien qu’avec lui, je ne sais pas pourquoi. Il y a juste eu que pendant longtemps je me suis enfermé et je me suis privé des gens que j’aimais. Je me revois, après avoir commencé mon analyse, en train d’écrire des lettres d’excuse…
Par le hasard des disponibilités, j’ai rencontré Tim avec mon ami Olivier Hadouchi, et c’était comme un truc parfait, le temps s’était aboli, un ami d’avant ma dépression, un ami de ma longue traversée dans la reconstruction, ensemble, et moi venant du Japon.

Bernard m’a recontacté il y a un peu plus de deux mois. Il voulait visiter le Japon. Plein de fois je m’étais demandé ce qu’il était devenu. Nous avons un peu correspondu, cela rend son départ à la fois plus réel, plus proche, palpable. Et que ce soit Tim qui me l’annonce directement rend cette nouvelle plus triste, pas tant pour Bernard qu’elle libère de la souffrance du cancer qui le rongeait, pas tant pour moi, mais pour Tim qui perd un ami après tant d’autres, celui-là même qui toujours avait été là.
J’avais posté une photo il y a des années, une photo ratée, de celles de l’ȃge argentique, où l’on voit Bernard préparer le repas, un été où nous avons mangé du hareng fumé, où nous sommes beaucoup allés au Palace, avec Tim au milieu, notre Tim, avec nos matins Corn Flakes arrosés au Mezcal Champagne, en 1987 (c’est celle qui illustre ce billet).

Je l’ai re-postée sur Facebook accompagnée de ce petit mot,
« C’était en 1987, juillet ou aout, on mangeait du hareng fume avec de la creme, ou un plat chinois que tu avais cuisine, je ne sais plus, c’est pas grave. En ce temps la, je n’étais pas un ami parfait, j’étais en fait un ami imparfait, sauvage.
Ca m’a fait plaisir que tu me recontactes il y a deux mois, tu voulais voir le Japon, je t’aurais fait visiter. Ca ne m’a pas fait plaisir, en fait, j’étais heureux.
Je profite de ce moment ou j’apprends que tu es parti pour te dire au revoir, et que je t’aimais. On se retrouvera la ou tout le monde se retrouve.
Au revoir, Bernard.
Oui, pour moi, t’étais simplement Bernard. »

Et puis j’ai posté cette chanson de Françoise Hardy, accompagnée de ce message,
« Des fois, il se passe un truc, et puis on a une chanson qui vous vient, elle tourne en boucle, elle s’enroule et se déroule, elle ne passe pas, elle s’installe. Elle est bavarde, elle a son histoire à raconter, elle s’est télescopée quelque part dans la réalité. Elle s’effacera doucement en laissant l’emprunte d’un dernier souvenir. Ce jour-là, il y avait cette chanson…
C’est celle-ci qui s’est invitée comme une grande pour dire au revoir à Bernard. »

C’est en effet pour le coup un pan de ma jeune vingtaine qui vient de partir. La dernière fois où nous nous sommes croisés, j’étais un peu raide, je l’ai vu dans un magasin, je lui ai fait un signe mais visiblement il ne m’avait pas vu, moi, j’ai eu un accès de paranoia, alors je n’ai pas insisté. Il m’a hurlé dessus en me disant que je le snobais… J’ai été terrorisé, mais j’avoue qu’en écrivant ces lignes, j’ai presque envie d’éclater de rire. J’ai vraiment traversé une bonne quinzaine d’années étranges, j’étais ridicule. Je me souviens en avoir parlé avec ma psy.
Quand il m’a recontacté, il n’y avait plus de peur, juste le sentiment que dans ma vingtaine d’année, j’étais passé à coté de gens bien à qui je tenais et qui tenaient à moi, tout simplement parce que moi-meme finalement ne tenait pas tant que ça à moi. C’est tant pis, mais tout comme Facebook et Minorités m’ont rendu Tim, le Japon m’a rendu Bernard avant qu’il ne parte.

J’écris ce billet pas tant pour moi que parce que je veux dire à Tim que je suis là, comme d’autres je n’en doute pas, malgré la distance. Tim, je te promets, s’il y a un séisme, je me débrouille pour en réchapper, je partirai après toi, promis.

