Posts by "Madjid Ben Chikh" — Page 80

Quelle semaine…

En quelques jours, que de mouvement, et quelles perspectives, alors : je repars !東京。一ヶ月間。外人ハウスに残って。新宿の隣にある牛込の地区に。
af
Il a d’abord fallu trouver un vol, je pars 12月27日月曜日朝10h35分ぐらいのJAL飛行機で。夢ですよね (partgé avec AIR FRANCE!)...Et donc j’arrive 12月28日火曜日朝06時25分ぐらい新国際成田空港に。Alors, immédiatement, バスリムジーヌで新宿駅に
chambre
A Shinjuku, il y a l’agence où j’ai réservé mon logement.
J’ai donc réservé l’avion mardi, réfléchis puis acheté mon billet jeudi. J’ai changé des Euros. Pour le logement, c’était simple et à la fois compliqué : il faut réserver, envoyer un accompte, confirmer par fax, etc. Cela étant, arrivé à Tôkyô, ce sera assez simple, je pense.
Je suis allé au Cinéma. Voici les 2 post que j’ai laissé au sujet de ces 2 films sur le forum du japon.org.

NOBODY KNOWS
“Kore Eda avait fait parler de lui il y a quelques 2 ans avec Distance, un film inspiré par la prospérité (et le danger) des “nouvelles religions (shinkyoushuukyou, si je ne me trompe pas). Le revoici avec un très beau film, remarqué à Cannes (le jeune acteur, amateur, a reçu le prix du meilleur acteur).
Un fait divers : une mère qui abandonne ses 4 enfants en 1989, ne leur laissant que de l’argent et l’excuse qu’elle revient bientot. Les enfants, livrés à eux même, sont “encadrés” par l’ainé qui tente coûte que coute de cacher la situation afin de ne pas etre séparés. Le fait divers avait ému tout le Japon. Et le réalisateur qui depuis 15 ans voulait en faire un film.
On ne saurait plus le remercié d’avoir attendu que le sujet murisse qu’en allant voir le film qui est tout simplement une réussite totale.
Aucun appitoiement. Au coeur même des pires moments, il réussit à faire passer le bonheur de ces enfants qui s’amusent malgré toute leur tristesse, qu’ils se cachent. Aucun jugement moral non plus sur ces “voisins” ignorant, mais tout simplement un “secret bien gardé” dans la grande ville, indifférente.
Et une performance de réalisateur comme d’acteurs pour ces enfants. “

CAFE LUMIERE
“Hou Hsou Hsien n’a jamais caché son amour pour le cinéma de Ozu Yasujiro. Il a réalisé en 2003 ce film avec l’aide de la Shôchiku, présenté à Cannes en 2004, comme son hommage et celui de la maison de production au maître disparu en 1936 et qui aurait eu 100 en 2004.
Hitoto io, habituellement chanteuse et dont c’est la première apparition au cinéma, joue le rôle d’une jeune femme, Inoue Yoko, qui va boulverser la tranquilité de sa famille en annonçant qu’elle désire avoir un enfant seule. Tadanobu Asano (mon idole!) tient lui le rôle d’un ami / confident, bouquiniste, Takeuchi Hajime.
D’Ozu, le réalisateur déduit cette histoire, ce boulversement du quotidien familial, une rupture d’équilibre, le changement entre les générations.
Du pays d’Ozu, le réalisateur Taiwanais retient une ville où s’enchevêtrent les voies de chemins de fer. La ville – Tôkyo – apparait, très belle, vivante, à 100 milliard de kilomètre des clichés à la Coppola ou à la Nothomb. C’est presque un documentaire. Et c’est justement là que le réalisateur se distingue du maître et évite le pastiche. Hou Hsou Hsien fait un film de Hou Hsou Hsien. Lent, presque vide, où les images et les climats en disent autant que de longs discours. Moi, je suis sorti enchanté par ces longs plans séquences, ces performances d’acteurs filmés sans discontinuer pendant 5 minutes, sans fausse note. Et j’ai été ravi par cette ville, filmée avec affection et patience.
Enfin, j’ai aimé retrouver l’essence d’Ozu, les petits gestes du quotidiens et le sentiment que le temps passe inexorablement en modifiant insensiblement les repères habituels.”

C’est drôle voire de films avec Tokyo dedans à la veille d’un départ et peu de temps après un retour. Bruits familliers, langue familière…
J’ai vu Maria, qui est enceinte. J’ai eu Freddie au téléphone, elle avait la grippe. J’ai commencé la relecture des mémoires de Beauvoir que je vais poursuivre au Japon. J’ai commencé à regarder mes vidéos de cet automne. J’ai fait un ménage spécial départ. J’ai même fait les carreaux. Je vais rencontrer un correspondant qui habite Tôkyô et que je surnome Hentai-san parce qu’il a des idées mal placées !
Ma valise est sorti, mon Enjorno m’attend. Il fait super froid sur Paris.
J’ai bien du faire 2 kilomètres de nage ce midi, mon dos est broyé. Dire que j’y retourne demain.
Mes T4 ont bien bossé mais ils sont fatigués : il ne m’en reste que 330 (Aug 500 / Sept 450) mais ils ont combattu avec efficacité, il ne me reste “que” 29000 répliques du virus (par je ne sais combien de cm3) (Aug 104 000 / Sept 49 000). Maintenant qu’il y a accalmie sur le front du virus, j’espère que mes T4 vont se réconstituer tranquilement. J’aimerai bien rester assympto une bonne dizaine d’années encore… (v_v’)

Vivement Lundi matin, et encore merci à Stéphane pour me conduire à l’aéroport, Nicolas qui va venir s’occuper de mes pauvres plantes et de mon courrier.

c’est Noel

Eh, oui, c’est Noêl, petits et grands… . C’est même vraiment Noel. Levé de bonne heure, je consulte mes mails, etc… Vous me croirez si vous voulez, je reçois sur mon compte suffisamment pour me faire un séjour d’un mois au Japon… Vraiment la surprise, hein! Mais bon, je regarde ça, à moitié médusé, une autre explosée de rire, et puis je me dis, mais non, arrête, tu vas pas faire ça!, et puis je me dis ben je vais faire les soldes… acheter des chaussures, un costume… Je téléphone à Thomas pour faire un échange de dorama comme nous avons pris l’habitude de le faire, rendez vous mercredi midi, et puis là, vide, une seconde, deux decondes, trois secondes, et puis explosion de rire de nouveau, et hop, internet: combien peut me coûter un billet pour un mois… De fil en aiguille, je regarde Kelkoo en passant par lejapon.org, je chatte avec S../Gattaca, et puis j’appelle ejapon-travel, l’agence du réseau JAL. Je pars donc le lundi 27 décembre et je reviens le mardi 25 janvier. Depuis, je tente de trouver un hotel… pas facile en effet! Mais bon, c’est Noël, je vais pas me plaindre..

