Posts by "Madjid Ben Chikh" — Page 78

Un mardi ordinaire dans une vie ordinaire

Je suis allé chercher mes résultats médicaux hier soir. Voilà ce que j’en ai dit à Nicolas par mail ce matin :
“Je suis allé chercher mes résultats hier soir au laboratoire. Je suis très embêté, et je pense que mon toubib lui-même va l’être, pour des raisons différentes, bien sûr. Moi, je pense juste à ma réservation d’avion que je voulais confirmer cette semaine, puisque j’ai découvert que je peux avoir une subvention de 450 EUR par Manpower sur le billet d’avion (mais budget du CE limité —> urgence!).
Résultats contradictoires. Le bilan sangain continue globalement sa stabilisation, côté composition sanguine. Aucune tare du système immunitère n’est décelée. Ouf, pas de leucôme en vue. (ouaf ouaf ouaf, après le coup de la pneumonie…)
CD4 :470 environ, soit un comptage de 130 de plus que le mois dernier, et un nombre identique qu’à ma première analyse.
Charge virale (on se cramponne) : 500 710 ! Je crois me souvenir que ça fait 5.7 log. J’avoue que je pige pas, c’est un résultat contradictoire, et de plus je n’ai pas de sueur la nuit… Au contraire, je me sens même aussi bien qu’avant la contamination : je dors moins de 7 heures par nuit sans être crevé, j’ai plutôt retrouvé beaucoup de pêche.
Bref, je pense qu’il y a une autre analyse rapide à venir. multiplié par 10, ça fait beaucoup.
Ca me fait royalement chier… d’autant que j’y crois pas, c’est le contraire que je ressens. Je trouve que mon taux de T4 reflète plus ce que je ressens.
J’achète le billet, or not ???? J’en ai ras le bol.”
Mes préoccupations sont très matérielles, comme on dit. Mais comme je ne connais pas de divinité(s) pour mettre de la transcendance à mes actes, je ne vois pas très bien quel peut être le sens de ma vie si… je suis empêché de vivre.
C’est Sartre, c’est Bouddha qui ont raison (il faudra d’ailleurs que le lise un essais de ce philosophe de l’école de Kyôto, professeur de Sartres rue d’Ulm). Il y a la vie, en soi, qui en elle même n’a aucun sens, aucune finalité, aucun but, aucune transcendance, seulement une évolution de la matière de l’inanimé vers l’animé, une croissance, une décroissance, puis un retour à l’inanimé, avec la conséquence directe de ce type de matière “vivante” : le pourrissement.
Le problème (cerné par Bouddha comme par Sartre), c’est ce qu’il y a dans la phase animée, dite “vie”. Les relations avec les autres, les obligations sociales, les désirs et la frustration, le bonheur et la souffrance, les buts que l’on se donne, les réalisations, ce que l’on apporte à “l’inutilité” des autres, et ce que les autres apportent à notre propre “inutilité”. L’amour, l’amitié, la lutte, l’entraide, le soutien et la haine, l’écoute et l’indifférence.
A quoi ça me sers de vivre si je ne peux réaliser ce que je souhaite ?
Hier soir, j’ai pour la première fois depuis 5 ans failli ouvrir mon traitement de texte pour écrire vraiment. Ca fait une semaine que ça me taraude… Je vais finir par m’y remettre. Je ne l’ai toutefois pas fait, je pense que je dois d’abord finir par mettre en lignes textes, photos, etc… Ma partie “conseils” pour aller au Japon est terminée. Je n’ai plus qu’à ajouter des scans de trucs ramenés de mes voyages : menus, prospectus, livrets de temples…
J’ai regardé Pink TV en mettant mon site à jour, une soirée sur les boîtes, les parties, la drogue et le relapse. Ils sont quand même jolis, tous ces joujous bodybuildés qui dansent sur de la soupe surractivée aux nouvelles technologies… L’émission était toutefois d’une platitude effrayante. Je n’aime pas les émissions. Le reportage -américain- se suffisait. Surtout que, comme on sait, au Pays des Gays, tout le monde il est super méga gentil… Cachez moi ces mots qui fachent!
Il y a eu Queer as Folk, et là j’ai arrêté de m’occuper de mon site. Je me suis couché à 01 heure du matin. J’adore cette série.
Et puis c’est mardi aujourd’hui, je n’ai pas maigris, j’ai des résultats drôlement contradictoires et un avion à prendre dans 2 mois, je me suis trouvé une gaijin house à Osaka…
Je crois que je vais quand même faire ma résa, avec option annul’, au cas où. Mais en fait ça me fait ROYALEMENT CHIER, CETTE HISTOIRE.
On attend notre nouveau premier ministre…

Quelle victoire ! ???? ! ! ! ?…

Ben voilà, le Traité instituant une Constitution pour l’Europe a été rejeté à près de 55%. On a l’air frais… c’est la France qui l’avait proposé…
Nous allons nous retrouver désormais entre nous, “le plus beau pays du monde, parce que c’est nous qui le dit”. Mercredi, les Pays Bas aussi, le rejetteront, mais Buffet, Besancenot ou Erzatz (le simili Mittérand du Grand-Quevilly) nous diront que leur NON et celui des Hollandais n’est pas le même quand De Villiers et Le Pen exulteront. Quand à la Pologne et son rejet certain, il sera salué par le Vatican…
On a l’air frais… Comme par hazard, Paris a voté le texte à 60%. On le veut, nous l’air du large, la vitesse du monde, la sensation d’exister dans un monde cosmopolite de circulation des hommes et des richesses. Alors, on le voulait, ce texte, pour prouver que nous étions les leaders de ce nouveau cosmopolitisme urbain et planétaire. Nous revoilà coincés entre nous, dans les les expressions idéologiques les plus crétines, les plus archaïques et les plus repliées sur soi, frileuses.
Ce matin, les Chinois ont levé les taxes qu’ils disaient mettre sur leurs exportations. Joli pied de nez !
On a l’air frais.
Je pèse de nouveau 78.5. C’est encore beaucoup, mais c’est mieux que les 83 de la semaine dernière. Je suis passé samedi après midi chez Stéphane, terrasse, bavardages, soirée agréable en attendant l’été. Il a fait un temps magnifique. Le résultat c’est que, ne voyant pas l’heure, c’est à 22 heures que je me suis apperçu qu’il était cette heure là, or, j’avais rendez vous à 20 heures 30. Je suis un peu embêté… C’est la vie.
J’ai écrit un mail à monsieur Sampy vendredi après midi.
Je vais mettre le CE Manpower à contribution pour mon billet d’avion. Ils m’on bloqué 610 EUR de contribution ! EUR 250 un billet pour le Japon, c’est sympa…
Demain matin, je vais chercher mes résultats au laboratoire. Je DOIS savoir avant de réserver…