Et puis comme nous sommes à l’époque du Web, et que toutes ces correspondances disparaissent avec nous, je vous livre ici l’intégralité de cette brève correspondance qui nous a réunis, Tim, Bernard et moi, avec ses fautes de frappes.
J’admire sa force de caractère devant tant d’adversité. À la suite de cette correspondance, j’écris quelques lignes encore, et c’en sera fini…

FB Messenger 21 février 2016
(Bernard) Salut Madje,
Je viens chercher conseils et avis au sujet d’un séjour linguistique au Japon.
Spontanément, j’étais partant pour un voyage au Japon, plutôt sous la forme backpacker, et puis, l’idée d’un séjour linguistique a germé. Je me disais que faire un trip en faisant les mêmes périples que les Lonely Planet et Routard, j’allais rien voir finalement, rien comprendre. J’ai fait un an de japonais en 2014, rien en 2015, trop de taf, et en 2016, j’ai repris en faux-débutant/intermédiaire mais à cause du cancer (chimio à répétition) et du taf, j’ai du arrêter cet hiver, j’étais trop crevé. Finalement, j’ai presque l’impression de repartir à zéro. Je « maîtrise » presque les kanas (hiragana et katakana), quelques kanji (et des restes de chinois, il y a quelques années), les formes grammaticales de base, et c’est tout.
Du coup, je voulais savoir si tu avais une idée sur ces séjours dont plusieurs ont la formule cours + famille d’accueil (en demi-pension), à Tokyo et à Osaka notamment, ou si tu pouvais me guider sur un organisme valable et…pas trop cher. En général, sur ce que j’ai pu trouver sur Internet, on est autour des 2300€ pour 4 semaines (cours et hébergement) sans avion, of course. A moins, qu’il y ait d’autres manières de faire.
Merci pour ton aide, tes conseils et tes suggestions, si tu le peux.
Bien à toi,
Bises.
Bernard

(Moi) Je te réponds plus tard,
Bises
Madjid

(Moi) Bonsoir,
お久しぶりね〜
Ton idée est une idée sympa, en fait tout dépend le type de séjour que tu veux faire et tes préférences. Tu es déjà venu?
Tout d’abord, un premier conseil, le point de chute. Si tu aimes la ville, la grande ville, sortir, etc, je te conseille Tôkyô. Si tu es plus « nature et histoire », patrimoine etc, alors plutôt Kyôto/ Osaka. Osaka est super moche et absolument ininteressante mais Kyoto, Nara, Himeji, etc sont très proches. Kyôto, ça reste ce qu’il y a de mieux, le patrimoine est incroyable. Bref, pour te choisir ton école et une famille, réfléchis bien à ce que tu veux faire. De tout façon, avec le shinkansen, c’est possible de bouger.
J’ai une collègue prof de japonais, je lui ai envoyé un message pour lui demander si elle connais un organisme sérieux.
Réfléchis bien à la saison où tu veux venir, aussi. Je te déconseille mi-juin/mi-juillet, c’est le 梅雨, la saison humide (pas vraiment une saison des pluies). Si tu supportes bien la chaleur humide, l’été est super. L’automne, c’est top, le printemps aussi. L’hiver est froid, neige à Kyôto, froid méga sec à Tôkyô.
Fais attention aux allergies. Février-mars, les cyprès et les cèdres. Septembre l’herbe à poux.
Aucun soucis si tu dois suivre un traitement, l’ordonnance suffit. Juste une réserve si tu as un médicament anti-douleur ou autre, vérifie bien qu’il est autorisé, le japon n’autorise pas certains calmants. Mais pour le reste, ça va.
Côté type de voyage, ce que tu projettes est une bonne idée. Moi, je faisais un truc un peu spécial. Je louais une chambre pour un mois, et j’achetais un laisser passer JR (le train) de deux semaines. Ca me faisais une semaine à visiter dans la ville où je restais, puis deux semaines de grosse bougeotte avec la course au dernier train pour le retour (des mégas souvenirs 😊 ) voir découcher parfois, et une dernière semaine à nouveau pour visiter la ville. Je sais pas si tu as lu mon site, je racontais tout à l’époque… C’étais pas très couteux, environ 1200 euros en tout pour 4 semaines.
Bien entendu, ça, c’est sans étudier. Ce que j’aimais bien, c’éttait partir le matin par le premier shinkansen pour Tôkyô, j’arrivais à 9 heures, je passais une journée à Tokyo, et je prenais le dernier shinkansen pour Kyoto au retour. J’arrivais à Kyoto à 22:30, je récupérais mon vélo, et je déambulais dans la ville jusqu’à l’hotel…
Ma collègue vient de me répondre, elle va demander à un collègue à elle.
Pose moi des questions si tu en as, je suis ici depuis 10 ans.
Je t’embrasse,
Madjid