Autant dire que j’ai beaucoup téléphoné hier (Nicolas, Maria, Stéphane, Carlos…). Envoyé un message à Shogo, mais il ne répond plus à mes messages (à ce sujet, article de Libération lundi sur la déprime spécifique des Japonais à Paris…). Chatté avec Yassine, un ami de Shogo. Rigolo ! Surtout que je ne m’y attendais pas, je voulais voir comment marche MSN. Sympa..

Donc, l’après midi, costume, cravatte, entretien avec monsieur Sampy, responsable Nova France. L’entretien a été sympa, je l’ai pris sérieusement, mais plutôt décontracté. Je pense que c’est mieux d’être naturel pour ce genre d’entretien pour ce genre de poste. Je ne crois pas que ça nuise au sérieux. J’avais pas mal de questions, l’entretien a duré assez longtemps. Durant ces questions sur la méthode, le travail lui même, les perspectives, j’étais en revanche très précis et très sérieux. C’est de ma vie dont il s’agit, et donc éventuellement de mon travail. Les tests de rapidité, en revanche, je les ai trouvé plutôt amusant, très “dirigés”, faussement ouvert/fermés. J’ai répondu avec naturel. Dans ma tête, qu’importe, c’est bien d’essayer, c’est une chance en plus”. Les divinités du japon me protègent, de toute façon, on a passé un contrat, mais ça va pas être facile… Là aussi, je dois tâcher d’être moi-même. Monsieur Sampy a douté de l’efficacité de mon “charme” acheté à Heian Jingu en dehors du Japon. Je lui ai dit que j’avais des réserves aussi au Japon. Un “charme”, c’est une promesse que l’on se fait à soi, c’est la marque visible d’un voeux accompli.

Je suis ressorti de bonne humeur. Dehors, sur le boulevard Haussemann, la nuit était illuminé par les décorations de Noel des grands magasins.

C’est Christian Lacroix qui décore le Printemps et c’est vraiment très beau, même si le fond musical à base de vocalises baroques fait un peu pétas/se. Mais c’est joliment fait. Les vitrines pour enfants (vidéo) m’ont ravi, comme toujours… Enfance… Il faisait froid, je suis rentré vers 19h/19h30 et j’ai repris ce dure travail de recherche d’un hotel…

Pas facile. Mais c’est Noël, et je ne vais pas me plaindre. J’ai un Arc en ciel avec moi et des miriades de miriades de kamis qui veillent sur moi, et interviennent quand j’en ai besoin. Ah, j’ai bien de la chance…

Durant l’entretien, sinon, j’ai fait un lapsus que j’ai entendu, qui m’a déconcentré un millionième de seconde, mais je suis épaté d’avoir gardé le sourire et de ne pas avoir trop montré mon trouble. J’ai inventé une date, au hazard, celle du 17 octobre 1926, à Paris… J’ai continué ma phrase sans embûche, finalement assez amusé de ce lapsus. Mon père est né en 1926… Mon papa aussi, au fond de mon coeur, me protégeait hier après midi. Mais quelle chance j’ai alors, d’être tant aimé, avoir tant d’amis qui n’hésitent pas à me saouler quand je vais pas, qui me montrent -souvent quand je ne m’y attend pas – à quel point ils m’aiment. Et quelle chance d’avoir été à ce point aimé par mes parents qu’au fond de mon désespoir, seul, un matin d’août, je me sois souvenu des Arc en ciel et que ce souvenir m’ai guidé vers le réconfort amusant et sympathique des divinité Japonaises… Ah, et après ça, je me plains, et je vous saoule avec mon blog.

Mais dites moi, pourquoi donc le lisez-vous ?

C’est lundi / 月曜日である

Temps gris sur Paris, temps froid. Je me suis couché tard hier soir : j’ai regardé Rampo, le film de Okayama (Shôchiku, 1994) basé sur le personnage de Rampo, son roman La proie et l’ombre, ainsi que les thèmes récurant, comme le voyeurisme, la place des rêves et des fantasmes effrayants. Je crois avoir vu ce film au moins 40/50 fois ! Mais cela faisait longtemps, et ça m’a fait très plaisir de le revoir car c’est aussi un film intelligent qui mêle à l’histoire un fond historico-politique très lucide, le totalitarisme militaire qui s’installe, l’aveuglement d’élites décadentes et frivoles (portant des masques lors du bal “Fantomas”), la mort qui rode dans ce climat déliquescent (la projection chez le marquis et le poême d’Edgard Poe). Et puis Rampo, l'”homme de Taishô”, japonais et cultivé, et cette promenade au Gongen-ji, véritable carte postale d’adieu d’un Japon qui va être balayé par le militarisme d’abord, puis par le napalm américain (les images de la fin, sorte de cauchemard où tout semble emporté par le feu, les explosions…). Que de sensations. Et on fnit finalement très proche de cet état de malaise qui émane des romans de Rampo. On est frustré car nous avons assisté, passif, à un échouage (L’Ile Panorama, La proie et l’ombre…).

Bref, je me suis levé ce matin à 9h00. Déjeuné. Appelé Manpower qui me propose une missioon de 6 semaine, enchainée d’un CDD de 3 mois puis d’un CDI. Bref, chômage en avril… J’ai dit oui mais c’est pas top. D’un autre côté, le Japon, en avril, ça peut être sympa… On va voir. De toute façon demain j’ai aussi un entretien pour travailler… au Japon. Je finis l’année en balayant très large. Cette histoire de travail, ça me fiche le bourdon.

Tout à l’heure je retourne à Barbès, j’ai rendez-vous avec Odile. On déjeune ensemble. Est-ce que je ne préfèrerais pas retourner travailler là-bas, la planque ? En attendant de repartir ? En tout cas, malgré le fait que je ne veuille voir personne, ça me fait tout de même plaisir de revoir un peu tout le monde. Il parait que je manque… ça fait plaisir.