Beau temps sur Paris

“Couleurs sur Paris, la la la
Il est temps de changer, la la la la la”
Ciel bleu, plus de 33°, voici un avant goût d’été. Ca met de bonne humeur. Cette nuit, je n’ai dormi qu’avec un drap sur le corp, c’est très agréable…
Difficile de travailler en ces conditions, malgré la climatisation qui tourne à plein régime.
Le régime justement. Ai perdu 3 kilos. Je suis toujours aussi gras, mais la bataille est engagée. Le midi, c’est super, je n’ai pas besoin d’aller à la cantine, et je profite du soleil.
Avant de me coucher, hier soir, ai regarder le quatrième épisode de Engine, avec Koyuki et Kimura Tatsuya. Il devait être facilement 00 h 30 quand j’ai commencé, bref, je suis crevé. C’est qu’avant, entre 18 h et 19 h j’avais fait une sieste, applati par la chaleur, et qu’après j’étais en pleine forme. A la télévision un débat avec, on se cramponne :
Non-Besancenot : il parle simple, ça change, mais sur le fond, on dirait une Laguiller socialiste. C’est la ligue, quoi…
Non-De Villiers : menteur et manipulateur, réactionnaire, très chrétien (la Turquie, sa bête noire), se vantant du futur NON néerlandais (là bas, c’est clairement un NON anti musulman qui se prépare…).
Non-Buffet : très polie et courtoise, mais je la trouve limite quand elle parle de la liberté des peuples. On aimerait l’entendre nous dire que son parti y a été peu sensible dans le passé. Mais elle passe bien.
Non-Le Pen : y’a rien à faire, chez les femmes ça passe mieux. La facho et la stal, la mère de famille et la syndicaliste. Si c’était un hommes, on ouvrirait les yeux. Sûr!
Oui-Strauss Kahn : fidèle à lui-même, assez langue de bois parfois, professoral et peu intéressant. Le Parti socialiste, quoi. Il est pour les impôts…
Oui-Barnier : charisme zéro, un pur produit du Pompidolo-chiraquisme. Fade, plat mais expert, spécialisé sur les questions : il y était ! A part ça, n’a rien à dire. Bref, le ministre des relations extérieures de la France. Fade. Inexistant. Mais il s’y connait, c’est marqué dessus.
Oui-Cohen Bendit : brillant et sincère, passionné, il est l’homme politique en lequel je me reconnais le plus. Un Rocard pas sage, un Mendès brouillon, mais avant tout un Rocard, un Mendès. Fin, subtile et convaincu, sachant où sont les compromis acceptables, ceux qui permettent de nouvelles conquètes. Mendès, la morale en République et l’action, Rocard le socialisme possible et l’autonomie, Cohen Bendit la synthèse démocratique et l’Europe. Que les autres aillent se coucher, avec leurs fiches de lecture, leurs congrès et leur analphabétisme de petits bourgeois, leur pensée conforme.
Oui-Bayrou : on voit dans ces yeux qu’il a une admiration certaine pour Cohen Bendit, pour sa fougue européenne, et même aussi pour ses débordement. Il a même fait du Cohen Bendit en s’opposant à Marine, en lui clouant le bec. Etonnat monde où Besancenot, lui, invective Cohen Bendit et Strauss Kahn mais laisse parler Marine Le Pen. Dommage que Bayrou n’aille pas au bout de ses conviction. Rompre avec la droite et créer un pôle au centre avec pour idée centrale l’Europe Fédérale. Dommage.
Arlette Chabot a démontre qu’elle était mieux dans son émission médicale de merde du lundi soir à 23 heures, qu’elle est nulle, et qu’elle correspond bien à l’époque de la politicaillerie à 2 balle des autres campagnes.
Je m’apprête à voter OUI, mais je ne peux m’empêcher d’être heureux de la victoire du NON, finalement. Si c’est là où nous en sommes, allons y.

Soleil

C’est enfin l’été. Comme je ne suis pas allé à la cantine, je suis allé lire un peu dans le parc de Montmartre. Comme c’est agréable, ce solei. Comme c’est agréable, cette chaleur. Et comme Augustin Berques raconte bien le Japon.

Allez, au régime, et que ça saute!