(Bernard) Merci beaucoup de m’avoir répondu. Je sais que tu vis au japon depuis longtemps, Tim me donne des news, et je t’ai suivi sur Minorités, et lu ton site. En fait, je ne suis jamais allé au Japon. Ce sera la 1ère fois. Vu que je bosse dans la construction de logement (social), j’ai pas le choix que d’avoir les vacances l’été, soit au mois d’août quand les entreprises sont en vacances. Donc pour moi, ce sera fin juillet et mois d’août. Après, je suis plutôt « Nature, histoire et patrimoine » et pas trop sortie, donc plutôt Kyoto que Tokyo d’après ce que tu me dis et pas Osaka, vu que tu me dis que c’est super moche !!! Sur Internet, les séjours linguistiques c’est principalement Tokyo mais aussi Kyoto, Osaka, et Fukuoka. La formule que j’ai vu c’est cours avec hébergement en famille d’accueil en demi-pension. Cela dit, c’est pas donné. J’aime bien l’idée de louer une chambre et d’utiliser le shinkansen au max mais à la différence de toi, c’est que je parle pas japonais alors que toi tu devais déjà te débrouiller voire le parler. Moi, c’est débutant de débutant. Du coup, comme j’adore cette langue, et que j’aime la culture japonaise (du moins ce que je peux en connaître vu d’ici), j’ai pensé à un séjour linguistique pour faire une pierre deux coups en quelque sorte. Donc je suis preneur de toutes les bons tuyaux. Après côté médics, je ne sais pas s’il y a des restrictions pour les gaijin en visite, ben, suis en trithérapie + médics cardiovasculaire, bref, la panoplie du vieux séropo que je suis…Encore merci Madjid. Dans l’attente de tes news. Je t’embrasse.

28 février 2016
(Moi) Bonjour,
Pas très évident. Tout le monde a entendu parler de ce type de séjour mais personne ne sait exactement comment ça se passe.
Ma collègue m’a rapporté une réponse de son autre employeur (une école de japonais), visiblement, ce type de séjour est le plus fréquent pour les étudiants en université.
J’ai posté un message à un autre ami, prof à l’université de Kyoto, il va faire circuler la question mais lui ne connait pas trop non plus. Quand j’ai un peu de temps, je vais regarder sur des sites d’écoles que je connais.
Bises

2 mars 2016
(Bernard) Salut Madjid, voilà ce que j’ai trouvé: A kyoto: xxxx, et à Tokyo: xxx… tout ca fait très scolaire mais si tu peux y jeter un coup d’oeil … D’avance, merci.

(Moi) Bonjour,
J’ai posté un message ce week-end sur le mur d’un ami professeur à l’université de Kyôto. Il ne connaissait pas trop lui-même mais un ami à lui a évoqué une école.
La, je suis en chemin sur le retour, j’ai regardé sur mon iPad, il y en a un paquet…
Le troisième lien, celui de xxx, c’est une école très célèbre.
Le premier lien à Kyôto, ça a l’air correct. Le deuxième lien, c’est un institut français pour étudier le français.
Il y a donc aussi celle-ci, à Kyôto,
xxx
Celle-là aussi,
xxx
Tu devrais contacter chaque école. J’ai vu que xxx utilise Minna no Nihongo, qui est un très bon bouquin.
Demande leur quel livre ils utilisent, quels sont leurs objectifs de communication pour ton niveau (pas en terme de grammaire, mais en terme de capacité à communiquer), combien il y a d’élèves dans la classe, si le focus est l’écrit ou si c’est l’oral. N’oublie pas de préciser à chaque fois que tu es français d’origine chinoise, que tu as 50 ans, dans leur réponse tu verras si c’est une école pour kids ou si c’est une école au public plus varié. Les japonais sont très serviables, tu recevras une réponse. Si une école te semble pas mal, n’hésite pas à leur écrire encore pour poser des questions complémentaires. Ici, c’est service qualité numéro un. Si une école met du temps à te répondre, si tu sens que tes questions gênent, tu zappes. Normalement, au Japon, on peut pousser très loin les questions quand on est usagé.
Quelque soit ton choix, évite un peu les « activités ». C’est mon simple point de vue, mais c’est des trucs pour étrangers, c’est pas du vrai. Ta famille d’accueil, en revanche, peut t’apprendre plus. Plus que mettre un kimono, que la façon de le mettre, c’est le choix même du kimono qui compte. À Kyôto, les jeunes chinoises se baladent avec de magnifiques kimonos (c’est THE truc des jeunes chinoises en ce moment, le kimono, pour faire des selfys devant les temples) impeccablement mis. Problème, il ne s’accorde pas avec la saison, et les habitants s’en moquent, parce que ce simple truc signe le fait qu’elles sont étrangères. Le Japon est le pays des impairs et ce type de truc n’est pas enseigné aux étrangers dans les trucs à étrangers. J’avoue, même moi, ça m’a amusé, cet hiver, croiser ces jeunes chinoises avec des feu d’artifice ou des hortensias imprimés 😊
Je vais continuer à regarder les écoles. Mais je pense que de ton côté tu peux les contacter. Choisis en une avec les cours le matin seulement, comme ça tu peux te balader l’après midi en ayant en tête qu’au Japon, les temples et jardins ferment à 16/17 heures et les musées à 17/18 heures maximum.
Cette histoire m’inspire un billet de blog. Autrefois, j’avais une page de conseils pour voyager, je l’ai supprimée quand j’ai basculé sur WordPress.
Sinon, si tu as des questions sur des lieux, des choses à faire, n’hésite pas.
Décide toi quand même un peu vite, le Japon est une destination de plus en plus prisée, on a quadruplé le nombre de touristes en cinq ans et les hébergements ne suivent pas vraiment.
Bises,
Madjid

