Posts by "Madjid Ben Chikh" — Page 81

Un dimanche de pluie, c’est Paris

Voilà, c’est dimanche, un vrai dimanche de vie quotidienne, plat et banal.
lavo

Le dimanche, c’est lavomatic. Croisé le même petit pd du Beit Haverim que j’y croise le dimanche matin depuis belle lurette, mais seul… De nouveau célibataire ? Par hazard, j’étais tombé sur une petite annonce qu’il avait passé. Il y a avit une photo de lui à Tel Aviv, il était mignon comme tout… Par la suite, je le voyais accompagné à la laverie. L’amour c’est comme les feuilles des arbres, il y a toujours un temps où il n’y en a plus. Mais il y a aussi les arbres qui gardent leurs feuilles et nous rassurent, le long des longs hivers… Son ami devait être un simple érable de boulevard. Il s’habillait comme david du Loft…

champ

Hier soir, Nicolas fêtait son anniversaire. Quelques cadavres subsistent, pathétiques. Je réclame une photo de cendrier, en vain…

orange

En rentrant, quelques photos vite fait,

pieton

rouge

vert

voiture

brouillard2

mais le profond regret de n’avoir pas eu mon Olympus jeudi soir, lors de ce soir glacial de brume, si rare et si fort.

brouillard

Hier je suis allé nager, et je suis parvenu à faire 1,6 km bien que cela m’ennuyât un temps, mais après le kilomètre, la sensation de bien être l’emporta.

Je suis encore dans le gaz de ma soirée d’hier soir, mais je constate que le jetlag est maintenant histoire ancienne. Ouf !

Comme ça fait longtemps… 久し振りね!!!

Et voilà, le voyage est passé de l’autre côté de ma vie, dans le passé…

Bon, on ne peut pas dire que je fus très constant avec cette page, mais mon blog japonais est très encourageant. Alors je reprends ici, à la suite de ce terrible moment de déprime, après des analyses de sangs peu encourageantes mais qui se sont révélées exceptionnelles et sans suite. Mon bilan de fin septembre était bon, je suis revenu vers 48 000 répliques du virus (mi aout 108 000) et j’ai encore tout de même plus de 450 T4 (mon “record” l’an dernier est de 550). On traite à partir de 200 000 / 200 car on estime la probabilité de tomber malade plus forte sous ce seuil. Toutefois, il faut descendre à moins de 100 / 150 T4 pour courir des risques majeurs (pneumonie, etc). Je suis parti très tranquille au Japon, et il ne m’est rien arrivé. Ainsi, depuis le début de la semaine, je me réveilles à des heures pas possibles (ce matin, 5 heures 30, me parait presque une victoire, surtout que je me suis couché pour la 1ère fois après minuit… à l’exception de lundi où j’ai retrouvé Shogo et 2 amis à lui, mais je crois que j’étais un véritable zombie ce soir là!).

CÔTÉ BONNE SURPRISE, J’AI ENFIN MA FREEBOX !

Mais à quoi me sert, je reste célibataire… ça m’a semblé terriblement évident qu’il manquait quelque chose à ma vie, au Japon, et que ce quelque chose était tout simplement de l’amour… eau de rose, eau de rose, mais j’assume pleinement. C’est beau, être amoureux, non ? Ma nouvelle “excuse” est ma séropositivité, comment le dire, donc je le dis pas, donc si le mec me plait, j’insiste pas… donc il ne se passe rien. Nul, quoi. Pas facile d’être séropositif, toutefois, peur de pouvoir un jour contaminer l’autre, d’autant que c’est encore récent pour moi, et que je n’ai pas franchement cherché à l’être… Mais je m’apperçois qu’en plus d’être prudent en ce genre de chose, il faut aussi faire attention. Finie, l’époque où les gays étaient prévenant, gentils, solidaires sur ce sujet. Maintenant, c’est l’époque de la Gay Pride, de Pink TV et des émissions gayfriendly, l’époque du Titanic, pas grave si le bateau coule parce qu’on a bien chargé la barque. Je délire ? Non ! Les mecs “apprécient” de plus en plus s’il faut utiliser une capote, éjaculent sans ce soucier si ladite éjaculation est safe – fellation… mes pauvres gencives n’attendaient que cela, et je vous raconte pas la taille des amygdales pendant les 6 mois qui ont suivi… Epoque de nases, et ou ailleurs on continue, dans le fin fond d’une France frileuse et reculée, à brûler les gays et où le vacarme médiatique n’a d’égal que le silence et l’absence de réaction chez les homosexuels, à ce moment là peut être trop occupés à tester les nouveaux produits -qui puent vraiment- pour homme de chez Monoprix.

D’ailleurs, l’année 2004 aura été une année fort généreuse pour les “gays” : Noêl Mamère et le mariage de Bègles, vacarme médiatique sur la tentative de meurtre du nord, loi sur les discréminations soutenues jusque par la droite, PinkTV, Sarkosy pour l’égalité des droits, SIDA grande cause selon de voeux de Jacques Chirac… Mais qu’est ce que LES HETEROS NOUS AIMENT, ALORS ! On doit “acheter” et “voter”, à mon avis pour déchainer tant de sympathie… Et les homosexuels, eux, ils font quoi ?

Enfin, il y a eu la création du groupe WARNING qui rappelle que tout le monde n’est pas si gentil au pays des gays et adopte des positions intelligentes… mais bon. Ils ont aussi comme grand mérite d’analyser, et critiquer, ACT UP, une association qui me sort parfois par les tous de nez depuis un bail, une association de petits bourgeois blancs des grandes écoles majoritairement hétérosexuels et séronégatifs socialistes honteux compatissant à toute la misère du monde, qui aiment bien taper sur les élus socialistes, mais n’ont jamais zappé pour de vrai les bars bordels, les écrivains barebaker et refusent tout débats sur les problèmes de contamination volontaire, attendant peut être que ce soit Sarkosy qui s’en charge… Je peux pas m’empêcher de penser à les associer à cette grosse conne multiliftée ringarde de droite appelée Line Renaud. Je sais j’abuse, mais on ne se refait pas… Celle là, quand je la vois, j’peux pas ! Comme Régine. Toutes les 2, avec Angela et “Doudou”, du Loft, incarnent bien ce que je pense de notre époque, d’ailleurs : “on en est là”. C’est mon côté Houellebecq. Ou plutôt mon côté Sartre : il y a beaucoup de boulot !

FIN DE PARENTHÈSE

AUTRE BONNE NOUVELLE, J’AI UN NOUVEAU TÉLÉPHONE

Eh oui, j’ai craqué sur le n401i, pas qu’il soit 3G, et blablabla, mais pour moins de EUR100, il a une bonne tête et une jolie couleur bleue, fait des vidéo, des photos pas mal du tout… Bon, c’est pas un W21CAS Au by KDDI, avec ses 3mégapix, etc, et la jolie Nakama Yukie pour vendre le tout… mais c’est très correct, et avec les sous que je n’ai pas dépensé pour avoir un téléphone visio qui ne me sert qu’à moi puisque personne n’a encore la visio – mais qui sert à frimer à fond en disant que ON PEUT faire de la visio-, eh ben je prépare mon prochain retour au Japon…

C’EST DINGUE, ETRE A PEINE ARRIVE EN FRANCE ET VOULOIR REPARTIR AVEC LE SENTIMENT QU’IL S’AGIT EN FAIT DE RENTRER CHEZ SOI… Et pourtant, ils ne sont pas faciles tous les jours, les Nippons… Mais mon Katukare chuukara, mon udon minisetto avec unagidon, le tempura… Ca me manque….. et puis ils ont parfois beau être bizarre, avec tout ce temps passer à écrire sur leur keitai, ou a dormir, eh ben, qu’est ce qu’on se sent bien, à tel point qu’on fini par faire comme eux. Ils ont bien raison, et ici aussi, je vais pas me priver de m’avachir dans le bus, le métro, le restaurant… Je comprends, maintenant, cet aspect guindé qu’ils ont ici, dans les lieux publics. Pas dormir, pas manger. Dur !