Le moment est enfin venu, mon corp m’a donné des signaux très clairs. Mon corp est en mesure de perdre du poids. Et n’a enfin plus besoin d’en prendre. Je crois que j’ai eu une envie non assumée de relâcher, de plus me prendre la tête à quelque niveau que ce soit. Et ce depuis ce voyage en 2003. Comme je me trouve beau sur les photos, et mince, et radieux… J’en suis boulversé, de me voir ainsi. J’ai l’impression de voir un être corsté de partout, cerné, cassé en dedans. Je crois n’avoir de toute ma vie jamais été aussi malheureux au fond que cette année là. Etre contaminé par le VIH, à mon âge, était une idée inacceptable. Sentiment de ne pas l’avoir demandé, cette “agression” (j’ai toujours protégé mes rapports depuis très longtemps). Refus de me sentir coupable, car je ne vois pas ce qu’il y a de mal à aimer le sexe, à aimer aussi le sexe anonyme, d’un soir ou d’un moment. Les contamineurs sont, finalement, des croyants refoulés, des gens qui voient le mal partout, à commencer pour eux même.
Je regarde ces photos et je peine à croire qu’il s’agit bien de moi, et je sais que si, mais je connais le drame qui se joue derrière ce visage radieux et souriant. Et je crois que j’ai eu besoin de tout relâcher. Partir au Japon sur un coup de tête à peine revenu l’hivers dernier. Et jeter mon argent par les fenêtres en sortant avec un con, et jouer aussi à l’amoureux. Et puis revenir travailler au même endroit, tellement pratique, cette abdication devant toute ambition. Et puis manger parce que j’en avais envie, du chocolat, des gateaux. Me faire plaisir, me bercer d’illusions -le goût d’un aliment est principalement une illusion, quand on grignotte et qu’on fringale. Collectionner les envies, les satisfaire mais m’éloigner de la satisfaction de moi-même. Grossir, me ramolir. Prendre le visage de ma propre résignation. Je me regarde dans une glace, les autres me regardent et il est enfin visible, cet homme de 40 ans ramoli et avachis. Abattu. Battu.
Je suis enfin satisfait de moi. Je peux reperdre ce poids. Je peux enfin reconquérir l’espace perdu depuis plus de 2 ans, je peux même en gagner encore plus, l’espace vers les autres, cet espace lui aussi oublié.
J’ai commencé un régime ce matin même. Je pèse 83 kilos, ma musculature s’est évanouie, mes épaules avachies ont des rêves de crowl. Mais finalement, ça va, avec moi-même. Je repars au Japon en septembre. Si je dois commencer un traîtement, on attendra mon retour.
Hier, j’ai marché dans la rue sans rentrer le ventre, et je me suis trouvé drôle. Ce qui est bien, quand on est gros, c’est qu’on a un peu un physique de gamin. J’assume. Je reviendrai sur cette expérience quand j’aurai de nouveau un corp d’adulte, et que je sourirai parce que ça me rend beau, pas parce que je me sens obligé de sourire. Etrange expérience… Je m’aime de nouveau. J’ai plus faim, je suis gavé, je ne veux pas me rendre malade, je suis rassasié, et c’est bon, j’ai digéré. Je peux recommencer à vivre…
Mon site est de nouveau en ligne, j’ai restructuré tout ça, qu’est ce que ça prend comme temps, alors, et ce n’est pas terminé, en plus.
Je retrouve de vieux texte (à mettre en ligne), j’ai de nouveau envie de raconter, écrire (d’où mon retour sur ce blog) et ce, sans être à Kyôto. Ouf…
Bon, je m’arrête ici sur mon “point personnel”, et je verrai si je dois revenir ici pour parler d’autre chose.
15 kilos à perdre… Quel con!

Pause

Je suis assis devant mon ordinateur Windows NT de chez Dell, au travail. dehors, le temps est à l’éclaircie, même s’il faut encore le souhaiter très fort. Aujourd’hui est pleine lune.
Fatigué. Je suis passé chez Stéphane hier après-midi, je suis rentré assez tard, on a fini la soirée en regardant Lost in Translation. Pas un chef d’oeuvre du tout, mais un film qui se regarde, des moments sympa et des personnages agréables. Je regrette que ce n’ait pas été la version originale : les Japonais parlent trop bien français, dans la version doublée. J’ai cru comprendre que l’intérêt du film réside entre autre dans l’incapacité des Japonais à parler anglais… En tout cas, c’est un Japon que je connais peu, celui des occidentaux “people” et des hommes d’affaire qui ne fréquentent que les endroits qui leurs sont réservés. Même cette fille, pourtant plutôt sympa, se retrouve piègée dans un zoo à touristes homologué “gaijin”/外人. Sofia Copola sous entend qu’il existe d’autres endroits au travers de la petite escapade de nuit. A mon avis, toutefois, l’exercice est trop facile mais à l’arrivée,ça se regarde bien.
Eté voir le spectacle GRINDER MAN à la MCJP/パリ日本文化か会館. 5 hommes en costumes, une histoire et un cube sur la tête qui font penser aux Residents et au Mole Show de 1982. C’est drôle, il y a des vidéos et de la techno. J’ai trouvé ça sympa, bien vu mais, puisque la brochure parlait de MAIWA DENKI, je n’ai pas retrouvé le jusqu’auboutisme ou la poêsie de l’absurde de MAIWA. Cela étant, ils ne sont ensemble que depuis 1997, et il y a suffisament d’idées pour approfondir. J’ai parfois beaucoup rit (le tuyau qui tire des balles de golf, phallus déréglé de l’ère cyber… du géant (car c’est une histoire de géant seul qui décide de se reproduire).
Vu Alain samedi en soirée, sommes allés manger un très bon couscous marocain vers la place du Marché Saint-Honoré. C’est pas avec ça que je commencerai à perdre du poids… Quelle idée, laisser la balance monter comme ça… Mais bon, c’est mieux qu’une dépression nerveuse !
Laurent Fabius constitue sa majorité présidentielle. Avec Bové, Buffet et Besancenot. Faudra pas qu’ils viennent se plaindre quand il privatisera la Tour Effeil (Sarkosy lui aura pas laissé grand chose de public, faut dire…). Ce référendum a en tout cas la vertue de rendre au Français son goût pour la politique… Ca n’empêchera pas le NON de passer, mais ce sera toujours ça de pris.
J’attends la réponse de NOVA avec une certaine impatience… Ou mes vacances, c’est au choix. En attendant, j’ai passé un certain temps à recréer des albums photos sur internet, à recréer un vrai site. Il y en a, à uploader… Ma pièce de théatre, relookée, est pas mal, et en tout cas je me suis mieux débrouillé que l’éditeur…
Bon, je passe. Quel week end, alors… Ah oui, vu Yoshinobu comme chaque samedi. Il sera à Oosaka quand j’arriverai. J’aime bien rencontrer des gens au bout du monde.
Takeshi rejoint, lui, les albums photos, au milieu d’autres images…