(Bernard) Merci pour tout. Bises. Bernard…euh d origine vietnamienne plutôt mais aucun souci de ce cote la.

(Madjid) Oui, c’est vrai, excuse moi 😊 Ça me fait penser j’ai une très belle photo de toi dans mes archives!

(Bernard) 30 years ago I guess!!!

(Madjid) Oui!

(Bernard) Salut, t’avais raison, y a déjà plus de place pour la session été à Kyoto (xxx)… reste Tokyo ou Osaka, à moins que je trouve un autre séjour linguistique sur Kyoto…Bises.

(Madjid) Bonjour.
Je vais chercher d’autres demain matin.
Le tourisme est en plein boom, ici…

(Bernard) Merci 😊

17 mars 2016
(Madjid) Bonjour,
Tu en es où? Tu as contacté des écoles? As tu reçu des réponses?

(Bernard) Salut il n y a plus de place à l école que j avais trouvé à Kyoto (700 € de moins pour un mois que celle de Tokyo) et donc me suis pré-inscrit à celle de Tokyo hypertension connue pour la session de juillet soit du 3 juillet au 31 juillet. L idee est d arriver à Tokyo le dimanche 3 juillet, d y rester jusqu a la fin du séjour linguistique et de rester une semaine de plus pour visiter le Kansai et de rentrer vers le 6 août. ..
Hyper connue… et Kansai
Y a des vols pas trop cher avec asiana Airlines ( coréen) via Seoul

11 avril 2016
(Madjid) Bonjour, Bernard,
Tu en es où ? Tu as trouvé l’hébergement ? L’école ? Sinon tu as une idée de ton voyage, ce que tu vas faire?
Je te donne mon Skype, ça peut servir : suppaiku
Bises,
A plus
Madjid

(Bernard) Salut Madjid, désolé mais la chimiothérapie n à pas fonctionné. J attaque la chimio de la dernière chance. Je suis mal en point mais je vais y aller et tenter le tout pour le tout. J attends Tim, on va à l hosto. Donc malheureusement pas d Japon cette année. Bises. Bernard

(Madjid) J’espère de tout cœur te voir à Tôkyô ou ailleurs. Je pense à toi, et je t’embrasse très fort.
Madjid

12 avril 2016
(Bernard) Grand Merci Madjid. T embrasse tout autant. Bernard

Skype 16 avril 2016 03:54
(Tim) Madj?

Skype 16 avril 2015 08:09
(Moi) À 21 heures vendredi chez toi il est 4 heures samedi chez moi…

(Tim) 🙂 tu es réveillé ? Je voulais te donner des news de Bao.

(Moi) Je vais au travail
C’est vraiment si grave…?

(Tim) ok… Juste pour info : Bao va très mal, il a un cancer, on lui a dit que c’était sans rémission, même si on espère de pouvoir le gerer
il ne t’en parlera pas sans doute, mais je pense que c’est important que tu le saches

(Moi) C’est quel cancer?