Il n’y a qu’un endroit, où je ne manque pas. Mais je crois que je digère. Je crois même que c’est déjà digéré. Qu’est-ce qui m’est donc arrivé. Car ce n’est pas de l’amour, c’est une sensation d’amour, une nostalgie d’amour. Oh, c’est peut être ça, aussi, l’amour… J’en tire toutefois cette bonne nouvelle : j’ai encore AUSSI ces sentiments en moi. Et ça faisait longtemps, et c’est venu très fort sans que je vienne venir. Sans que j’y pense, comme ça. Un regret de l’absence, une indifférence attentive, amusée. Presque même un désir de séparation et de retrouvaille, Barbara, La ligne droite. Ce type de sentiment, ça faisait longtemps. Ca faisait même jamais. D’habitude, je voulais posséder. Je ne (me) demandais qu’à le voir, l’écouter. Mais je crois que j’étais aussi fatigué de plein de choses et que mes esprits se sont échauffés. C’est un peu bête, ça. Mais si habituellement un “échec” (et y a t’il échec puisqu’il n’y a rien eu, qu’une envie d’avoir) me laissait ruiné, aigri par moi-même, rien à voir cette fois-ci. J’ai plutôt le sentiment d’avoir été un peu con, un peu bête, et d’avoir joué avec moi-même. Mais je crois que dans le fond il y a quelque chose comme une part ancienne de moi-même qui m’attire vers ce genre de garçon. Et que je dois par conséquent le fuir. A une époque, pour “oublier”, je me faisais une période de sortie et de sexe.

Bof. Là j’ai juste envie de reprendre l’avion. C’est très différent. Non ?

France Culture, ce matin, une émission sur le Paricide au 19ème siècle. Je l’ai écoutée avant d’écrire sur ce blog. Je n’ai plus envie de travailler en bureau. Je veux travailler pour moi. Je veux vous raconter des histoires qui ne sont pas mon histoire, mais juste des histoires qui prennent leur racine dans le monde, c’est à dire en vous, et en moi. Et par moi. Qu’est ce que c’est compliqué, alors.

Il parait que le blog est à la mode. Et qu’en ce moment le sujet “brulant” est l’empoisonnement du (excusez, son nom m’échappe) candidat aux présidentielle d’Ukraine. Si ça vous chante d’avoir mon point de vue, il y a dans le 15ème une rue, et un célèbre café où nous pouvons nous retrouver, au comptoir. J’apporte Le Parisien, vous rapportez Le Monde, et puis on en causera. Au 3ème verre, on devra bien avoir une idée très précise, que dis-je une conviction!, sur ce sujet parait il sensible.

Je limiterais pour ma part cette histoire à un fait divers qui aurait toute sa place dans un bon roman. Pas un truc essentiel (ça c’est pour les romans d’espionnage), non, juste le genre de truc qui passe en fond, à la radio, “les différentes expertises médicales mettent bien en évidence un empoisonnement à la dioxine, une correspondance de Mireille Machin, “oui tout à fait, on a beaucoup parlé de..(image d’une prise de sang, interview d’un médecin Autrichien doublé, “…mettent bien en évidence un empoisonnement à la dioxine”)… qui mettent en évidence un empoisonnement à la dioxine”, merci Mireille. Cet emoisonnement… en évidence un empoisonnement à la dioxine. Changement de sujet, nous allons dans le Sud Ouest avec l’ouverture du Marché aux Truffes… blablabla”.

Mais finalement, qui se soucie VRAIMENT de ce sujet, de sa signification réelle là bas comme ici, sur ce qu’est l’exercice du pouvoir, qui recoupe ce type de contrôle “à l’ancienne” avec celle de procédés plus moderne (l’usage des médias, par exemple, comme l’affaire Lewinsky ou plus récemment les rumeurs sur la lâcheté de Kerry, ou encore ces reportages sur l’insécurité en France à la veille de la présidentielle…). Non, personne ne s’en soucie, parce que c’est loin et que, “ma bonne dame” “dans ces pays là, vous savez…”

A voté!

Bon, je me prépare, je dois être à Barbès vers 11h30.

L’anniversaire de Luc

Je vous présente Luc, un ami d’il y a longtemps, un Camarade, comme on disait en ce temps là, un temps qui n’est finalement pas si éloigné… mais qu’est ce que ça me semble ancien tout de même…

La politique a longtemps occupé une place majeure dans ma vie, dans ma pensée. Elle s’est alimentée de ces lectures passionnées que l’on a quand on a 17, 18 ans, quand on croit encore choisir sa liberté dans sa passion pour la vie, l’énergie de la jeunesse.
Moi, tout jeune, j’étais un “jeune homme moderne”, j’écoutais ces musiques synthétiques encore si nouvelles, les musiques industrielles. Mais aussi Mama Béa ou Bernard Lavilliers. Sorti indemne ou à peu près d’une famille pauvre, un père Algérien licencié dans ma 13ème année, dans un département sinistré, le 93, l’instruction, l’école m’avaient guidé à regarder autre chose, plus loin.
Ce que je tente encore de faire.

J’avais “officialisé” mon homosexualité dans tout le lycée à l’âge de 15 ans. Quel personnage… Par la suite, mes looks de rocker “moderne” m’ont fait croiser d’autres anciens lycéens qui me demandaient si je me souvenais d’eux, eux qui se souvenaient encore de moi… J’étais l’éternel délégué de classe, et une année délégué au Conseil d’Etablissement. J’étais un agitateur politique de type subversif : j’étais un très bon élève, fumiste certe, mais je n’ai jamais redoublé, j’ai eu mon bac en séchant pratiquement tous les cours… Quel gachis, mais peut être cela était il nécessaire.

Mon analyse m’en a appris le sens. C’est mon travail aujourd’hui, réincarner ce lycéen instable, triste dans le fond mais tout simplement génial, amusant, audacieux et bavard, terriblement bavard. Et au charisme qui lui faisait déplacer les foules. C’est moi, tout seul, qui ai ainsi lancé le carnaval de ce lycée de banlieue (Bondy) sans histoire ni tradition. Menacé d’exclusion pour m’être présenté déguisé, d’autres élèves et amis sont venus déguisés l’après-midi…
Comment pourrais-je me plaindre de ma vie avec de telles expériences ?

Mes idoles étaient Bazooka et leur graphisme “aigu”, brutal et kitsch à la fois, Siouxsie, Ian Curtis et Robert Smith, encore jeune et mince. Le beau Jacno et Elli représentait une part d’un idéal esthétique qui ne m’a pas quitté : Françoise Hardy comme horizon indépassable de la simplicité bien agencée. Aujourd’hui Katerine, Elena me font le même effet. Une belle chanson, c’est très sympa, et ce doit être très simple.