A PART CA, je passe le JLPT dans une semaine. Le décallage horaire et la fatigue m’ont rendu un peu parano par rapport à quelqu’un (celui par qui je me suis apperçu en septembre que je pouvais ENCORE être amoureux, et que ça m’a beaucoup interpelé, troublé, attristé… bref, je n’ai même pas cherché à ne serait-ce que l’embrasser, quel idiot, alors ! Mais ça y est, ma petite crise est passée. Ca sert, faire son deuil de près de 500 photos de Kyoto, de Tokyo, de Toshiko, de Megumi, de gens rencontrés au hazard des visites… On s’apperçoit que le plus important, c’est soi, soi d’abord, ce que l’on créé, ce que l’on aime. Alors je ne regrette plus rien, maintenant, je laisse passer le temps, et alors je lis, je partage avec vous des photos, mon journal.

ET JE RETROUVE UN VERITABLE AMOUR : LA MUSIQUE DE VIVALDI, et l’un de ses serviteurs, Fabio Biondi…

En fond, depuis tout à l’heure, le très connu Il Cimento dell’ Armonia e dell’ Invention, Op 8, une ensemble de 12 concertos dont les plus connus sont bien entendu les concertos 1 à 4 Il Quattro Stagioni , Il Primavera RV269, L’Estate RV 315, L’Autunno RV 293, L’Inverno RV 297, plus généralement appelés ici “4 saisons”. J’aurais pu écouter l’Opus 3, 12 concertos L’Estro Armonico, ou l’Opus 4 La Stravaganza ou bien encore de ces concertos pour basson, ou pour flute Opus 10, ou encore pour mandoline, ou pour violons et instruments variés, ou encore un des nombreux opéras que l’on redécouvre seulement depuis une dizaine d’annéee… Mais je vous avouerai que l’enregistrement de Fabio Biondi et Europa Galante est vraiment au sommet. Ainsi, les 6 concertos du 2ème CD, ceux que j’écoute en ce moment, forment un programme d’une grande cohérence et ne souffrent pas de l’habitude que l’on ressent à l’écoute des “saisons”. Et pourtant, ces saisons, plus encore que lors du précédent enregistrement de 1992, que celui de Onofri et Estro Armonico en 1993, dosant littéralement les Harnoncourt, Hogwood, Pinnock, et indépassable même par un Rinaldo Alessandrini qui s’y est collé il y a un an, eh bien ces saisons sont magiques et étonnantes. A la grace de 1992, Biondi rajoute la virtuosité, et dépasse Onofri en terme de bruit, n’hésite pas à se faire plus sale qu’Harnoncourt, trouve parfois la grace et le moelleux de Hogwood, mais surtout joue des tempos et des rythmes de danse que naguère Pinnock avait le premier révolutionné en accélérant le tout et faisant passer l’interprétation des 4 concertos de 45 à 35 minutes… Le vrai luxe de cette version, c’est quand il prend le parti de ralentir le tempo, ou oser une très brève cadence. Inégalé. Alors ces 6 autres concertos du 2ème CD, je les écoute très rarement comme tous mes disques -surtout ne pas s’y habituer!-, mais quelle écoute ! Là, c’est une hérésie: j’écris avec cette musique “en fond”, mais rassurez vous, je fais des pauses, tout simplement émerveillé par le génie, la propension à la mélancolie ou à l’humour de ce musicien que j’oublie souvent, que je délaisse et que je “trompe” mais vers lequel je reviens toujours car il incarne le mieux cette époque que j’aime. Et le charme de ces petites musiques pour moins de 10 instruments ne s’épuise pas, j’entends toujours ce petit quelque chose “qu’il avait pas le droit de faire”, ce basculement vers l’inconnu -une autre tonalité, un emballement, etc- au coeur d’une mélodie pourtant si “répétitive” au premier abords mais qu’il travaille au corps comme un champs de bataille, bref un quelque chose de quelques secondes d’incertitudes, et qui souvent m’arrache des larmes à foison…

Je vous laisse. J’inaugurais ce retour d’une longue prose que vous me pardonnerez. Je ne serai pas toujours aussi long.

Exposition à la maison du japon

パリ日本文化会館、新しいプログラム。

Très belle exposition pour qui aime les porcelaines. Ce n’est pas trop mon truc, mais il y a toutefois de belles pièces, comme cette carpe.
Jusque l’an prochain.