Vacances en vue

Ouf, j’ai pu poser mes vacances aux dates prévues. Hormi le cas où mon bilan sangain ne le permettrait pas (chute dramatique des CD4 et envolée de la charge virale), et en excluant l’hypothèse d’un (possible) départ fin août pour enseigner chez NOVA (j’attends la réponse à ce sujet), je m’envole à bord d’un vol AIR FRANCE le samedi 27 août à 13h05. Ouf ! Bien sûr, c’est un vol JAL-AIR FRANCE donc je continue à “fidéliser” avec JAL/日本航空.
Je rêve de revoyager avec ANA. Ses hôtesses jeunes, toujours souriantes et élégantes, attentives et nombreuses.楽しい! Ca, je me le réserve si je pars travailler là-bas. J’aurai ainsi le plaisir d’être au Japon dès l’embarquement, odeurs comprises dès la distribution des amuses bouches, quand on fait “pêter la cahouète” (c’est comme ça que je le ressens, ce moment où les hotesses, après avoir ôté leur veste et leur foulard, distribuent les linges chauds et qu’une odeur de ships, cacahouètes et autres s’élève dans l’air sec et confiné de l’avion, accompagnés de leur bières et leurs whisky, jus de fruits et thé vert “sensha” / 煎茶(sur JAL, il faut demander, et c’est vraiment lamentable…). Dès ce moment là, l’hôtesse ANA démontre sa très grande supériorité : organisée et attentive, et fidèle, car elle nous accompagne tout le long du vol… L’hotesse JAL, elle, a de fortes chances de passer son temps à courir, à être anglaise 5 minutes, Japonaise pendant une heure et redevenir soudain Japonaise. Ainsi, on m’a à chaque fois servi du sucre avec mon café… Nul, non ? J’en veux pas, moi, de sucre ! J’avoue toutefois avoir eu une fois un excellent service avec JAL, et une hotesse Anglaise très sympathique qui a compris que je ne sucrais pas mon café. Mais bon, à chaque fois avec ANA, la même hôtesse s’est occupée de la rangée, c’est ça, le service.
AIR FRANCE, c’est un autre genre. C’est “copain”, service tranquille, pas pressé mais élégant, attentionné. Un côté “charme discret” pas désagréable du tout…
Je pars et je reviens avec AIR FRANCE.
J’arrive le dimanche 28 août vers 8 heures du matin au “Nouvel aéroport international du Kansai” /新国際関西空港. Bref, à Oosaka /大阪. Il fera certainement super chaud et méga humide… Je me dirigerai vers la station de train et j’irai jusque Oosaka même où se trouvra mon hôtel. Le défi commencera alors, il me faudra tenir jusque vers 22/23 heures minimum. C’est que si mon heure d’arrivée, 8 heures, correspondra finalement à 1 heure du matin (fastoooooch’), je ne raconte pas la nuit blanche quand je me coucherai vers 23 heures (soit 16 heures)… Mais, bon, jusque 11 heures du matin, il y aura la sortie, les bagages et douane, le train, le check-in et l’installation dans la chambre… Ce sera l’heure de sortir voir comment s’habillent les filles de Dotonbori / ドトンボリ. De manger yakisoba / 焼きそば. Accompagnée d’une pression bien fraîche “nama biiru”/生ビール… etc etc. Ce sera un dimanche, ce sera facile de me glisser dans la nonchalanche d’Oosaka… Le reste, j’en sais rien, et c’est justement la principale raison pour laquelle c’est à Oosaka que je me rends. La surprise.
Une ville moche, en béton, en fouilli, entassée sur elle même, et qui s’étale en une infinité de maisons pour finir dans la mer ou la campagne, vers Nara/奈良, vers Kyouto/京都, vers Ise/伊勢.
Un mois dans le Kansai à nouveau, jusqu’au 25 septembre où il faudra en partir…
Impatience.
Son de la langue.
Yakisoba/焼きそば. Namabiru/生ビール. Okonomiyaki/お好み焼き. Tenzaru/天ざる. Dotonbori/ドトンボリ. Pekochan/ペコちゃん…
Dans deux semaines le référendum. Un plateau télé de rêve. Les sourires rayonnants de Le Pen, Buffet, Besanceneau et Villiers sous l’oeil bienveillant de Charles Pasqua. La France que j’aime… Un cauchemard qui ne veut pas finir et dont le peuple est à la fois acteur, bourreau et sacrifié. Une fantastique fresque historique grandeur nature, en live, en Eurovision et en Mondovision. La fin de notre espoir de voir ce pays s’ouvrir enfin aux vents du monde, à leur tendre les bras et à en faire le sens même de son existance. La France, une nouvelle New York avec la Tour Eiffel pour centre, là où ces vents tournent et s’enroulent en nous abreuvant de leur énergie, faisant de nous le Centre d’un monde libre, démocratique et affamé d’Egalité, de Culture et de curiosité, Cosmopolite et prospère…
NON, il faudra d’abord “se protéger des”, “ne pas être une passoir”, être “social”. La voilà, la “grève des mineurs” à la Française, le dernier chant du cygne du gauchisme français, celui qui va installer définitivement la droite au pouvoir, libérée enfin de la “contrainte bureaucratique” de Bruxelles. Vive les chasseurs, Pan, pan! Non à la Turquie, et Toc! Vive le modèle social à la Française, avec ses chômeurs, ses pauvres! Allez, reproduisons nous bien entre nous, regardons nous bien le nombril, sautons-le, baisons le bien, clônons le bien, on est les plus beaux et on sera les meilleurs, c’est marqué dessus depuis Jeanne d’Arc. Vive Marie Georges Buffet, la Madonne de la vraie liberté et du super social, ses “camarades solidaires” de la Révolution Coréenne résistante à l’impérialisme Américain… Et vive le Grand Camarade Besanceneau, et vive la lutte finale des travailleurs internationalistes français qui se protègent de la concurrence déloyale et du dumping social… Et vive Mélanchon… Et vive cette bande de cons avec leurs tronche de journal de 20 heures un dimanche de mai où l’on aurait aimé célébrer notre amitié pour Pedro, Maria, Jorg, Martina, Ketty ou Bronislav, Karima, Fatou et Ismir, leurs tronche de France de merde où on étouffe, leurs tronche de victoire Lepéniste.
On est coincés.
Mais qu’est-ce qu’on a fait pour mériter un pays pareil…
Ils vont penser quoi, à l’étranger, quand ils entendront Le Pen dire que “La France s’est éveillée”, avant que la responsable du dernier Parti Communiste ne nous dise que “la liberté a triomphé”…
Ils vont nous prendre pour des malades. Et ils auront bien raison.
Je suis dégouté.
Je veux partir au Japon.