A la même époque pourtant, en plus du rock il y avait un engagement. Marche des beurs en 83, associations gaies, je donnais des coups de main partout. Et enfin, je sortais beaucoup dans les clubs gays : qu’est ce que je pouvais baiser, alors…

La politique m’a rattrapé par le biais du Parti Socialiste. Moi, le libre, moi, je me suis mis moi même en cage, au point d’étouffer… je ne vous raconte pas. De 85 à 88… J’ai adhéré à Act Up en 1991, je n’étais pas séropositif, c’étais donc un vrai engagement. J’ai donné le coup de mains à quelques actions.

Mais c’est vrai aussi que j’ai traversé cette partie des années 90 comme un zombie, fumant pétard sur pétard, à côté de la plaque. Sans travail. Perdu (père du). Le premier effet de mon analyse fut de me remotiver, le 2ème de me conduire à reprendre des études. Et de créer ma première vraie manifestation politique. J’ai commencé tout seul, mon charisme a fait beaucoup, et les talent de ceux que j’allais rencontrer fit le reste. Nous avons à quelques uns fait débrayer la seule fac parisienne durant le “CIP”. Marrant, “spont’ex”, ce truc informel nourri des élans sartriens (moi, alias Arnantulfe Blazor), du doute souffrant de Camus (Nicolas, alias Le Président) et d’un extrémisme esthétique et analytique désespéré (Aurélie, alias Lubna Poob). Nous étions 6 mais nous avons fini par “absorber” des dizaines d’étudiants se réclamant de nous… C’est la seule fois où j’ai contraint des militants d’organisations à me demander mon avis. Ha ha ha…

Luc était de ceux là. La moyenne bourgeoisie intellectuelle parisienne non complexée, ce qui est devenu rare. Rive Gauche. Un look sobre pas du tout militant. Comme moi, comme nous, une réincarnation de la 2ème gauche. L’exigence de rigueur idéologique, le scepticisme et l’indépendance mais aussi une très grande fermeté sur des principes. L’extrème gauche ne nous faisait pas peur.

Notre groupe s’est dissout de lui même mais nous étions un peu plus nous même, et les études ont continué. Malgré nos positions de “meneur” (et fallait voir, nous faisions du théatre, des pastiches, des affiches et des publicités détournées), nous sommes tous passés à l’année supérieur et avec joie avons découvert La Sorbonne. Moi, j’avais 28 ans.
La politique nous a rejoint, et moi particulièrement avec le charme d’une couleur turquoise et les cheveux grisonants de Lionel Jospin. “Moi, j’apprends le flamenco en attendant la victoire de Lionel Jospin”. Ce fut ma meilleurs création, et je dois avoir encore ça quelque part… Peu de temps après, “les 3”, nous avons donc créé la “Section Socialiste Panthéon-Sorbonne, Section Charles Louis Seconda, Baron de la Brède et de Montesquieu”. J’avais l’aval de la direction fédérale, mais beaucoup ont halluciné. Nous nous proposions de “batir une société douce et moderne”, et rendre “notre vie intéressante”. Nous avons rapidement constitué un petit groupe d’intellectuels. Aurélie, Nicolas et Stéphane, Céline, et puis Eric, Manuel, Aymone, et puis Luc. C’était logique qu’il nous rejoigne. J’ai toujours apprécié la précision de de pensée, précision qui le conduit à crééer. C’est ça, la 2ème gauche, ne pas avoir de dogme mais des objectifs nets, une rigueur et être prêt parfois à se laisser à l’extrème. Montagnes de chaises au 22ème étage de Tolbiac en 1994… La 2ème gauche ce fut Mendès France, Rocard et le PSU. Aujourd’hui nous sommes bien seuls : qui est l'”héritier/e” ?

Parler de Luc c’est donc revenir à cette époque, à ces campagnes contre les lois sur l’immigration et à notre courage tant vis à vis de l’extrème gauche que vis à vis de l’appareil du Parti Socialiste. C’est repenser à nos discussions sur la démocratie, la post modernité, l’Europe, les flux migratoire et le cosmopolitisme. C’est repenser à sa passion pour Nizan à l’époque où je lisais les Chemins de la Liberté de Sartre…

Je suis heureux d’avoir revu Luc, une semaine après ce mail d’Eric. C’est pas une question d’âge, c’est une question de “réflexe”. A cette soirée, j’ai rencontré Gaelle, une amie à lui qu’il m’a présentée. Et j’ai été de voir que Luc est toujours Luc.
Ma vie a pris un peu plus de sens. J’ai beaucoup appris à l’époque, je crois avoir un peu transmis ce que l’on m’avait transmis. Le lycéen n’avait finalement pas perdu son temps, trainant ses yeux, ses oreilles un peu partout, il aiderait, adulte, d’autres à se trouver en étant un peu plus tourné vers les autres et en leur montrant que le désespoir est une posture stérile. C’est possible.

Hier soir, j’étais beau. Si si!
Mais alors, j’ai un de ces boulots devant moi… En tout cas je vais. Mieux, non, mais je vais, et c’est mieux qu’être mieux. Je vais mon chemin. I go my way. Mes sens sont aiguisés par cette souffrance que je laisse m’habiter. Et ainsi en parlant à Nicolas tout à l’heure au téléphone, il lit La Force des choses (S de Beauvoir), j’ai été surpris de retrouvé tant d’anecdotes de ce livre. Après tant d’années… Je comptais le lire comme un remède, ou plutôt comme une invitation à “aller”, en parler m’a beaucoup plus carte je suis finalement toujours capable d’en ressentir la passion au dedans de moi.
Kyôto m’a guéri de ma langueur, m’a réconcilié avec l’écriture. Je suis un type bien qui s’est oublié dans une vie de chiotte.

Changer sa vie n’est pas bien difficile pour un type bien. Ce n’est pas du narcissisme. C’est de l’ambition. C’est beaucoup de travail. Quand c’est solide, on trouve toujours quelqu’un en route. Ha ha ha ha ha… Il n’y a pas que le sexe qui doive être solide, il y a son “ventre”. Et il n’y a pas que le “ventre” qui compte. Ha ha ha ha ha…

Bon, qu’est ce qu’il y a ce soir à la TV…

Bises à vous, amis lecteurs… Ah, oui, au sujet de Freud et de l’amour de sa mère. Je partage l’analyse de Freud. Adulte, je recherche l'”amour de ma mère”. Comme tout adulte.