J’ai repris le goût des visites au Japon…

Au revoir, nous etions bien ensembles, mais ce soir…

Eh oui, il fallait bien que cela arrive un jour : je pars demain.
Ces derniers jours ont ete vraiment bien, vraiment intenses et inoubliables, malgre la pluie avant hier et la grisaille hier. Aujourd’hui, toutes les Divinites du Japon se sont alliees pour faire de cette journee une journee ensoleillee. Merci…
Bon, je me suis beaucoup promene, et je suis alle revoir de endroits qui me sont maintenant familiers, comme Chion In, Kurodani, Yasaka Jinja, Nanzenji, etc. J’ai revu la Kamogawa et m’y suis promene. Sensation etrange, que le retour vers des lieux deja vus, revus, et portant en eux la marque du temps… L’hivers s’installe tous les jours avec plus d’insistance.
J’ai enfin compris ce que sont ces saisons au Japon. Ce n’est pas la saison reelle, que l’on observe, que l’on guette, non, c’est la saison ressentie. Et cette saison ressentie est attendue, elle porte en elle a chaque fois son fruit. Ainsi, pendant tout mon sejour, tout, les magasins, les bentos, tout etait “momiji” (erable, dont les feuilles rougissent en novembre), mais les feuilles etaient toujours vertes. Mais voila que depuis une semaine le rouge envahit les jardins, les rues, et avec lui le sentiment que l’automne s’acheve. A quel autre moment prend on conscience de ce que l’on a si ce n’est quand on le perd, semblent dire les saisons… Je suppose maintenant que des mi fevrier le Japon est envahi des fleurs de cerisiers en plastique, que les bento sont “hanami”… mais il faudra attendre avril pour que la floraison reelle des arbre eveille enfin ce peak sentimantal que les Japonais affectionnent. Les fleurs a peine tombees, ils savent bien que l’ete, et donc les pluies arrivent. Alors, sous le soleil de mai, on se preparera aux grosses chaleurs de l’ete et ce sera la saison de “semi” et “hanabi” qui commencera, bien que ces 2 phenomenes soient de Juillet…
En ce moment, Kyoto est “light up”, ライトウップ, c’est a dire que des temples sont allumes la nuit et ouverts au visiteurs… J’ai donc, moi aussi, fait “light up” a Chion in et a Kyomisudera… A Chion In, en fond, la musique de Gagaku jouee par les moines sous la grande porte… Magique… A Kyomisudera, la visite rare des Jardins prives, magnifiques… Le matin, j’etais a Kurodani qui presente aussi en ce moment ses tresors… Mes jambes etaient tres fatiguees hier soir, mais j’etais heureux de partir reconcilie avec Kyoto, qui a sa maniere m’apprivoise et m’apprend decidement beaucoup de choses sur le Japon, mais aussi sur moi meme. J’aime son calme, definitivement. Et quelles beautes se cachent partout dans cette ville… Vraiment oui, j’aime Kyoto. Et ce n’est pas facile, me dompter, mais la ville y arrive…
En traversant Gosho, il y a 2 jours, j’ai pense que j’avais enfin “retrouve le temps…”, que pendant longtemps, j’avais cherche a “arrete le temps”, a “avoir le temps”, a “trouver le temps”, et a ne jamais etre tout a fait dans le temps reel, a ne pas me vivre comme moi meme le propre acteur de mon propre destin, a ne pas etre vraiment la. Le Jardin autours de moi m’etait a ce moment la tres reel, sous la pluie, et je le revoyais sous le soleil, comme cet apres midi ou nous attendions un typhon qui nous contourna, et ou il faisait si chaud. Ou comme ces fois innombrables ou j’y ai gare mon velo… Le retour a Heian Jingu a ouvert la boite aux souvenirs, ceux de moments intenses et reels, vecus pour eux meme. Je suis heureux d’avoir pris mon temps, de ne pas courir, j’ai imprime la marque du temps, la couleur verte a mon arrivee, le gris moite des typhons, et puis cette desolation qui enveloppe la ville et ses jardins. J’ai encore a l’oreille le chants de toutes ces varietes d’oiseaux, le bruit des feuillages, et le coassement permanent des corbeaux.
Hier aussi, grande promenade sur le chemin de la philosophie, tetsugakudou, 哲学道. Cela m’a conduit vers la Sanmon du Nansen ji… Et toujours cette foret en fond, le chant des oiseaux… Le soir, au hasard, la bonne odeur des restaurants. Vers Kyomisudera, le quartier etait plein : c’est que momiji, les light up et la presentation des tresors drainent une foule nombreuse de touristes Japonais a Kyoto. J’ai pense “ben voila, moi aussi, je fais Momiji, cette annee. J’ai trouve ca rigolo…
Aujourd’hui je suis retourne a Fushimi, il faisait tres beau, c’etait exactement le souvenir qu’il me fallait : escalader la colline, passer sous les torii, ca monte, ca monte, dire bonjour a Kitsune, decouvrir mon grand ami le Kami Cheval, revoir encore et partout kitsune. Au hazard, on croise des enfants en habits anciens qui font leur 7/5/3.
Vers Teramachi, sur Shijo, les filles en mini jupes plissees, une casquette sur leurs cheveux blonds gonfles marchent, presques arrogantes, perchees sur des bottes a haut talons aiguilles, au bras de leur copains fluets, chatains avec des meches, une veste trop grande a 2 boutons, un bonnet ou une casquette, et tous bavardent en pianotant d’une autre main leur keitai megapixel de 3eme generation…
D’autres filles, plus discretes, aborent ces looks du Kansai, chaussettes noires a mi mollet, couleurs brunes et ternes dominantes, cheveux lisses. Des hordes de “chimpira” (petite bite) chatains a ray ban, en costumes noirs trop grands pour eux, essaient de rabattre les filles vers des jobs remunerateurs… plus tard, ce sont les messieurs qu’ils rabatent… D’autres, invisibles, passeront leurs nuits a “irassaimase”, “arigatou gozaimashita”, “sanbiaku nijuhachi en ni narimasu”, etc, a servir des clients dans les konbini (petites boutiques).
Moi, demain, a cette heure la, je reverai a la delivrance de mes jambes piegees dans un avion Japan Air Lines, on approchera de Londres et j’en aurai encore pour 4 heures d’attente avant d’arriver a Paris… Cela etant, j’ai paye mon billet EUR 695, sur le ticket il y a le “vrai prix”, EUR 1980, donc je ne me plains pas trop…
Allez, il est tard et demain, ce n’est pas le plus agreable du tout. Leve de bonne heure, aeroport, avion, Londres, avion. Paris. Je remercie Nicolas et Stephane, 2 amis, de bien vouloir venir me chercher a Roissy. Je remercie egalement Nicolas d’avoir pris soin de mes plantes et mon courrier durant mon absence.
Je vous remercie d’avoir lu ce carnet de bord incomplet, auquel je rajouterai bien entendu des photos ainsi qu’un appendice sur le pays du Bento. Ah, oui, je revien a Paris fou-mordu des yakisobas, pas encore vaccine du Tonkatsu-Raisukare. Je peux me passer de Ocha pour un moment, et les glaces matcha en octobre novembre, ca ne l’a fait qu’une fois. Je vous prie aussi de ne pas me faire de cadeau a base de chou a la creme (shuukuriimu), j’ai ma dose. En revanche, croissants et baguettes du Japon, autant que vous voulez… Je vais reprendre l’entrainement pour Okonomiyaki.
L’an prochain, je serai sur Tokyo, mais je pense quand meme repasser par Kyoto. Kyoto est une matrice, dans ma perseption du Japon.
Enfant, c’est a ce Japon qui existe encore ici que je revais, celui des temples, du koto, des femmes en kimonos. Je crois qu’il m’est essentiel. Et puis Kyoto change tres vite. Il y a par exemple beaucoup d’information sur les risques d’incendie. Et puis les gens veulent vivre dans des manshon, des appartement. Bref, le beton progresse tres vite et on prend conscience des degats occasionnes quand on va au sud de la gare. La, les maisons sont encore en bois. Quel enchantement, alors, a Katsura, ou a Nara, ou a Kurama… Mais qu’en sera t’il dans 20 ans…
Mais bon, passes mes 15 jours a Kyoto, c’est a Tokyo que je serai. Le defis que je me lance : reussir a aimer suffisament Paris de nouveau pour bien affronter Tokyo. Vaste defi… mais la, c’est une autre histoire…
0h22, reveil a 6h00, envol a midi. Au revoir.

Meditations variees

Eh oui, il fallait s’ attendre… avec le temps, on se fait a tout, meme au calme ronronnant d’une petite ville de province comme Kyoto… Je vous livre en bloc les deux derniers mails envoyes a quelques amis…
Ainsi le 16 novembre,
“Retour a mes vacances. Et j’aime de nouveau Kyoto, son rythme lent et sa multitude de surprises, toujours plus belles. Et a ma grande surprise je me dis que je pourrais meme y vivre. Cet apres midi promenade dans un sanctuaire a flan de montagne et entoure de foret. Hier achats de CD catastrophiques chez book off (occas’ a des prix giga bas). Vie quotidienne, quoi. Et comme un debut de blues a l’idee de quitter Kyoto. Et excitation a l’idee d’un long voyage a venir, a celle de retrouver Paris, a tout ce qui m’attend: j’adore ma vie. Il n’y manque qu’une seule chose et je sais enfin de quoi il s’agit. A la tv un super Godzila.”
Et puis celui la tout a l’heure,
“Je ne vais pas quitter Kyoto. Je vais m’en arracher. C’est vrai, en soi pourquoi devrais-je partir? Ici le quotidien est d’une douceur tres rare. Si j’y bossais j’aurai cette douceur en plus… Mais bon la vie est ainsi faite. Attendez vous a me voir courir les jardins cet hivers, meme et surtout sous la pluie. Le temps de retrouver la melancolie melee de tristesse que je ressens, la, juste a cet instant, dans ce jardin qui semble pret a s’abandonner a la desolation de l’hiver. Lui si rayonnant il y a un mois encore, et aujourd’hui en proie a l’engourdissement qui gagne progressivement la nature. Il y a encre beaucoup de vert, mais certains arbres virent au jaune, d’autres sont rouges. Enfin il y a ceux qui n’ont plus de feuilles. Il fait frais. Il fait nuages. Pourquoi vais-je etre prive du spectacle de sa renaissance? Et je regarde de nouveau ces touristes qui filent au pas de course et je ne comprend toujours pas. Sanctuaire Heyan Jingu. Deja mercredi apres midi… Un vacancier ne doit jamais retourner sur ses pas a moins d’etre pret a affronter le spectacle du temps. Je revois ce voyage et comme tout me semble loin… Ici c’est shichi-go-san,7(filles)-5(garcons)-3(filles), la fete des enfants de ces ages la. On croise des familles encadrant un enfant en kimono. Devant moi l’une d’elle dont le garcon, tres locasse, a donne a manger aux koi (carpes), toujours voraces mais vraiment tres beaux (rouges et blancs, parfois jaunes, tacetes de noir…). Bon, je reprends ma route.”
Non, je n’ai pas le cafard, rassurez vous. Je suis meme assez content de rentrer, revoir mes amis, revoir Paris, mon quartier, que j’aime bien en hivers… avoir un nouveau travail… Preparer mon prochain sejour, revoir mon ami Shogo… Non, ce n’est pas ce que je retrouve qui me gene, c’est ce que je quitte. Une langue, des lieus, et un quotidien qui me plait bien et ou il ne manquerait qu’un travail pour etre un vrai quotidien. Enfin, mon humeur s’accorde bien a la saison et je vais retrouver Paris pret a affronter l’hiver : ici, il arrive tres rapidement, il fait de plus en plus froid, les feuilles tombent d’autres rougissent, et puis les looks ont change presque subitement. Ce n’est plus tout a fait le meme pays, la meme ville… Ici, tout s’accorde a la saison, quelque chose qu’helas nous avons oublie par chez nous.
Je vous envie car vous allez gouter le Beaujolais. Veinards.
Sanctuaire de Takano hier, un petit coucou au maitre des lieux, un Cerf, et puis bien sur Kitsune le renard, freles batiments de bois si petits qu’ils semblent batis pour des enfants. Comment photographier le son de tous ces oiseaux qui chantent et dont la voix n’est couverte que par le vent qui traverse le feuillage d’une multitude d’arbres d’essences et de teintes differentes… Quelle jolie foret. On arpente les chemins et, tout en haut, des clairieres amenagees pour contempler “Daimonji”, 大文字, ce grand DAI 大 qui s’illumine en ete et qu’il faudra bien que je vois un jour. Le versant de cette montagne est couvert de teintes variees, jaune, vert et debut du rouge des erables… Quelle region. Belle promenade. Et puis aujourd’hui, retour a Heian Jingu sous les teintes tristes d’un hivers qui nous rattrappe… Et retour sur moi, sur ma vie, sur ce voyage, sur ces quarante quatre jours… Le Christ a eu bien raison de s’eloigner 40 jours. Malgre la lassitude, malgre les tentations de la ville avec son bruit, ses magasins, ses bars, c’est au calme que je suis revenu. Je suis parvenu a departager le temps, celui du futile, de l’illusoire, qu’il sera bien temps de retrouver a Paris, et celui du repos, de la quete de sens et de soi, que je suis parvenu a preserver. Franchement, je me sens bien, avec ma tristesse pour moi et le sentiment d’avoir vu des choses rares en leur donnant tout leur temps. Apres, bien, il y aura Paris, le monde et le bruit qui passe, bien sur. Et les cuites ici, les soirees la, leurs indigestions. Mais quelque part aussi un quelque chose inebranlable, une couleur verte qui ne s’eteind pas, illuminee par un soleil tetu, et que rien, ni les jishin, ni les taifu, ni les tunami, ni meme 2 bombes atomiques ne sont parvenus a ebranler. Car le soleil finit toujours par se lever au Pays d’Amaterasu et de Kitune…
On voit ca aussi, au Japon. La force de la vie qui continue, avec le sourire, meme s’il n’est que de facade, parfois. Le vrai sourire merite un peu plus d’intimite, on l’entre appercoit des fois, et il rechauffe le coeur. On voit cela aussi, au Japon.
Alors, rentrer a Paris ne me fais pas peur… ce n’est que pour mieux rentrer chez moi, c’est a dire, ici.
A plus tard…