ATONIE

Ce matin. 9 heures 15. Métro Parisien, Strasbourg Saint Denis, le quai, direction Clignancourt. Des Japonais, plein de Japonais et de Japonaises. Garçons décolorés roux ou brun, cheveux brushés permanentés mi-longs, costumes noirs flous et sans rigueur. Filles décolorées rousses ou brunes permanentées, cheveux longs gonflés en chignons sans rigueur, maquillage, tenues sobres. sac à l’épaule ou à bout de bras. Hommes plus agés, l’un avec un appareil photo, l’autre avec une caméra vidéo.
Je passe, nous rentrons dans le wagon. Je m’assied.
Visages rassurants autours de moi, langue famillière, attitudes connues. La main devant la bouche quand on parle en riant. Les costumes “mal portés”, comme trop grands, purement formels. Les sacs de cadeaux “omiage”. La très grande décontraction sur les sièges.
Gare du Nord. Ils sortent.
Tronches d’occidentaux faussement rigoureux. Regards presques délivrés de mes voisins, “mais qui c’étaient, ces envahisseurs”.
Et soudain évidence. Je veux plus être ici. Je me sens bien qu’entouré de “ces gens là”. Je me sens en sécurité. Ca me donne envie de fermer les yeux. De m’endormir tranquilement en attendant ma destination…
Je comprends les immigrés, les sentiments d'”étranger”. Regarder autours. Ne pas sentir rassuré, en familiarité.

Je comprends mon atonie. Mon manque d’investissement en quoi que ce soit. En qui que ce soit.
Je ne pense pas que les Japonais sont beaux.
Je me sens familier au milieux de leurs gestes. “Moi?”, dis la jeune fille en pointant l’index vers son nez. “Oh, non, non”, répond le garçon en levant la main et en la secouant un peu. “Après vous”, dit le monsieur en se courbant un peu, une main désignant une direction. “Non non, allez y”, répond la dame en se courbant un peu plus, un sourire discret sur le visage. Les jeunes, eux, passent, en vrac. Le sac à commission sur l’épaule d’un garçon, la fille regarde son portable, ils avancent, les pieds toujours légèrement tournés vers l’intérieur. Le T-shirt Marcel rayé pendouille sur le T-shirt violet du dessous, trop long, la chemise flotte au dessus, une veste noir en coton encore au dessus. trop grande.
Une autre esthétique.

A Paris, énergie zéro. Déprime. Les murs bouchent l’horizon.

Je vais avoir 40 ans en septembre.
Je ne me vois plus, je ne me sens plus, je ne me désire plus, je ne me conçois plus que dans la grande tranquilité japonaise.
Aucune décision que je ne puisse prendre sans repenser à cela.
Je suis suspendu à un bilan de santé. Est-ce qu’il sera comme-ci, est-ce qu’il sera comme ça.

L’ennui, c’est que je ne crois en aucun dieu, et que je n’accorde aucune valeur au très catholique “courage”.
Comme il a du courage, ce malade, d’affronter ainsi sa maladie. Il a perdu 40 kilos, est sous assistance respiratoire mais il n’a pas perdu l’espoir.

L’espoir de quoi ?

L’espoir de faire quoi ?

D’attendre sa fin la plus lointaine possible ?

La chaleur humide du Kansai. La lumière particulière de Kyoto. La verdure luxuriante. Un temple quelquonque, une marche dans un sanctuaire. Le temps peut bien s’arrêter, ce n’est pas grave, le moment est parfait…

Je n’ai rien, je n’ai personne qui me retienne ici. Rien. Que du travail. Que des rendez vous chez un médecin. Qu’une “raison” inspirée de considérations vagues. Prendre “un jour” des médicaments. Puis passer des examens. Trouver un autre travail.
Prendre des vacances.

J’ai lu à plusieurs reprises qu’il y a beaucoup de suicides chez les séropositifs (documentation Terence Higgins Trust, GB, trouvable dans n’importe quel bar. En France, nul part, le sujet étant visiblement tabou. En France, on peut téléphoner à SIS “pour en parler”).
Ca ne m’étonne pas. C’est naturel. Le vieil éléphant, le vieux lion, la vieille antilope, tous les animaux sentant leur fin se laissent mourir. C’est tout à fait naturel. Tout aussi naturel que l’acharnement à vivre, à durer le plus longtemps.
Mais c’est quoi, ce qui est humain ?
Ce qui fait la part des choses.
Ca sert à quoi, vivre, “en soi” ?
A rien… Et c’est bien le problème… Je ne “crois pas” en un dieu, pas plus qu’en des “traitements” s’ils ne servent qu’à reculer une échéance, sans éviter la déchéance de ce qui fait l’humain, la capacité de (se) choisir.
Moi, je n’ai pas choisi de vivre, et ce qui me fait vivre est extrèmement limité.

Je vais voir mon médecin dans 3 semaines.
Selon les résultats, que devrais-je choisir ?
Une pulsion sourde au fond de moi me dit qu’elle s’en moque. Une pulsion sourde me dit que si ma vie doit être :
traitement
suivi médical mensuel pendant 6 mois minimum
petits problèmes d’ajustement du traitement pendant un an
fatigues, insomnies dues aux traitements, anémie, pertes d’appétit
donc impossibilité de prendre un long congé pour cause de suivi rapproché
donc retour de l’instabilité professionelle, financière
donc impossibilité de prendre un long congé au Japon pour raison financière
quand tout est stabilisé, vers 41 ans
modification de la composition sanguine
suivis rapprochés
etc

Une pulsion sourde me dit que si ma vie doit être celle là… Est-ce que je ferais pas mieux d’en profiter un bon coup ?
J’attends un avis de NOVA France.
Selon les résultats, que devrais-je choisir ?
Une pulsion sourde au fond de moi me dit “pourquoi pas”. Une pulsion sourde dit que si ma vie doit être :
Départ
contrat d’un an, durée hebdomadaire de 35 heures
probabilité statistique avant les premières maladies opportunistes 2 ans (moins de 200 T4, etc)
voyage dans le Kansai, à Hokkaidô
la chaleur moîte de Kyôto, les fugues vers Kyûshû
quelques visites chez le médecins en attendant que ça ne bascule

Et après on voit venir.
Revenir sur un brancard, c’est vivre.
Attendre à Paris entre 2 brancards, je ne pourrai jamais faire. C’est ça, mourir.

Comme c’est compliqué, avoir à choisir.
Derrière se glissent d’autres choix encore.

Je suis atone depuis 2 ans. Je ne conçois même pas de me dire l’an prochain, je suis atone depuis 3 ans.
Pas possible, pas concevable.
Un psy ne m’aidera pas. C’est à moi seul désormais d’ouvrir une brèche et de m’y glisser.
Mais qu’est ce que c’est dur… de réaliser ce que l’on sait devoir / vouloir faire.

Mais tout plutôt que l’atonie.