L’amour de sa mère, c’est cette sensation de chaleur, de fusion, de n’être qu’un que l’on ressent dans les premiers jours de la vie. Odorat, toucher, goût, tout est “maternel”. La vie ensuite nous sépare de notre mère : on ne tête plus, et puis un jour il faut vivre sa vie. Mais au fond de nous, nous recherchons tous cette sensation de bien être que nous procure cet être qui nous nourit quand on a faim, qui est une odeur familière, nous satisfait, nous donne du plaisir, et qui nous purifie aussi (les couches). La stabilité émotionelle, c’est quand on n’attend plus de sa mère la satisfaction de ce manque, mais quand on acceuille les autres, et puis une personne en particulier, dans ce rôle précis de nous faire du bien, de faire un, d’abolir la séparation entre l’égo et le monde, ne serait ce que le temps d’un échange de regard, d’un baiser, d’une conversation téléphonique.
Nous recherchons tous cela. Et les souvenirs agréables que nous avons en nous sont souvent des moments de cet ordre, des moments de “fusion”, d’unité. “tu me comprends”, on a “échangé nos points de vue”, le vocabulaire abonde de ces expressions traduisant le sentiment d’unité. C’est aussi pour cela que des fois on est susceptible, ou que l’on se met en colère après quelqu’un qu’on aime. Notre désir d’unité est insatisfait, le désordre émotionel se manifeste, c’est la panique, “maman pourquoi tu viens pas me donner à manger…”. C’est pour cela aussi que dire pardon est important, cela recrée la proximité, la chaleur. La beauté d’un paysage est de cet ordre, il est pardon de soi et pardon des autres, il est plénitude, on se perd dans la contemplation.
Freud était un grand monsieur. Réactionnaire, mais aux intuitions géniales. J’ai aimé lire Freud.

Retour / 帰り

Allez, rassurez-vous, je suis toujours là… Après un après-midi horrible, mal au bide, fatigue, larmes -si si, je blague pas ! -, un sursaut. Inattendu. J’ai repensé littérature, photo, “ma vie de merde”. Je suis traversé par des courants antagonistes, des envies, des désirs profonds, des images, des sensations. J’ai mis tout ça de côté, ayant déterminé d’autres enjeux, d’autres priorités, au passage dans le but de réaliser ces envies, ces passions, ces désirs profonds.

Quel fainéant.

Alors d’un seul coup je me suis dit que comme 90% de mes semblables, j’avais fini par céder à l’habitude, au banal, me réfugiant derrière la “fatigue du travail” pour moins lire, ne plus créer. Me refouler, quoi…

Quel idiot.

Depuis septembre-octobre, pourtant, mes sentiments ont bourgeonné. Mûris, j’aurais presque envie de dire “plastiquement parfait”. Je trouve même une certaine beauté à une petite erreur que j’ai faite et qu’il me semble payer encore. Mais cette beauté m’est précieuse et elle me pousse à plus de franchise envers moi-même et envers l’autre, les autres. On ne perd que ce que l’on possède déjà, et on ne peut perdre ce que l’on ne connait ni ne possède déjà. Et pour avoir, et pour connaître, et pour posséder, en amour, en amitié, il faut abattre son jeu sans supposer de la suite. Cela s’appelle la liberté. Je viens de tuer définitivement le “grand frère” qui est en moi, celui qui n’a pas su dire qu’il était séropositif à quelques amis, de peur de ne pas leur faire du mal. Mais je suis heureux aussi d’être resté fidèle à une ancienne décision, celle de me sentir obligé de le dire avant, si je rencontre quelqu’un. Pas, bien sûr, pour une rencontre épisodique, 23h30, un bar, tu viens chez moi, (la capote et des pratiques safe OBLIGATOIRES pour tous y pourvoient) mais dans ces cas ou on se dit, “mince, çui-là, j’vais peut’êt’ le recroiser dans le quartier” ou “il est sympa on sait jamais” etc etc etc… Ca me semble trop ingérable après (égoïsme) et aussi, pour le coup, trop peu soucieux de l’autre (annoncer ça au bout de 15 jours, c’est aussi manifester un manque de confiance en l’autre, alors quitte à le perdre, autant ne pas commencer).

D’autres sensations me sont revenues, marchant dans Kyôto. J’ai fait du plein de lumière et de vert pour 10 ans. Mes yeux se sont réveillés d’un long sommeil. J’ai adoré regarder les échangeurs d’Osaka et de Tokyo, ces espaces qui dessinent des nomansland habités (contradiction ? allez savoir…). J’ai retrouvé la sensation de la nuit, la lumière qui y existe. Elle est un peu comme le Lotus du bouddhisme, cette lumière. La nuit est à la perdition, à l’alcool, au sexe et à la drague lassive, à la chaleur moate des lieux de plaisir, à l’échouage des pauvres du monde entier, quand ils vont s’aglutiner aux poubelles avec le vague espoir d’y trouver à manger… Dans ce monde crépusculaire, il y a quand même une lumière, celle de la lune, les réverbères, le dessin des ombres anguleuses sur des façades anodines, des angles et des formes redessinées, une architecture dominante sans jamais être écrasante. Cette lumière de la nuit, dans son silence retrouvé, elle est une lueure d’espoir, elle est simplement belle en sa simplicité, elle annonce l’arrivée imminente d’une autre lumière, celle bleutée, du petit matin, des premières terrasses et du premier café. La nuit, c’est comme le jour, mais les masques sont tombés, la ville se livre toute crue comme elle est.

Traverser un “quartier chaud” d’Osaka à 14 heures, c’est comprendre cette alchimie, c’est voir le masque tombé, c’est dévoiler la fragilité de la nuit. Traverser une rue du 2ème arrondissement de Paris, à 2h00 le matin, dans le brouillard ou sous la pluie, ou encore en été, quand les fenêtres sont ouvertes et déversent quelque mélodie hazardeuse dans la rue tiède encore de la journée, c’est révéler comme au grand jour ce que le soleil ne parvient pas à montrer sous sa force écrasante.

La lumière du jour et la lumière de la nuit sont identiques. J’aime photographier la lumière de la nuit, elle me fait mériter la lumière du jour… A Kyôto, la lumière du jour est très particulière. Moi, je suis rechargé. A bloc! C’est cette énergie qui m’a fatigué dès mon retour, comment donc ne la garder que pour soi… sans la trahir. Et pour le coup, sans la perdre.