Il pleut sur Kyoto, donne moi la main, le ciel de Kyoto, rend mon coeur chagrin…

Une belle journee aujourd’hui, melancolique comme je les aime, a l’image du temps, pluvieux et doux a la fois. Et finalement tres agreable.
La journee s’est deroulee tranquilement, sans precipitation. Je passe pas mal de temps dans les librairies, recherchant quelques manuels pour le JLPT de cette annee mais aussi le suivant.
J’ai developpe des photos, je suis assez content de ces quelques images de Tokyo qui ne remplaceront pas celles que j’ai perdues, mais qui en sont d’autres, et d’un autre style.
J’ai envoye un mail a quelques amis, et comme toujours je le partage avec vous.
“Il fait novembre aujourd’hui. On a sorti les parapluies. Mais il fait doux aussi. Je bois un cafe a la terrasse d’un Starbuck. Il fait bon. Si j’etais poete, et s’il n’y avait pas le travail, je crois que mon mois prefere serait novembre. A Paris la lumiere devient plus vive et tranchante. Mais j’aimerais bien decembre aussi… A Kyoto, le temps se fait plus lent. La pluie va bien a cette ville aussi. Je suis heureux d’avoir mon DVD de Barbara a mon retour, c’est vrai, “quel joli temps”(novembre). Je ne fais pas comme l’an dernier: j’ai donne mes pellicules a developper et scanner. Je vais me payer des cours particulier de japonais: j’ai assez peu pratique finalement, je fais partie de la race des timides qui ont besoin d’une societe pour parler. Et comme les Japonais sont comme moi et que je ne frequente pas les trucs de djeunes… Cela etant je pense en japonais, je redecouvre du vocabulaire et des structures grammaticales. L’ennui avec les Japonais est que si on leur parle en japonais, ils se mettent a parler a toute allure… J’ai vu hier de tres beaux obi (ceinture de kimono, qui forme un gros noeud dans le dos) de l’epoque Taisho (1912-1925). Couleurs vives et tres grand raffinement des motifs, brodes. J’ai recu un mail d’une amie, Joelle, qui profite d’une invitation de son ami a une conference a Tokyo pour venir: nous rencontrerons nous? Elle compte faire un saut a Kyoto… Dedicace a Alain! Qu’est-ce qu’il pleut mais qu’est-ce qu’il fait bon.”
Et voila. Je crois que tout y est dit! Le DVD de Barbara je l’ai eu en tete tout l’apres midi, mais c’est avec mon autre cadeau, Anne Sylvestre, que j’ai traverse Teramachi, en sifflant et, avec mon beret, en me sentant terriblement Francais: un ricain ne pourrait, lui, siffler que de la country, Dolly Parton, un truc dans le genre “gros buveur de biere au whisky a la sauce Barbecue”… Moi, je sifflais Eleonore, une tres jolie chanson, la nostalgie, toujours la nostalgie, les promesses, non renues, les amours decues… une jolie chanson francaise, c’est toujours un peu la meme chose, je t’aimais mais tu ne m’aimais pas, et puis tu es parti, sans me dire au revoir, par un froid matin d’hiver, je m’en souviens bien, les enfants a cote faisaient des boules de neige, et se tenaient la main, et se tenaient la main…
Et puis Nantes m’est revenue, Le jour ou tu viendras, etc, toutes ces chansons de Barbara que j’aime et qui m’attendent bien au chaud a la maison… Le calme de Kyoto est vraiment bienfaisant. Et j’ai pourtant en meme temps le sentiment d’etre dans la banlieue d’une grande ville de province (Osaka). C’est dire… mais ce calme est si rare, et puis l’histoire ici inspire tellement : vestes et chemises en tissus de kimonos, creations contemporaine a base de calligraphie et de papier precieux, vases melant des techniques divers au resultat apparament desordonne et, a bien y regarder, terriblement complexe et precis – ceramique degoulinante, plis de la terre, forme avachie… un resultat souvent inattendu, extremement raffine quand on apprend a regarder ces formes irreguliere comme une possible perfection.
Bon, il est tard, et je suis fatigue. A bientot.

Quelle semaine !!!!!!!!!!!