Chronique du désastre / du temps qui passe

La percée du NON dans ce référendum est un symptome. Chacun y va de son objection, très souvent légitime, certains expriment même un ras-le-bol très compréhensible à l’égart du hold up électoral dont nous avons été victimes il y a près de 3 ans…
Bien.
Mais alors, que se passera t’il au lendemain du scrutin ?
Ces opposants tiendront ils enfin la promesse faite il y a 3 ans lors de la grande farce de mai 2002, à savoir faire enfin de la politique, cette fois, à l’échelon européen et sur des questions européennes ? Ou bien retourneront ils à leurs habitudes, leurs indignations pépères devant leur poste de TV, tout justes bonnes en quelques spasmes à les conduire à dire NON une fois par-ci une fois par là. Et de remettre ça jusque la prochaine fois…
Il faut dire que les partisans les plus médiatisés du OUI ne brillent guère par leur ardeur. D’ailleurs, il a fallu ce référendum pour qu’ils nous parlent de l’Europe. Aucun n’avouera que la loi qui institue une Haute Autorité contre les Discriminations est l’application – à minima – d’une directive Européenne. Que les lois sur la parité, la mixité des emplois et les droits des femmes découlent de circulaires Européennes des années 70 et que bien souvent, femmes, immigrés ou homosexuels déboutés de leur droit en France se tournent vers la Haute Cours de Justice Européenne pour voir reconnaître leur droit. Il en sera ainsi pour les mariés de Bègles. Quand à la chasse, aux licenciements de type MétalEurope, c’est là encore la cours Européenne qui en donne le plus.
Une Cours Européenne qui se voit adjointe une déclaration des droits à caractère constitutionnel sera ainsi plus forte.
Alors, aux partisans d’un NON de gauche, je pose la question: pour obtenir “mieux”, avec qui, comment, quand, quels etats et quels gouvernements et combien d’heures quotidienne êtes vous prêts à investir ?

Côté santé, léger refroidissement, un peu de fièvre et à nouveau ma parano habituelle. J’ai pris environ 8 kilos en 2 mois, décidé à relâcher la pression, en attendant que la volonté réémerge du plus profond. Perdre 8 kilos, ce n’est pas la mer à boire, faire du sport non plus -nostalgie de crowl dans les épaules. Mais encore cela doit il venir comme une évidence et non comme une brutalité, “parce qu’il faut”. Ca fait 2 ans que je fais ça, et ça marche pas, j’ai eu progressivement le sentiment et la sensation de perdre toute énergie. C’est chiant, d’être séropo, sans traitement. Mais bon, avec traitement, c’est galère et ça ne me tente pas non plus…
Je lis un roman très curieux. Dans l’introduction, une petite fille de 10 ans recueille des chats qu’elle passe au micro onde, qu’elle égorge ou passe par la fenetre sous le regard surpris, puis déprimé et enfin abattus de ses parents. Le chat à la machine à laver, ou le chat badigeonné d’huile allégé cuit au four sont assez cocasses… Une pensée logique : il n’est pas très important pour un chat de retomber sur ses pattes quand il tombe d’une soixantaine de mètres…

Temps un peu orageux, plutôt pluvieux, avec une belle éclaircie ce matin.
On attend un nouveau pape, que les “alter” et autres attendent plus social et ouvert aux questions de société. Moi, j’avoue que même si c’est un fasciste, je m’en moque complètement, je ne suis ni chrétien ni même monothéiste. Et puis de toute façon, je ne suis pas non plus pour le social, mais pour le pouvoir (Marx) et ça fait bien longtemps que j’ai compris que les “questions de société”, ce sont les intéressés seuls qui peuvent les soulever pour arracher des droits. Les partisans du “social” ainsi “représentent” les pauvres. Vu un dirigeant d’Attac à la télévision et il m’a effaré quand à sa défense de la relance keynésienne de 1981. Pour des militants d’une “autre croissance”… Mais les partisans du “social” accumulent les contradictions avec aisance.
La vraie clef, c’est le pouvoir. Parce qu’il induit tout le reste, de l’éducation au principe d’égalité en passant par la remise en cause des conseils d’administrations anonymes.

La Chine et le Japon toujours à couteau tirés. Pas facile. D’un côté, ces gouvernements conservateurs japonais qui, avec le soutien des Etats Unis, ont “nettoyé” d’anciens criminels de guerre et toujours inquiété les historiens qui travaillaient sur les massacres de Nankin ou les expérimentations de l’Unité 731, la déportation des “femmes de réconfort” Coréennes… Et de l’autre, une Chine qui veut annexer un Etat qui n’est pas Chinois (Taiwan) et refuse l’entrée du Japon au Conseil de Sécurité de l’ONU. En tout cas, les violences montent tous les jours d’un cran. Chirac, lui, est l’avocat de Pekin contre l’embargo sur les ventes d’armes.
La “révolution verte” en Chine a fait 20 millions de morts. La “révolution culturelle” en a fait autant, et les prisonniers chinois produisent dans des usines sans être payés quand ils ne font pas parti des 2 à 300 condamnés à morts chaque année. Plusieurs millions de Chinois ont été contaminés par le VIH par du sang transfusé, les Tibétains ont été stérilisés…