Tiens, d’ailleurs, l’énergie, c’est depuis cet arc en ciel, cet été.

Alors je me suis levé – j’ai passé 2 heures au lit, mal, douloureux, “seul” – et j’ai fait du ménage. J’ai même repassé des chemises. Ca occupe, mais cela rappelle aussi l’étrange simplicité de ces gestes, le plaisir simple qui en découle.

J’aime trop la vie.

Le veinard.

Après, j’ai filé chez Luc, un ami, il fêtait son anniversaire. Je vous écrit ça tout de suite.

Ce qu’ifaut pas voir

(Shogo danse, il a 27 ans. Je ne commente pas. Nicolas, tu m’auras compris. Private message) (lien video mort)

Devant moi, sur ma TV, des images de 新宿 (Shinjuku), la vidéo de cette année. Aucune nostalgie, juste envie de passer plusieurs mois à 東京 (Tôkyô). Ce sont des images fimées le 27 octobre, après mon 面接 (entretien) à BNP Paribas Tôkyô.
Enchainement brutal, voici des images du 新幹線 (Shinkansen). Rigolo, il y a le son du train, et notamment un gamin. Ca, je crois que je l’ai filmé le 29 quand j’allais retrouver 聡子 (Toshiko) à 荻窪 (Ogikubo).

Ne vous effrayez pas de ce va et viens d’une langue à l’autre : mon premier roman ira lui aussi de l’un à l’autre, je trouve cela très amusant. Notamment, je trouve les 漢字 (kanji) très élégants dans un texte français, rajoutant à l’élégance de notre langue une petite touche de raffinement visuel que j’affectionne. Enfin, là, tel que j’écris, c’est asez aléatoire : je regarde les images en écrivant : je sais que ce jour là j’ai surpis 富士山 (Mont Fuji). D’ailleurs, qu’est ce que j’ai pu le voir, cette année : il m’a promis beaucoup de bonheur, je crois. J’ai beaucoup déprimé depuis mon retour, je souffre d’une terrible “retenu de parole”, trop de choses vues, ressenties, 京都 (Kyôto) pendant un mois et demi, ça force forcément au retour sur soi, à l’introspection et à cette terrible envie de “bilan” dont on ressent inéxorablement la nécessité quand on approche les 40 ans… Le Madjid d’avant ce départ a terriblement changé, a retrouvé les contours plus nets de sa personnalité de jeunesse, mais je crois aussi qu’il a renoncé à bien des illusions qui le nourrissait il y a peu encore… Qu’est ce qu’il est devenu réaliste, neutre, tout en ayant retrouvé des passions fortes dont il a rouvert le robinet qu’il avait fermé dans un réflexe de survie il y a presque 2 ans. Le débit est un peu incontrôlé, et je crois que c’est ce qui me fait déprimer. Mais bon, je laisse couler le débordement, le trop plein de depuis ma séroconverstion, et puis on verra bien. Je me tape encore de furieuses envies de suicide, mais je préfère encore en être conscient. Et puis je suis persuader que cette envie de mourir avec laquelle je vais devoir composer est un élement de vitalité : l’expérience existentialiste, c’est ça, se dire que de toute façon, quitte à mourir, il faut bien s’occuper un peu. Et me voilà qui me remets à écrire. J’aurais jamais cru pouvoir reprendre. J’ai arrêté ce travail il y a 4 ans, vidé après mon retour d’Angleterre, et puis voilà que j’ai de nouveau envie d’écrire, des personnages recommencent à m’habiter, ils vivent et je les nourris de mon expérience. Amusant.

Ma principale activité “extérieure” en ce moment, c’est aller à la piscine et me taper au moins 1 kilomètre de crowl. 4 à 5 fois par semaine. C’est pas mal. J’ai bien 5 kilos à perdre, je me disais ce matin, en mangeant des croissants. Ironique.

(Bah oui, moi, quand je déprime, je mange).

(Vu un gars qui nageait, à la piscine, visiblement séropo/sidéen en traitement, la gueule façonnée par les médicaments, bide proéminent, pas de cul bref le corp qui va avec les traitements, et, au fond de moi, un “ben mon vieux, t’as le droit d’accepter ça, pour moi, c’est non, je refuse !, et après, en nageant la terrible question, mais si je veux mourir, quel procédé employer… alors j’ai quitté la piscine, je suis rentré, déprimé, j’ai beaucoup mangé, ça fait du bien, et je me suis dit qu’il me manque vraiment quelque chose dans ma vie, pour avoir envie de vivre un truc pareil. Ecrire, et être aimé par quelqu’un que j’aime. Il me manque les 2, je suis vraiment vané ! Mais c’est pas grave, je suis loin d’être le seul dans ce cas, il parait que ça rassure. Moi, pour la première fois, ça me donne de l’ambition, sans m’empêcher d’avoir aussi une barre monumentale dans le bide, parce que j’attend de voir mon médecin, cet entrevue qui, jusqu’ici, m’a libéré de ma peur, pour quelques mois en tout cas. Vivement vendredi prochain).

J’écris ça, et puis je me dis “mais qui c’est qui peut bien lire un blog pareil ? J’ai un ami qui le lis, ça je le sais puisqu’il s’est plaint de ne rien lire de nouveau cette semaine. Il y a ceux qui tombent là dessus par hazard, après avoir regardé mes photos du Japon. Bonjour !

Ils doivent se dire, il est frappé, çui-là ! Iva pas bien, çui-là ! Eh ben, je vous remercie, mais en fait, quand je dis que je suis déprimé, il faut savoir que je fais parti des 50% de Français de plus de 35 ans qui ne prennent pas de tranquilisants, et des très rare qui n’en ont jamais pris, que je dors bien, que je fais même des fois de très beaux rêves. Que je suis analysé et que je sais donc parfaitement ce qui est “tolérable” au niveau de la dépression. Que j’écris ce journal pour être prêt à tout raconter, AUX AUTRES. C’est en effet une chose, se raconter soi, et ecrire POUR LES AUTRES. Un des défauts majeurs d’un grand nombre de romans contemporains, c’est cette impossibilité à aller très loin sans parler de soi. Moi, écrire un roman qui parle de moi, ça ne m’intéresse pas du tout. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai jamais “vraiment” écrit jusqu’à maintenant. Bref, il y a, pour moi, une différence profonde entre le fait d’exiter PAR la littérature (je sais enfin ce que j’aime chez Beauvoir depuis toujours, et ce côté, j’en suis très proche) et d’utiliser la littérature pour SE faire exister (l’auto-fiction). Je n’existe pas “en soi”, donc “me” raconter n’a aucun intérêt. En tout cas au niveau romanesque. Ecrire ce blog comme je le fais, en considérant qu’il s’agit d’une NON FICTION SUBJECTIVE m’intéresse beaucoup plus, c’est un bon exercice. Ce que je raconte est réel (non fiction), mais est forcément un réel filtré (subjectif). J’aimerai bien que quelqu’un pense un peu à moi en ce moment, je vous dirais pas qui ! Et puis je ne vous saoulerai pas avec ça parce que ce n’est pas vraiment intéressant. Subjectivité : si ça se trouve, vous préfèreriez lire ce genre de truc… Oh, mais si vous êtes un peu curieux, vous savez forcément de qui il s’agit.