Mercredi. Soleil, 22 degres, Kyoto.
Ouf.
J’ai bien fait de me dire “vacances pourries, je me fais chier, j’en ai marre, les Japonais sont nuls, leur tele est une vraie chiasse, surtout cette espece de radace de 45 ans maigrichonne a cheveux courts avec ses grandes dents de devant et sa voix rauque de vendeuse a la criee qui est dans tous les programmes tele en train de se moquer des autres ou de manger, j’en ai marre, j’ai encore 3 semaines a tirer, je suis pas dans la panade….”.
Oui, j’ai bien fait car, comme j’ai tout de meme l’esprit tres positif, je me suis dit que, hein, gache pour gache… AUTANT ALLER A TOKYO, hein, voila ce que je me suis dit.
Et qu’est ce que j’ai bien fait alors… Vous connaissez la chanson de Nougaro, Nougayork… Et bien Tokyo, c’est pareil car “des l’aerogare, j’ai senti le choc, un nouveau depart, sur les staring block, dare dare dare… Tokyo Choc!”
Hier soir, comme je revenais encore de Tokyo par le dernier Shinkansen, j’ecrivais
“Shinkansen. En route vers Kyoto. C’etait ma derniere escapade. Tokyo m’a fait du bien et m’a comme regenere. Demain commence la 3eme partie de ce voyage. Visites et temples de nouveau, erables rouges. Mon regard sur les Japonais a muri, je me vois moi meme autrement, plus libre vis a vis des autres. J’ai peu cherche a photographier car on ne peut voir que ce que l’on connait bien. Je dois donc m’interresser a Paris. Mon prochain voyage (…) Je residerai a Tokyo cette fois-ci. J’aime beaucoup entendre cette langue, la parler aussi. J’aime beaucoup Tokyo. Le parc d’attraction m’a beaucoup amuse. j’ai visite un tres beau parc aujourd’hui. Et j’ai failli louper mon train. Ce midi j’ai mange de l’anguille dans un izakaya. Hier je suis monte en haut de la Mairie/Gouvernement de Tokyo mais la terre n’a pas tremble. Deception 😉 J’ai dejeune avec 2 personnes du japon.org (…) J’ai bien aime manger une crepe de sarrasin au caramel au beurre sale dans un quartier un peu intello et cosmopolite (avec Megumi samedi dernier) mais ni bobo ni fashion ni americain. Je suis de nouveau pret pour mes matinees tranquilles a Kyoto. Je vous aime et vous embrasse, de ce train qui file vers Kyoto par une douce soiree de novembre.”
Bref, d’avoir vu la foule des quartier bondes de Tokyo, d’avoir marche dans des endroits plus tranquile m’a fait un tres grand bien et m’a meme rassure sur moi meme: le ville me faisait presque peur, avec ses tentations multiples, et puis finalement je l’ai savouree comme un bonheur possible aux multiples facettes, et j’aime de nouveau Paris… Tokyo est une ville vraiment tres agreable et terriblement humaine. Les Japonais sont eux des gens terriblement normaux qui savent partager entre plaisir, detente et travail. Leurs visages lessives de dormeurs permanent se transforme pour un rien en visages rougis par la biere et le sake, la face rayonnante traversee d’un large sourire.
Je suis heureux d’avoir choisi Kyoto cette fois ci, cette source du Japon, cette inspiration, ce repere d’un pays qui fonce sans trop regarder dans quelle direction. Mais j’ai aussi compris qu’il me faudra maintenant prendre du temps avec Tokyo, la detester avec autant de force que j’ai pu detester mon sejour a Kyoto pour vraiment la savourer, la regarder autrement, non plus avec les yeux du tourisme, mais avec ceux de la vie quotidienne.
Je n’ai plus rien a me prouver, voila ce que j’ai compris sur moi meme. Je ne me forcerai donc pas a aller ici, la, ou a voir ca. Parce que je decouvre d’autres choses. Parce que j’ai compris aussi que je n’ai rien a prouver non plus aux Japonais, que je suis un Francais au Japon, tout simplement aussi maladroit qu’un Japonais a Paris. J’ai finalement pour la premiere fois terriblement envie de me sentir encore plus Francais, parce que c’est ce que je peux le mieux partager avec les autres, et que c’est pour le partager que je dois tellement progresser en Japonais.
J’ai aime parler ainsi, dans le train, avec un compositeur de musique Americain, nous parlions de nos 2 pays, et c’est cela qui etait interessant. Alors ce n’est pas le Japon que je photographirai pour le moment, mais Paris, car c’est Paris qui est mon quotidien, c’est a Paris que je me sens le mieux pour m’excuser d’avoir pris une photo un peu indiscrete et avoir ainsi vole un peu d’intimite. Car en regardant le Japon autrement, je m’appercois a quel point j’aime observer les autres et espionner leurs conversations…
Le temps de raconter cette semaine si rapide viendra au fur et a mesure de ces 10 derniers jours d’un voyage vraiment riche et varie, mais comme je ne l’attendais pas, ou je n’aurai pas fait ce que je planifiais, mais ou j’aurai fais ce que je voulais le plus, comme devaler un apres midi durant la pente abrupte d’une montagne russe absoluement terrorisante, entoure de gens hilares comme je l’etais. Ou bien flaner vers Iidabashi, ou Ebisu. Ou bien decouvrir enfin Shibuya – oh, brievement, mais suffisament pour comprendre que l’on pouvais y trouver beaucoup de choses a faire. Et puis surtout encore et toujours ce Shinjuku que j’adore et qui est le quartier de Tokyo qui malgre sa demesure me fait le plus penser a Paris dans ce que j’y aime le plus, ni trop chic ni trop vulgaire, avec une foule decontractee, une ville de fin d’apres midi de printemps et d’ete quand il fait bon et qu’on a envie de retrouver quelques amis, comme ca, et manger une soupe. Ou bien un de ces delicieux pains au chocolat recommandes par Marc-Maruchan. Meilleurs qu’a Paris.
Parler de Tokyo est pour moi tres difficile, finalement. Ce sera pour la prochaine fois, un autre blog.
Bon, je vais me promener maintenant sous le soleil magnifique de Kyoto, ou les erables rougissent et ou les jardins m’attendent. Encore dix jours de ce plaisir qui ne s’arrete pas, le plaisir d’etre au Japon et de nourrir mon inspiration comme au coeur d’une nouvelle adolescence ou le soleil n’a jamais arrete de briller.

Elections, soleil, blablabla

Drole de semaine, ou lassitude, beau soleil et nouvelles decouvertes se sont melees. D’ou mon absence de ce blog…
Passage a vide ce week-end, entre perte de mes photos et habituelle depression du touriste. Je suis arrive a ma 5eme semaine ce lundi. Ca fait beaucoup, non ? Resultat, un lundi flasque, je ne vous raconte pas. Je suis sorti le matin, j’ai un peu touene en rond, dejeune rapidement le midi. On ne peut faire plus flasque, non ? Que faire ?
Pour tout vous dire, je deteste le tourisme… Pourquoi doit on etre oblige de “faire” quelque chose ? J’ai visite en un mois plus de temple, de sanctuaires et de jardins, de musees que je ne l’ai fait dans tout ma vie en France pour les chateaux et les differentes regions… Bref, lundi matin, j’ai commence le troisieme tome de la Recherche, “Le cote de Guermante”. La langue francaise est une langue magnifique…
Vers 13h00, quand meme, je me suis dit qu’il fallait que je “fasse quelque chose”, pour sortir de cette lethargie. Alors je suis alle a Kobe. En teuf teuf bien lent (55 minutes), le temps necessaire pour regarder les paysages… Et on apprend beaucoup de choses.
Par exemple, que Kyoto, bien que reliee a la la grande route Osaka/Tokyo par le Shinkansen, ne fait pas vraiment partie de la Panurbation generale est Ouest, ou plutot qu’elle est un noeud de type vide. En effet, le vide se fait autour de Kyoto et fait apparaitre cette vide progressivement, la faisant disparaitre de la meme maniere.
Point de cela pour Kobe et Osaka, ou regne comme une continuite, et il est difficile de dire que finalement ce n’est pas la meme ville : il y a un cote “Tokyo”, avec une multitude de centres villes, finalement, intercales d’espaces moins denses, ou plutot moins haut.
Je ne suis reste que sur le port, a Kobe, Harbourland. Et j’ai ete hallucine par l’aspect “futuriste” du lieu, tout batit en hauteur. J’ai fait un tour sur la grande roue rouillee qui ressemble a un reste de “la bulle”, mais qui a une jolie vue sur la mer, les montagnes toutes proches. Et puis j’ai marche, pris un cafe avec une vue magnifique et vu le soleil se coucher sur la baie. Un ami m’a telephone, nous avons parle longuement, et ca m’a fait beaucoup de bien. Ouf, le monde continue de tourner.
J’ai un peu marche par la, sous ces cordes d’autoroutes superposees, entre ces centres commerciaux, et je me suis dit que si les villes nouvelles autours de Paris etaient comme cela, ce serait tres habitable.
J’ai pris mon train vers 18h00/19h00. Il faisait bon. Je suis alle a Osaka d’abord en lisant Proust, et d’un seul coup je me suis senti terriblement vivant, au milieu des gens, avec 3 semaines encore a les regarder vivre et a vivre parmi eux.
J’ai passe une soiree des plus simple, dine dans une cantine tres simple d’un set compose d’une soupe Udon et d’un Katsudon. De veilles dames passant par la ont eu un peu peur de moi, sont allees s’assoir plus loin. Les salariman sont plus indulgeants… Et puis apres une promenade rythmee de photographies, je suis rentre a Kyoto. Je suis passe a cote d’un bar gay americain avec pignon sur rue. Je ne sais pas ce qu’en pensent les gens mais, alors que je prenais des photos d’une bretelle routiere multiple agrementee d’un pont pour les pietons, j’ai constate que ce n’est pas du gout non plus des gays japonais, qui regardent dedans, et font demi tour…