OUI A LA FRANCE DU OUI QUI DIT OUI ET QUI RIT

Ma décision est prise.
C’est un truc qui m’ennuie depuis des mois et qui me titillait (Nicolas a du comprendre ma problèmatique dans un rapide échange de mails…). Comment sortir de la tétanie de l’élection présidentielle ? De la contestation à 2 balles dans laquelle la gauche se complet depuis plus de 10 ans ?
Ca peut paraitre contradictoire, mais je pense qu’en votant OUI, nous sortirons enfin des années Chirac.
Parce que j’en ai marre de dire NON.
Parce que j’en ai marre de plus avoir le choix après.
Parce que je ne veux pas voir Villiers, Le Pen, Bush et Thatcher tout sourire dimanche soir à 20 heures.
Parce que je ne veux pas qu’il nous reste le pire de la constitution (la partie 3) sans bénéficier du meilleurs (la partie 1, LA constitution).
Parce que le NON, c’est la deuxième victoire de Chirac, de sa France épuisée et sans projet.
Parce que ce serait la honte, pour le pays de Monnet, Shuman, Delors, Giscard, Mitterrand, de tout arrêter là.
Parce que malgré beaucoup d’imperfection, la démarche communautaire de compromis entre les peuples dans le respects de leur histoire est un véritable espoir de dépassement des conflits à l’échelle planétaire dans la
lignée de la très imparfaite et pourtant nécessaire ONU.
Parce que j’en ai marre de la France qui se plaint, qui râle, dit NON et se retrouve dans les bras de Chirac après, puisque lui, de toute façon, sera toujours là.
Parce que Chirac se moque de l’Europe, de toute façon.
Parce que de toute façon, l’Europe restera malgré le NON quand même le grand marché de l’économie capitaliste qu’elle est déjà.
Parce que le principal, c’est d’avoir une Constitution. On pourra l’amender, la changer mais on ne pourra plus s’en passer.
Parce qu’il faut bien commencer à sortir des années Chirac, inaugurées par un NON dont nous ne sortons pas, comme des accidentés qui ne cessent de revivre leur traumatisme.
Parce que l’avenir commande un réel courage, celui d’accepter l’imperfection, plutôt que le totalitarisme gauchiste et sa prétendue
facilité qui consiste à ne vouloir que l’utopie autoproclamée parfaite, au risque de voir les périls s’amonceler dans le monde réel.
Parce que j’ai envie qu’un texte consacre le NOUS du peuple Européen, et que les Américains apprennent qu’il est possible qu’un peuple se fédère par la Paix, dans une économie prospère, en garantissant ses droits à la Sécurité Sociale, ses exigeances de Liberté pupliques et privées.
Parce que j’ai envie de dire OUI à quelque chose, même d’imparfait, quelque chose qui nous redonne du temps et nous fasse penser à autre chose qu’à la France où on étouffe. Un horizon inconnu.

LE 29 MAI 2005, JE VOTE JOSPIN DES LE 1ER TOUR.
JE VOTE OUI.

ATTENTION : POLITIQUE (4) (ma réponse)

Ma réponse n’est pas “sympathique”. C’est pas le but. Mais je trouve que nous avons pris la facheuse habitude d’accuser les autres sans penser à notre propre situation. Alors j’ai fait une réponse marxienne. Nicolas est un grand garçon intelligent.

“Je sais pas pourquoi je parle de ça… mais bon !”
Ben parce que tu veux acheter….! 🙂
Je ne partage pas tout à fait ton indignation, ou en tout cas pas comme toi. Si les prix montent, ce n’est pas à cause du système (l’économie de marché ne fait pas “système”). C’est parce que les gens veulent acheter. Parce que “c’est mieux d’acheter”. Parce que “ça fournit un petit revenu complémentaire”. Parce que il faut “favoriser l’accès à la propriété” grace au taux 0. Parce que l’on subventionne le locatif avec des exonérations fiscales. Etc… Et puis les gens se disent que c’est un placement, “pour
la retraite”. Ce n’est pas un système, c’est un des aspect de la pensée libérale et de la généralisation de l’idée de privatisation.
Le résultat, c’est la “raréfaction de l’offre” (tout le monde veut acheter) qui fait monter les prix (logique. Ce n’est pas un complot, quand on vend un truc, on le vend au meilleur prix). Et puis l’autre, indirect, c’est la généralisation de l’envie de
propreté/tranquilité/bien habité. Normal, chacun attend un peu une “valorisation de son patrimoine”.

La gauche accompagne ce mouvement car c’est aussi ce que veulent ses électeurs. Car le premier facteur de départ des pauvres, ce sont les classes moyennes dopées à l’idéologie du “bon travail”, qui “gagnent bien leur vie”, se “réalisent” et veulent vivre dans un “quartier sympa” qui incarne leur réussite sociale.
La ville, de toute façon, ça a toujours été un peu eux. Le caractère populaire des villes, c’était les “faubourgs”, bref, ce que nous nommons aujourd’hui la banlieue, et qui ont été absorbés par l’essor économique du XXème siècle…

Une gauche modérée, tranquille, social-démocrate n’a que peu de marges de manoeuvres. En fait, il lui faut augmenter l’offre de logements “sociaux”, à loyers modérés, intégrés dans un urbanisme bien pensé qui fasse “ville”, et garantir un système de couverture sociale et de retraite qui n’encourage pas le placement dans des “valeurs refuges”. Le vrai triomphe du libéralisme, c’est de renvoyer l’individu à des solutions individuelle. Le socialisme, c’est justement offrir des prises en charges collectives à des besoins individuels. Ecole, santé. Pourquoi pas logement, téléphone, poste, train… (tiens, on dirait des années 50…)
Acheter son logement, c’est (hélas), faire augmenter les prix et accepter le dictat de la propriété privée. Le vrai
tournant, c’est quand on a renoncé aux HLM et augmenté les allocations logement… Belles subventions pour les propriétéaires qui se sont empressés d’augmenter les loyers -donc, leurs revenus – en encourageant chacun à devenir propriétaire afin de devenir… rentier (“j’ai mis un locataire dans mon studio, ça me paie mon crédit pour mon 3 pièces”).

Ce n’est donc pas juste de critiquer une municipalité qui ne fait que gérer cette mentalité, ainsi que ses répercussions en terme de “tranquilité”. Quel parisien des “classes moyennes” (dont nous faisons allègrement partie) accepte les quartiers “populeux” ? Les bobos que tu récries (j’ai beau ne pas supporter l’étiquette, sociologiquement je suis une catégorie du bobo : travail précaire, toujours plus ou moins étudiant, pas “casé”, plutôt instruit, aimant les quartiers populaires à forte population étrangère… tout en jouissant d’un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne nationale) ne sont pas responsables de tout leur mal que tu leur prête à Marseilles. Ils font revivre une ville dans laquelle il y a 10 ans personne ne voulait habiter. Nouvish est il si méchant que ça ?
S’il y avait des logements sociaux, plein, ainsi qu’une vraie politique de rigueur à l’égard des gens qui jettent les sacs par la fenetre et détériore l’habitat collectif sous prétexte que de toute façon “c’est pas chez eux”, les prix des logements privés ne flamberaient pas, ou en tout cas ce ne serait pas trop grave, car il y aurait toujours une offre de logement locatif.