Bon, il est midi. Sac vidé, je vais à la piscine. Demain sera plus calme, je pourrai un peu plus raconter de vécu et un peu moins d’états d’âme. Vous inquiétez pas, je ne vais pas me suicider, en tout cas pas encore. J’aime juste l’idée que ma vie dépend d’abord de ma volonté. JE NE SERAI JAMAIS UNE POV’ CONNE SIDEEN AVEC LE CORP ET LA GUEULE RAVAGEE PAR DES MEDICAMENTS DE MERDE. Désolé pour l’autre à la piscine, mais c’est comme ça que je l’ai pensé. Ma vie est à moi. J’en ai confié le soin au Cheval et à l’Arc en ciel. Quand j’ai eu compris ça, je me suis compris très profondément. Je suis revenu à moi à Kyoto parce que j’en ai eu envie. Alors je ne continuerai désormais que pour cette envie.
Mais alors, je vous raconte pas le boulot… mince….

J’ai pose une annonce / アナウンスを書きました

Petit problème avec le serveur qui, très lent, a mangé mon message. Boh, c’est pas bien grave, on peut toujours revenir dessus (ce que je fais d’ailleurs maintenant). Mais bon, puisque mon message a été mangé, autant en écrire un autre, d’autant que cela fait plus d’une semaine… Bon, en tout cas, la veille, j’avais passé une annonce sur un site gay japonais afin de me trouver quelques correspondants à qui écrire et à lire… mon mail Yahoo explose de réponses, de spam et de virus…

CADEAU

Ca y est, je l’ai fait! やりました!J’ai coupé mes… Et donc, maintenant, je suis…

hop
ou si vous préférez,

hop2

Pour rappel, j’étais

fini

C’est fantastique, ça me fait beaucoup de bien… Mais en ce moment, de toute façon, c’est bizarre, je ne ressens rien, et pour tout vous dire, je crois que je n’ai pas compris ce qui m’arrive. Je suis un fantôme… Je suis resté à Kyôto, c’est mon corp qui est rentré… 本当にいい感じをされた,そんな事に。。。京都にかえた時に,変な感じですけど。。。まだ行きたいな。。。ここに何をしているんだかと思います。。。

Bon, en fait, ce n’est pas vrai mais je me sens un peu vide, ici. Il y a plein de choses intéressantes à faire, mais je ne sais pas quel sens cela peut avoir…パリでは出来る面白い事がいっぱいですが,どんな意味ですか。。。 Allez, je blague, ça non plus, ce n’est pas vrai. ま,嘘ですけど。。。帰るために少し寂しいだけだと思います。。。 En fait, j’attends de repartir. まだ行くのを待っています。Mais je ne sais pas trop ce que cette attente représente. Paris me replait beaucoup, et j’y refais des photos.もう大好きなパリでは写真を沢山撮ります。

MAIS JE ME SENS SI LOIN… 心は京都まで,遠いだと思っています。。。

J’ai reçu des nouvel d’un ami pas vu depuis longtemps, je vous les livre tel quel. Son mail m’a fait plaisir. Je me dis que je sers à quelque chose, qu’on pense à moi…ブローグを読んだ友達はこのメールを送ってくりました:(フランス語だけ)

“Coucou, j’ai bien aimé tes petites chroniques bleutées sur fond noir parcourant les rues de Tokyo et Kyoto, tes petites envies de Paris. Ce matin au soleil levant j’ai débarqué d’un long métro en provenance de Créteil. Scoot crevé oblige. Petit recalage dans l’ordre des lève-tôt en début de ligne à redécouvrir le métro assis, fourré avec un bouquin sur le strapontin. Petite littérature qui étonnamment m’a rappelé à ton blog. Après tout, je trouve l’exercice rigolo. Cette poésie baladeuse et partageuse. Le genre de truc que je n’ai pas fait depuis longtemps. Coucher mes petites illuminations. De t’avoir lu m’aurait donc marqué puisque c’est à l’occasion de mon second émerveillement allumé dans la ville que je passe à l’acte. La dernière fois c’est parce que j’étais à la piscine, une de celle que tu m’avais conseillé et que je fréquente (rarement depuis). Château Landon. La tête enfouie dans l’eau à crawler et décharger rage, stress et restes de vitalité dans mes bras. Sentiment de puissance à tirer mes paumes chargées dans l’élément. Les lignes au fond, le bleu, les carreaux et ma tête en bouchon, emplie d’air, bonne proue bien ballastée. Quelques petites étudiantes en bout de ligne que je laissais dans le sillage d’une indifférence immergée. Niaiseuses, un seul petit regard fiévreux. Ambiance sportive expéditive entre 11h40 et 12h15. Et hop reparti plein ciel les cheveux humides sous le casque à reprendre Paris par les cornes, émerger le corps innervé à surfer dans les rues jusqu’à ma cage à lapin et mes boulots à domicile. Blablabla. Justement je m’y remets. Allez ciao, j’espère que ton retour se passe bien. Je passe le petit couplet devenu un peu caduc concernant la tentation du non à l’Europe. Je me serais bien amusé d’un tel débat avec les militants repentis que nous sommes devenus. Je passe aussi la lumière de l’aube redonnant des couleurs aux murs du centre ville et les patronnes fardées du Sentier qui fument leur clope au pas de leur boutique. Et le vélo bridé à son U qui s’est fait défourailler sa roue il y a des lunes et qui là me saute aux yeux pour me rappeler que mon deux-roues reste à quai. Mais voilà,  je redécouvre les joies de la marche à pied, ou les roulettes que tu n’aimes pas… bonhomme à casquette ! Tant pis pour toi !”

Eh oui, je n’aime pas le patin à roulettes !!!!