Le mardi, ballade dans la ville, lecture, tres simple. Et puis vers 3h00, je suis parti pour Osaka. La, j’ai fait une exploration plus approfondie, preparee d’abord sur le net. J’ai pris pas mal de photographie de ces ponts/tobogans/routes/chemins de fer hallucinants qui se chevauchent et forment des boulevards hallucinant. On pourrait s’en inspirer pour nos hideux peripheriques. Hideux parce que deserts, pas assumes. Ici, les commerces donnent de la vie a ces espaces routiers rapides empiles les uns sur les autres. C’est pareil a Tokyo, d’ailleurs. Et puis toute une foulles de petites rues, avec des boui-boui, des prostituees coreennes, des restaurants, c’est tres amusant… Et contrairement a Paris, c’est tres propre. Ca sent juste la cuisine de ces quartiers la (brochettes au charbon, ramen), et c’est tres agreable, ca ouvre l’appetit. Et puis soudain, au gre de la marche, on butte sur une grande avenue, coloree, bruyante, avec se foule de l’apres midi, femmes aux sacs en papier cartonnes de grandes marques, ou de marques, salaryman ayant termine leur journee et dont le flot va grandissant, accompagne de ces cohortes d’offices ladies aux chaussures basses et arrondies qui contrastent tant avec les 10cm aiguille, a bout pointu sur botte moulante tres en vogue en ce moment, revisant les proportions des jambes des jeunes femmes : le pied devient immense, la cheville est emmitouflee dans un tube de cuir flou, bouchonnant MAIS moulant puis la jambe suit, gainee de cuir. Sur une japonaise de 1.40, l’effet est des plus etrange… surtout que la mode est a la mini-jupe tres courte, aux cheveux ondules/ballonnes, aux details vestimentaires roses… Oui, effet garanti : le petasse japonaise s’assume. En blond, bien entendu.
Marche longuement vers Dotonbori, encore, remonte. A chaque fois, j’elargis le cercle, mon but n’etant pas de tout voir (demarche absoluement inutile a mes yeux), mais de me promener, saisir comment “ca marche”, tenter une rue, parfois meme un peu coupe gorge, retrouver un axe deja vu precedement, et puis soudain avoir marche longtemps en des terres inexplorees par mes pauvres jambes fatiguees. Alors je pousse (ou je tire, ou je glisse) la porte d’un restaurant, comme ce soir la ou j’ai mange okonomiyaki, avec 2 namabiru (bieres). Vers 23h, enfin, je me suis dirige vers un quartier dans le genre qui n’existe pas en France, un vrai quartier chaud, mais vraiment, avec des gars louches en bas des immeubles, pas mal de prostituees… et des restaurants, aussi. J’avais trouve sur internet l’adresse d’un bar. Arrive devant l’immeuble, “j’y vais ou j’y vais pas?”. Finalement, bien sur que j’y suis alle. Au cinquieme etage. J’avoue que cela fait parti de mes plus grandes apprehensions, au Japon. Aller dans un endroit sans pouvoir “regarder” avant.
A tout casser, 10 metres carres pour les clients, le long d’un bar ou regne le serveur, sorte de mama-san de 35 ans bodybuilde. En video, un film americain. En musique, je ne sais pas trop. Mince, un americain est la… Bon, ca ne m’a pas empeche de parler japonais. L’americain est rapidement parti (meme si je devais le recroiser sur le quai de la gare Umeda, un peu plus tard). D’autres clients sont arrives, intimides par ma presence mais rassures par quelques mots du serveur. Le fait d’etre francais adoucis un peu. Et puis finalement, quand je parle japonais, je constate qu’apres 15/20 minutes je parviens a m’exprimer. Mais il ne faut surtout pas que l’on me parle anglais ou francais, ca casse tout. Sinon, les Japonais nous prennent tous pour des americains. Alors etre francais a quelque chose d’un peu exotique. Je suis parti vers 00h15 pour attraper mon dernier train. J’ai du retraverser le quartier en question. Apres les quelques bieres, je devais avoir un sourire jusqu’aux oreilles… Parler, parler japonais m’a fait tres plaisir. On m’a invite a revenir quand j’ai dit que je restais encore 3 semaines. Ils (le serveur, les clients) n’ont pas dit ca a l’americain dont le pietre japonais (alors qu’il est la bas depuis un an) et le debut de conversation sur George Bush n’ont pas tellement plus. Comme l’a dit un client, un bar n’est pas fait pour parler politique et religion. Au fond de moi, je me disais qu’en effet, dans 10 metres carres, une bagarre …. Dans le train (on s’est retrouve dans le meme train pour Kyoto), l’americain m’a dit qu’il n’y retournerait pas, qu’il l’avait trouve comme moi sur le net. Moi, je pense faire un saut, histoire de causer un peu. Et m’en trouver quelques autres. Aller dans un grand cafe design comme il y en a Paris et boire mon verre tout seul, c’est nul, non ? Me retrouver dans ces petits bars, c’est bien plus rigolo. Non ?
Mercredi, gueule de bois, elections americaines. J’ai regarde le desastre en direct et ne me consolais qu’en pensant que ce sera bon pour Hilary en 2008. Mais vraiment, quand j’ai consenti a quitter ma chambre vers 17h00, les americains que je croisais, je les detestais. Vraiment. Et que vraiment, pour moi, a part la cote ouest et la cote est, l’espece de machin analphabete, bouseux, ignard et puritain du milieu, je le deteste vraiment, avec leurs troupaux de boeufs transgeniques, leurs puits de petroles, leur KluKluxKlan et leurs lecons de morale a la mort moi le noeud de porteurs de santiags………………………………………………. Mais le mieux c’est quand on les croise en vacance. Ici, c’en est truffe. Comme cette espece de face de vieille ricaine liftee et son accent de l’oregon ou de l’arkansas qui me disait que le Japon c’est joli, mais qu’elle cherchait deseperement un endroit ou elle pourrait manger quelque chose de convenable, d’autant que “ces gens” ne parlent pas un mot d’anglais (entendre : d’americain). J’ai eu envie de lui envoyer son pot de creme hydratante Q10 aux enzimes autobronzants anti-age a la figure, je me suis contente de lui indiquer un petit restaurant que j’aime bien mais ou le gout des soupes a du lui sembler monstrueux (miso-soba/miso-udon). C’est pas grave pour elle, il y a aussi des MacDo au Japon pour les gens comme elle. Elle aussi a du voter pour Bush, dans le finfond de son Wyoming ou de son Oklahoma pour se venger du Francais qui lui avait indique une si pietre adresse, c’est qu’en plus c’etait un feneant qui a plein de vacances, non mais regardez-les !
Bon, jeudi je suis alle a Tokyo toute la journee. Shibuya, Harajuku, Shinjuku, promenade ordinaire. Un cafe vers Harajuku dans une espece de bicoque branlante, ou apres avoir monte un escalier en ferraille en colimacon, on a ses 10 metres carres. Cafe delicieux, jazz en fond sonore issus de la collection impressionnante de vinyls qui s’empilent sur des etageres. Des photos encore, argentiques et numeriques. Rentre tres tard a Kyoto. Le matin, tres belle vue de Fuji-san.
Ce matin, leve plus tard, 8h00. Et je compose tranquilement ce blog pour votre plus grand plaisir.
Je “voulais” aller a Tokyo, ou Hiroshima, ou… mais j’en ai marre de faire le touriste. Je ne veux plus rien faire. Et puis il fait vraiment tres tres beau, et a Kyoto, ce temps est regenerant. Alors je ne me force pas. Tokyo, ce sera pour un autre voyage, pour faire autre chose. Aujourd’hui je reste ici, et je veux qu’au milieu de toute cette verdure, entre deux temples, ressentir le soleil et l’air pur qui me manqueront tant de retour a Paris.
Bye bye.