(Tim) xxxxxxx inopérable invasif + métastases sérieuses au foie

(Moi) Combien de temps…?

(Tim) pas possible de dire. Il vient de commencer une chimie de 6 mois. On saura ds un mois environ si ça fonctionne ou pas.
ça peut être rapide, ça peut durer des mois, voire des années

(Moi) 

(Tim) c’est très dur.

(Moi) Oui…
Il souffre beaucoup ?

(Tim) voilà, c’est juste pour que tu saches, je ne pense pas qu’il en parlera facilement
oui beaucoup
hemorragies
effets secondaires, et découragements et affaiblissement

(Moi) … Et tout ça avec la trithérapie ?

(Tim) ben oui… et comme tableau VIH, immunothérapie pas recommandée
plus antécédents cardiaques
bref, la totale injuste et panique

(Moi) Ça a commencé quand ?

(Tim) laisse le venir, s’il doit te dire, mais juste tiens compte du fait qu’il est très affaibli, qd tu discutes
il y a six mois
mais diagnostique il y a un an
aggravation a été très rapide

(Moi) Quand il m’a contacté il paraissait optimiste…

(Tim) c’était il y a deux semaines. ca a bcp empiré depuis. Je m’en rends compte plus que lui je pense, c’est normal
pis tu le connais, il fait le fier aussi, mais là il morfle
il est très courageux

(Moi) La vache… Oui, très courageux…

(Tim) t’embrasse ( je finis de bosser aussi, là !!!!! 🙂 )

(Moi) Je te remercie pour m’avoir contacté
Je t’embrasse très fort

(Tim) moi aussi, à très vite

FB Messenger 25 avril 2016
(Madjid) Bonjour Bernard,
Je pensais à toi, j’espère que tu encaisses ta chimiothérapie, je sais que ça fatigue beaucoup. Tu sais, je prends des photos que je poste sur FB en pensant à ceux qui voudraient visiter le Japon mais qui peuvent pas. Moi, ça me faisait rêver autrefois, aux débuts du net, et c’est un peu un moyen de rendre, poster comme je fais. En prenant des photos récemment, je les prenais en pensant à toi. Pas toujours, rassure-toi 笑 Mais de temps en temps, en espérant que ce sera un petit plus.
Je te l’ai jamais dit, mais t’es un garçon gentil mais je sais pas pourquoi, tu m’intimidais. J’étais con, hein…
Bon, bref, tu bouffes tes gélules, tu te débrouilles pour aller mieux, tu seras toujours bienvenue ici. Et en attendant, tu peux regarder mon compte Flickr, mais je suis sûr que t’as déjà fait 😊
Je t’embrasses très fort.
Madjid

(Bernard) Un grand merci pour ton message. ..suis en pleine chimio à l hosto pour plusieurs jours alors je réponds comme je peux car suis un peu diminué. Ton message me touche beaucoup. Je T embrasse. Bernard

FB Messenger 19 mai 2016
(Tim) Madj, c’est fini, Bao est parti…
Ca s’est passé vite, mais plutôt bien. J’avais peur qu’il nous quitte en colère, il était calme et serein

(Moi) Bonjour Tim,
C’est allé très vite, finalement… Sinon que dire, hein. Je suis heureux, vraiment beaucoup, d’avoir échangé avec lui avant qu’il ne parte. Et je te remercie de m’avoir tenu au courant. Je t’embrasse très fort.

(Tim) merci Madj. Tu sais, j’avais surtout peur qu’il parte en colère, je redoutais les derniers jours, et en fait, ça s’est passé en douceur, sans heurts et sereinement. mais un peu vite !
merci, je suis entre soulagement et désespoir. je t’embrasse beaucoup, on a scellé un pan de notre ère, là ….

Ailleurs, un peu partout dans le monde, des jeunes s’amusent et se font des souvenirs d’amitié, de tendresse, de rires et de choses dites ou pas dites, mal dites, c’est la vie qui continue. Et c’est aussi la nôtre qui continue avec nos souvenirs qui parfois ressemblent à des bagages un peu lourds mais qu’une occasion parfois nous donne l’occasion d’ouvrir avec au coin de l’oeil une larme dont on ne sait plus trop si elle est de tendresse, de bonheur où de tristesse devant tant de temps qui a passé.
« On a scellé un pan de notre ère, là… », voilà. C’est Tim qui a tout dit.

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