Bon, il fait beau, je vous quitte.いい天気なので,行ってきます。バイバイ!

Grisaille et bonne humeur

Ca y est, tout fini par arriver à qui sait attendre. Ma forme est revenue, je suis maintenant bien rentré dans ma “vie quotidienne”.
Hier, après avoir écrit sur ce blog, je suis allé à la piscine, ce qui me fait un grand bien :1,5 km de brasse et 150 m de crowl. Je sais, ça ne fait pas beaucoup de crowl, mais il faut y aller progressivement, le crowl fatigue. Moi, je nage non stop…
(ma piscine)

mapiscine

Je suis ensuite allé en bibliothèque renouveler mon inscription. J’ai pris L’INHUMAINE, de Marcel LHERBIER, un de mes films cultes où les fantasmes modernistes et architecturaux voisinent avec la cruauté et l’amour le plus tendre dans un rêve glacial. Un film graphique magnifique, l’architecture de Mallet-Stevens. Je vais proposer à mon ami Olivier de le regarder, nous en avons déjà beaucoup parlé.

Et puis,

Echo and the Bunnymen, une compilation. On ne rigole pas !

Antonio Vivaldi, La Stravaganza OP4; Arte dei Suonatori, Rachel Podger, Channel Classic, 2003

Antonio Vivaldi, La Tempesta di Mare, La Notte, La Follia…; Il Giardino Armonico, TELDEC, 1991/92

Françoise Hardy, “In Vogue”; Vogues 1987 (compilation 1961/68)

Barbara, La Dame Brune, 1967/68, “volume 6”, Phonogram 1992

Je suis vite repassé chez moi, il était 19h00 et j’ai filé retrouver Carlos. Nous sommes allé chez Kintaro, avons bavardé de plein de choses en mangeant – pour ma part un yakisoba et des gyoza. On est allé chez lui prendre un dernier verre, je suis rentré vers 3 heures du matin.

Je vais mieux. Je me suis levé vers 7h30 sans ma boule au ventre des jours passés. J’ai bien déjeuné, remis encore d’autres photos en lignes. C’est aux textes qu’il faut désormais que je pense. J’ai gardé tout en dedans pendant tant d’années, textes, photos, idées, sentiments qu’en moi aujourd’hui brûle le désir de rattrapper ce temps, de me dévoiler sans penser à de quelquonques conséquences. Elles ne m’atteignent plus.

Et ainsi, ayant retrouver cet état d’esprit conquérent d’avant ma contamination, se repose la question de la longueur de mes cheveux. Je coupe, ou pas ?

cheveux

Fondamental, non ? Bon, c’est l’heure de nager. Ah, sinon, j’ai beaucoup photographié hier soir en rentrant. Mon nouveau pied, léger, est très pratique. Ah oui, aujourd’hui c’est le “1er décembre”. A Beaubourg, il va encore y avoir cette kermesse pathétique de l’autre jour.

Prise de sang et de photos (zeugme)

Ce matin mardi, prise de sang ! Youpiiiii !

Je suis sorti de chez moi vers 9 heures

9hdumat

puis j’ai pris le métro,

metro

et le RER dont j’ai bien fini par sortir…

rersortie

Il y a d’abord eu la salle d’attente car il y avait une petite intervention en cabinet d’infirmières,

attente

mais j’ai vite été reçu

hosto

dans cette petite pièce annexe. Hélas, Marlène (je crois me souvenir que c’est son prénom, a oublié un tube, il a donc fallu repiquer, mais cette fois au local des infirmières,

sang

Tout est bien qui fini bien, je ne suis toujours pas mort, ouf

fini

J’ai marché jusque Les Halles, fait plein de photos que j’ai donné à développer au Photo Service des Champs Elysées. Là, une terrasse et des photos encore. Il faisait très beau…

terrasse

Je suis rentré, il devait être 14. J’ai reçu un SMS de “l’Autre” (ça me gène de dire son nom ici, et puis j’aime bien dire qu’il est l’Autre… Beauvoir, peut être). Ca m’a fait plaisir même si la teneur était un peu ésotérique…

Qu’est ce que tout est compliqué, alors…

Bon, je vais à la piscine.

C’est joli, Paris…

… même quand on a le mal de vivre que je ressens aujourd’hui… et qui me file de ces envies de chialer… boooouuuuh…
L’Autre, il m’a envoyé des SMS pas chaleureux du tout… pas facile. Mais je suis content, j’ai achevé une première mouture de mon site qui me plait bien.
Allez, cadeau!

bistrot

C’est vraiment joli, Paris. Et il va falloir que j’apprenne aussi, comme à Kyoto, à être seul, à m’y promener seul, à y trouver un intérêt en soi, pour moi seul. Je comptais un peu sur lui, oh en copain m’aurait bien suffit ;-), pour trouver un peu de sens. Je ne sais pas, j’ai du me montrer un peu sec lundi dernier -la fatigue, et puis mon humour des fois cassants, avec les 3 tonnes de café… J’étais pourtant très heureux de le retrouver. Il avait d’ailleurs lui même l’air content, puisqu’il s’était empressé de me répondre.

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Et puis depuis, c’est comme s’il avait voulu m’éviter. Est-ce une impression ? La réalité ? La fatigue, l’approche de mes examens… Je sais plus trop.
Rigolo, écrire ça sur un blog. Vous lirez ces lignes que je serai passé à autre chose. Enfin, je l’espère… Promenade, l’après-midi,
Ah, pas été à la piscine le soir : il y avait une manif pro-palestinienne devant chez moi… Déprimé, je voulais pas ressortir et me retrouver nez à nez avec la manifestation et les CRS. Eu des nouvelles de Carlos. Pris un verre au Marly cet après midi avec Alain, un café pêteux et surfait. Mais être à côté du Louvres, c’est sympa. Et puis marché 5 minutes avec une jeune provinciale perdue qui recherchait son chemin.

Et c’est lundi, et demain…

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Pas la forme, demain, j’ai des examens… Ras le bol… Je me sens fatigué, bien sûr… et l’autre qui me téléphone pas… Mais pourquoi je me prends la tête comme ça pour quelqu’un qui s’intéresse pas à moi. Franchement…

Eté à la piscine encore hier. Ca me fait du bien…

Ce matin, courses de bonne heure au Monoprix. Alors que je prends la “Carte Monoprix”, je constate :

monop

Il y a une carte principale : un homme. Et 3 mini cartes, femmes et enfants… Intéressant, non ?

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