Tokyo mon amour / 東京モナムール-2

Retrouvailles avec Toshiko-san, donc depart a 5h30 par le premier metro. J’arrive, j’etais epuise et il m’a fallu courir pour avoir ledit metro. Puis Shinkansen sous un ciel magnifiquement bleu, brume sur les vallees, quelques nuages tres bas. La montagne de Fuji, 富士山 : je l’ai enfin vu, oui, 見えた!!!!! J’ai vu la mer aussi, ensoleillee, vers Yokohama / 横浜. Et puis l’arrivee a 9h00 a la gare de shinagawa. Prendre la ligne Yamanote / 山手線 jusque Shinjuku / 新宿駅, puis la ligne chuo 中央線 jusque Ogikubo / 荻窪. La, sur le quai, je retrouvais Toshiko-san.
Nous avons trouve sans trop de difficulte une patisserie francaise dont la reputation monte, Le Coeur Pur. Et en effet la presence d’une equipe de journalistes ajoutait a l’engouement pour cet endroit.
Ben ensuite on s’est promenes et sommes alles manger des sushis a Ueno, avons fait une pose dans un temple shinto. Toshiko-san est tres superstitieuse, finalement. Elle m’au ainsi longuement parle des groupes sanguins, des Oracles que l’on tire au sort dans les temples et les sanctuaires. Pourquoi pas… J’ai moi meme salue la divinite de ce temple, je trouve ca joli, pris un Oracle qui est plutot favorable et dont j’avoue assister impuissant a la realisation… etrange. Non ?
On a retrouve Megumi a Shinjuku. Toutes deux, je les ai rencontrees a l’INALCO. C’etait drole de se retrouver ainsi, dans ce quartier rempli de restaurants. On a reserve (limite) dans un tres bon restaurant de brochettes, puis sommes alle attendre dans un cafe bar.
Le repas a ete delicieux, la soiree longue… Toshiko n’habite pas le centre, nous nous sommes quittes vers 11h30/12h00. Moi, j’ai marche, suis alle prendre quelques verres dans ni Chou-me, bar en sous sol, assez rempli, musique genre Madonna/ Kylie Minogue and Co, bof bof, et puis j’ai marche un moment et :
LE DRAME
Croisant un magasin Kinko’s, informatique et internet, j’ai voulu graver ma carte memoire 512Mo quasi pleine. Erreur de manip’, alcool, je ne sais pas. Je dois la formater et perdre ainsi plus de 400 photos…
Malheureux comme un chien battu, j’ai marche, Yotsuya, Yasukuni dori, Yasukuni Jinja, attrappe un taxi et file vers mon hotel a Ueno. Un hotel pas mal du tout, le Park Side Hotel. Une chambre autours de 75 euros. Pour Tokyo, c’est correct. Il y avait des chaines a peage, des chaines X. Ah, les salaryman japonais…
Au matin, ce samedi, Ueno etait sous la pluie, triste et rigolo en meme temps.
J’ai marche jusque Ginza, me suis achete des disques de musiques de films de truands et yakusa des annees 60, mange des croissants dans un cafe Excelsior. J’ai commande un Moka, on m’a servi un cafe glace. On est Francais, et on le reste. Ils me l’on change, tout de meme.
Etonnant, toutes ces constructions en hauteur, a Tokyo. Ca pousse partout, et autours de Nihonbashi, ca a deja pas mal change en un an. L’immeuble Mitsukoshi, par exemple…
Arrive a 18h30 a Kyoto, j’ai pris le metro et me suis couche assez tot, vers 21h00. Cela ne m’a pas empeche de vivre une journee “sans”, ce dimanche, comme je l’ecrivais dans un mail tout a l’heure*
“Pluie. Fatigue de 4 jours de vadrouille (sympa). Mauvaise manip et effacement de 450 photos (vive l’argentique). Reponse negative de XXX. Lavomatic… C’est pas la deprime mais c’est tres flasque. Surtout les photos… Sinon vu Toshiko et Megumi. Retourne a Osaka et dormi dans un hotel cher de Tokyo. Sur Ginza achete des disques de musiques de films de yakuza. Quel temps pourri. Mais tres doux. L’otage japonais efface le tremblement de terre a la TV. Vu Paris et Arafat. Et vous?”
Allez, a bientot. Je termine ce “sombre dimanche” en allant manger un Curry. J’irai bien a Osaka, mais bof bof bof…