C’est comme la constitution. Ca sert à rien de râler : on ne fait pas de politique et si le “non” ou le “oui” l’emporte, quelle part de notre temps est on prêt à donner pour changer la société. Donner son samedi matin pour diffuser des tracts, rencontrer des gens -des vrais, pas des intellos ici, ou des militants par là ? On n’a rien fait après Le Pen en 2002, alors…
Moi, je ne fais plus de politique après en avoir fait pendant 15 ans (PS, gay, Algérie, etc), et après avoir finalement perdu l’opportunité de faire plus d’étude, trouver un boulot plus intéressant “comme tout le monde”, ben je regarde. Je n’ai pas changé dans le fond, je me contente de constater, penser, mais avec les outils que ce temps passé a affuté…
C’est pour cela que je ne critiquerais même pas une municipalité qui fait ce qu’elle peut, et je trouve pas trop mal.
Pour avoir plus, ou autre chose, il faut se retrousser les manches. Comme l’avait très bien senti Marx, Seillière est jusque dans nos têtes et nous pensons tous comme de petits Seillière… on veut un chez soi, et gagner de l’argent. Jusqu’aux intellos qui accusent tout penseur “global” d’être réac…
Je ne supporte plus les socialistes par qu’ils n’ont même pas la modestie ambitieuse de Tony Blair : concédé d’avoir perdu sur toute la ligne et reconstruire pas à pas dans des directions nouvelles. Les notres, comme les alter, comme les communistes, etc et les autres, veulent conserver, même si ça marche pas, quitte à pas dire la vérité, et en “prenant en charge” (les nouveaux gauchistes “sans”, “alter”, etc sont très fort de ce côté là. Les “sans papiers”, “sans logement”, “séropo”, “etc” peuvent crever, ça ne ruine pas le capital, donc ça n’intéressera personne, à part l’idéologie catholique “athée” “morale” de gauche). Marx
avait donné une arme (la grève), la gauche radicale redistribue des “radicalités” -tout dans le langage et les mobilisations estampillées “sociales”- et la gauche parlementaire réduit ses ambitions à la gestion du cadavre de la social-démocratie qu’elle n’a jamais reconnue comme sienne (la sécu, la retraite, la SNCF…), parce que bien sûr, en France, on est
“socialiste” (à rapprocher du 2ème tour de la Présidentielle).

Bouh, moi aussi, je m’éloigne… je sis lasé de la critique. Lassé parce que je suis POUR des trucs. Des trucs bien pensés (Une vraie constitution Européenne comme il y en a une aux USA, et pour tout dire, dans le même genre… Une nationalisation de la protection sociale avec un prélèvement par l’impôt et non par des cotisations, comme en Angleterre et comme réclamé par Blum et Meyer au sortir de la guerre, une renationalisation de l’eau au niveau européen au nom de l’Intérêt Général, l’entrée des syndicats dans les conseils d’administration, comme en Allemagne, aux Pays Bas et en Europe du Nord, la suppression des aides au logement, des allocations familiales et des minimums sociaux et leur remplacement par un complément unique défini par un minimum social, un vaste plan de construction de logements sociaux dans et hors les villes… Une gauche qui se donnerait 20 ans pour faire ça, ce serait pas mal, et qu’importe si c’est pas ultra ci ou ultra ça… si ça change la vie grace à un bon logement et une bonne protection, et qu’importe si parralèelement je suis pour la suppression de l’impôt sur les sociétés si elles réinvestissent, ou
pour libéraliser encore plus les professions (taxi, bistrots, etc) et encourager à fond la création d’activités artisanales, d’encourager la créations d’entreprises privées de production d’énergie propres…

On a tous notre part de responsabilité dans la débandade actuelle et, comme toujours, ce sont les faibles qui le paient en premier. Si plus personne ne voulait acheter son logement, les villes ne deviendraient pas cet espèce de centre commercial bondé le jour, “sympa” le soir et désert la nuit…
Ah la la…

ATTENTION : POLITIQUE (3)

Et voilà Nicolas qui craque ! Pas facile, ce référendum, il en remue, un fond de pensées refoulées, dans le coeur d’une Gauche qui ne sait plus trop si elle est orpheline, bafouée ou humiliée depuis sa prise de conscience de son propre échec, un soir d’avril 2002. Allez, je laisse la parole à Nicolas. Ma réponse suit dans un autre fora.

Je me connecte du boulot c’est plus sympa finalement et puis en plus noos marche pas en ce moment GRRRR !!!
Je suis assez d’accord avec le concept d’une gauche “réactionnaire” qui s’illustre pas mal je trouve à Paris au niveau municipal. Je t’avoue que je n’apprécie pas particulièrement le coté “musée” à 400 000 € le 2 pièces que l’on est en train de donner à cette ville et ça me fait vraiment chier que ce soit une mairie socialiste qui accompagne le truc (plus qu’ils ne l’initient à leur décharge). Je ne leur reproche pas la flambée des prix, ils ne peuvent pas tout comme l’a dit Jospin… mais c’est le coté “finalement c’est pas si
mal” qui me dérange. Les associations de quartier tout comme le programme urbain de la mairie (les fameux JO, quelle aubaine !) me semblent à des années lumières de ce qui se passe en réalité. Elles réclament des parcs et jardins quand de toutes façons à moins 100 000 euros / an les familles n’y vivront plus. Je suis assez furieux contre cela. Marseille est pas mal dans le genre. TGV à 3h, les bobos se ramènent (un appart sur la méditerrannée dans le patrimoine architectural du port ouvrier, génial !) et les prix éclatent la dernière spécificité de cette ville à savoir qu’elles avaient ses quartiers populaires en plein centre. Les fonds de pension rachètent des avenues entières et dégagent du jour au lendemain les prolos qui habitent le quartier parce qu’il était le premier dans lequel ils ont mis un pied en débarquant sur le port.
Bon je fais un peu du guediguian de supermarché, c’est pas très réfléchi je le crains mais ça me désespère.

Pour revenir à la gauche, je crains fort qu’elle ne vise à préserver un cadre de vie qui n’a rien à voir avec la ville, la vraie ville. Pour moi c’est aussi ça être réactionnaire à savoir dénoncer (pas fort) un système qui explose les prix mais en profiter pour faire quelques “quartiers tranquilles”…
Je pense qu’on peut étendre cet exemple à bien d’autres aspects !
Je sais pas pourquoi je parle de ça… mais bon !

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