Les nourritures spirituelles et les nourritures terrestres

Jeudi matin, d’assez bonne heure, j’ai pris mon velo et ai profite de cette belle journee qui commencait, bien heureux de ne pas etre bride comme la veille d’un costume paralysant et achete a la va-vite mardi apres midi au grand centre commercial Kintetsu de Kyoto.
Kintetsu, c’est le nom d’une compagnie de train et, sans vouloir developper ici trop en avant l’histoire urbaine du Japon des 100 dernieres annees, les compagnies ferrovieres ont joue un tres grand role dont l’Eki-mae / 駅前 -quartier de la gare- est le symbole le plus visible. Et a Kyoto ainsi, 2 centres commerciaux se jouxtent, voir meme trois, d’ailleurs. Le tentaculaire Kisetan, construit par et pour Japan Rail. C’est THE Centre commercial du Shinkansen, de la gare de Kyoto. Deception toutefois, il n’est pas si grand et ne doit sa taille qu’a la presence d’un grand hotel sur son flan est. On pass sous les voies ou on fait le tour de ce batiment gigantesque, et voila l’autre, plutot une tres grande galerie marchande dont une partie est propriete de Hankyu, la compagnie privee qui conduit a Osaka.
Et donc, face a la gare, sous le regard protecteur de cette grande Mama des annees 50, stylisee par un quelquonque Herge Nippon, Kitsch a souhait, la tour Kintetsu, THE centre commercial Kintetsu – la ligne de train qui relie Kyoto a Nara puis au sud de la Peninsule.
Bref, c’est la que, parti pour aller chez Muji, je me suis arrete chez “Comme ca ISM”, plus connu pour ses creations “Comme ca du mode”. Cette marque decomplexe de toute faute commise en japonais… Voila pour le costume -retouche en 1h30-, la cravate et la chemise… Un premier vendeur tres pro qui m’a convaincu par la rapidite des retouches et une tres longues conversations sur les differences morphologiques entre occidentaux et japonais et donc, differences de tailles… Il portait une oreillette : a mon avis, on ne flane pas dans ce magasin plus de 2 minutes sans avoir un vendeur dans les pattes… Le second vendeur (pour recuperer le costume, la chemise…) etait beaucoup plus rigolo. Plus jeune, quand je lui ai dit qu’a Paris on connaissait cette marque, a sa reaction, “pari ka”, j’ai compris qu’il ne devait pas avoir parle a beaucoup de gaijin / 外人 – etrangers. Il etait tres rigolo, et tout petit! Voila pour la parenthese costume de mardi apres midi, jour de mega pluie.
Bien, bref, jeudi matin, je saute sur mon velo. Je ne suis arrete au temple…nishi je ne sais plus quoi (correction a venir), pres de la gare de Kyoto ou j’ai assiste a un office chante, vraiment tres beau. Les Portes de ce temple sont absoluement somptueuses. Helas, le temple principale est en ce moment en reconstruction (comme pour son demi frere Higashi…).
J’ai continue ma visite et repris mon velo, suis alle a Toji / 東寺. C’est le temple qui situe Kyoto dans les films de Ozu : la grande pagode de 5 etages entouree d’arbres. Autours, un grand nombres de batiments dont certains presentaient leurs “tresors”. J’ai ainsi pu voir des bouddhas du 9eme siecle, magnifiques. Ceux la meme etudies en Histoire de l’art, et que l’on ne peut voir qu’a l’automne… L’un des batiments vaut lui meme la visite, haut, puissant et pourtant extremement fin. Toji est un Temple de Shingon-shu / 真言朱. J’ai donc ete accoste par un monsieur assez age alors que je brulais un peu d’encens en pensant a mon pere. Nous avons parle et il m’a conseille de penser a la religion, a la foi. Il etait gentil, souriant, et comme il me disait que le Shingon etait la seule branche du bouddhisme qui permet d’atteindre la perfection du Bouddha en une seule vie, celle-la, je l’ai quitte en lui souhaitant une entiere reussite. Et je vous avoue que j’etais sincere car il etait vraiment bon dans ses paroles.
Passe Toji, il etait temps de repartir en ville… Je suis donc alle a Osaka. Arrive a 16h, je me suis promene autours de Umeda / 梅田. Et je me suis perdu vraiment assez longtemps. Un salaryman qui passait par la m’a reconduit afin que je retrouve mon chemin. Il avait ete vraiment tres sympathique et nous avons un peu bavarde. Mon Japonais n’est pas du tout fluent, mais si mon interlocuteur est patient, je parviens a m’exprimer sur des sujets assez varies. De maniere limitee, mais j’y arrive, en faisant des phrases dont la longueur me surprend parfois… Quand a la comprehension, cela depend de la personne, de son debit.
Je suis monte dans la grande roue du centre commercial tout rouge Hankyu. Osaka est une gigantesque excroissance en bordure d’ocean. Vu de haut, on ne percoit aucune logique, comme a Paris ou a Londres. Ou a Kyoto. C’est une ville ludique ou les debordements humoristiques sont legions. Redescendu, j’ai continue ma promenade et je dois dire qu’il y a aussi des coins etonnant autours de Umeda. Petites rues “coupe gorge” qui sentent la viande grillee, passages incertains et bicoques qui bordent les etagements des routes et autoroutes urbaines surplombees par les voies de chemin de fer… Je me suis dirige vers minami, Dotonbori. Lumieres, bruit, et ce centre commercial qui fait des kilometres… ces garcons qui demarchent les filles pour les bars a hotesses, les Patchinko… et une odeur de nourriture… Je me suis ecarte de cette artere, me suis retrouve de nouveau dans un quartier de sex-shops et love hotel puis, dans un espece de quartier transitoire ou je me suis arrete pour manger des yakisoba. Et boire ama-biiru.
L’endroit etait etait une petite gargotte batie en bois, des planches, des baches… a l’interieur nombre de salaryman en costumes. Moi j’ai pris donc des yakisoba -nouilles sautees-, delicieuses, vraiment, avec les legumes legerement croquant comme il faut. Et pas cher du tout. La serveuse, une petite Coreenne charmante et amusante, m’a fait la conversation. Elle revait d’apprendre d’autres langues et baragouinait quelques mots de francais. Drole. Je suis reparti un peu emeche (2 bieres), les jambes absoluement HS apres une telle journee de marche (et de velo le matin), et j’ai pris mon train vers 22h30 a Umeda, n’ayant toujours pas recupere de mon mercrdi. Une superbe journee s’achevait, non sans que je ne m’achete vers Dotombori une delicieuse patisserie chez Fujiya, un simple gateau au marrons, divin. Arrive dans ma chambre, vers minuit (j’ai roule tranquilement de la gare a l’hotel), j’ai ouvert la belle boite et decouvert un objet que je ne connaissait pas : un sachet de gelee glacee. Cela existe t’il aussi en France ? En tout cas, mon gateau etait bien frais… La vendeuse, une jeune fille avec des grands yeux, avait ete tres gentille et m’avait fait la conversation tres gentiment, en parlant assez lentement pour que je comprenne. Ce gateau conclait donc cette journee admirablement bien, et il le fallait bien car le lendemain…

Tokyo, mon amour / 東京モナムール

J’avais rendez vous ce mercredi a Tokyo. A plus d’un titre. C’est toutefois vetu d’un costume que j’ai aborde la capitale. “Ici il est 5h50 et j’arrive sur le quai du Shinkansen en costume et en Guerlain. Mon train s’appelle Hikari (lumiere). Ca tombe bien le jour se leve. Je trouve ca drole. C’est un jeu dans mes vacances. Bon a part ca il pleut sur Kyoto. Et je suis impatient de re-voir Tokyo.”, ecrivais a quelques amis. “Nozomi est vraiment tres beau…mais bon ce sera Hikari…”, “Et d’un seul coup grand soleil et arc en ciel, il fallait juste franchir les timides montagnes qui entourent Kyoto. Paysages du Japon de la grande panurbation alternant espace rural et espace plus densifie, un peu comme la Seine et Marne, mais avec toujours la presence de montagnes boisees. Je note que mes pieds ont plus de place qu’en premiere en Eurostar. Bonne nuit a vous (sauf Alain qui doit avoir quitte le travail : bonjour!)”, “Je suis a Ueno. C’ert un peu comme Stbg St Denis. Je vais me gaver de sushis a mon kaiten prefere. Vous loupez! Je penserai a vous. Je me rappelais pas aimer Tokyo a ce point.”, et puis en fin d’apres midi ce commentaire, Ou je suis.c’est malfame…Mais j’aime bien Shinjuku. J’aimerai bien travailler a Tokyo. Mais je suis content d’etre a Kyoto. Ici j’aurai deja plus d’argent. Et puis c’est des vraies vacances. Je suis au milieu des love hotel, “rest 4800 stay 9800″. Je viens de rentrer dans un cafe. Il fait frais.”.
NON, je ne suis pas alle dans un love hotel.
Cette journee a ete tres courte, pour tout vous dire. J’ai retrouve “des gens”, le matin : j’avais en effet un entretien professionel – qui s’avere ne pas avoir reussi, tant pis. Je les ai quitte vers 12h30 et je me suis dirige vers Ueno / 上野 ou je comptais bien manger des sushis dans une gargotte a sushis que j’aime bien. J’en ai egalement profite pour retirer de l’argent dans un des seuls distributeurs VISA de la capitale. Puis j’ai tranquilement marche jusque Akihabara / 秋葉原 – j’aime beaucoup ce nom, “champs des feuilles d’automnes”. La, a ma grande surprise, j’ai recu appel de mon ami Stephane qui etrainait sa freebox sur appels longues distance avec le Japon. Moi, la mienne m’attend. D’ailleurs, entre la freebox et ses 15Mega et le nouveau Mitsubishi M430i a sortir dans 1 mois, que va t’il me manquer du Japon… (moue perplexe) ? J’ai trouve ca sympa, recevoir un appel de Paris.
J’ai pris le train, suis alle a Shinjuku. La, j’ai beaucoup filme, meme un peu le quartier chaud.
Le bruit de Shinjuku, ses lumieres et son agitation m’ont fait un tres grand bien et il est tres clair que je prefere Tokyo a Kyoto, que ce n’est pas du tout la meme ville. Mais on peu vivre a Tokyo, quand comme moi on est habitue aux grandes villes.
C’est ainsi, en marchant camera au point, que je me suis retrouve dans le quartier des love Hotel tres discrets de Shinjuku. Et que je me suis arrete dans un petit cafe, “chez Marielle”, ou l’eclairage et le decors m’ont rappele l’ambiance des cafes du 13eme arrondissements dans la serie “les 5 dernieres minutes”, version 60’s avec Raymond Souplex. Mais le moka etait excellent, et le voisinage d’un groupe bruyant reuni autours d’une escort girl et de son book m’ont assez diverti. Je me suis alle m’acheter un pull chez Uniglo, puis suis alle boire un verre a 二丁目.
La, il a fallu que je cours pour attrapper mon train, que j’ai donc recuperer a Shiomiya / 品川、comme tous les salaryman aux joues rouges qui couraient autours de moi! Je suis arrive a 23heures a Kyoto, son calme. Et fatigue de ce periple commence par un premier metro a 5h35…

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