Agenda de fin d’année

Ainsi, on célèbre la nouvelle année avec les premiers bourgeons de pruniers, mais il faut avouer que la tâche est ardue et on vend donc à cet effet des branches en plastique. Dommage, car en revanche, en février, les pruniers fleurissent… Faire le grand ménage en décembre, alors que la maison va rester fermée durant encore deux mois, alors qu’on va chauffer, mais qu’elle idée.


Au Japon, en décembre, c’est la saison des soirées de fin d’année. Bien sûr, en France aussi. Mais au Japon, ce qui devrait être une occasion de s’amuser tourne à la contrainte et il n’est pas rare que l’on en aie une dizaine avec ses collègues de divers bureaux, sections et clients. C’est obligatoire, on y coupe pas. Et c’est ainsi qu’à l’heure où j’écris ces lignes je suis dans le train qui me conduit à l’école ou, pour être plus exact, au restaurant où se tiendra cet après-midi notre soirée de fin d’année, avec une vingtaine de nos étudiants.

Parmi les autres obligations, il y a celle d’envoyer des cartes de vœux à toutes ses connaissances. Certains, parmi mes étudiants, en envoient plus de deux ou trois cents. Collègues, amis, anciens camarades d’école. On constate toutefois une baisse sensible depuis quelques années, les plus jeunes remplaçant ce travail fastidieux par un simple email.

Une autre consiste à faire le ménage. Je veux dire « vraiment ». Ça, c’est assez stupide car c’est d’une utilité très aléatoire. En fait, l’ancien calendrier japonais démarrait comme dans le reste de l’Asie en février, et ouvrir la maison en grand, nettoyer, curer et aérer quand pointe le printemps est sensé. Mais le remplacement du calendrier chinois par le calendrier grégorien sous Meiji a déplacé tout ce qui accompagnait le passage dans la nouvelle année d’une façon mécanique. Ainsi, on célèbre la nouvelle année avec les premiers bourgeons de pruniers, mais il faut avouer que la tâche est ardue et on vend donc à cet effet des branches en plastique. Dommage, car en revanche, en février, les pruniers fleurissent… Faire le grand ménage en décembre, alors que la maison va rester fermée durant encore deux mois, alors qu’on va chauffer, mais qu’elle idée.

Autre obligation, celle là très sensée à quelque moment de l’année mais pour lors, à la fin de l’année, judicieuse, est est clore, de finir ce qui n’a pas pu l’être. Comme ça, c’est fait, et la nouvelle année peut être réellement un renouveau. C’est somme toute une conception très paysanne, bien nettoyer la terre pour qu’elle se repose durant l’hiver. En revanche, on ne doit rien commencer de nouveau, c’est sensé ne pas être de bon augure, et c’est vrai que semer en décembre, c’est un peu désordre.

Moi, de toute façon, je suis de septembre. Je suis un enfant de l’automne, donc mon horloge interne est réglée sur des semis en septembre, une longue maturation hivernale et les premières récoltes au printemps. Très scolaire…

Traditionnellement, on prépare à manger entre le 30 et le 31 décembre, Osechi, une sorte de repas froid dont tous les aliments ont été concis dans de la sauce soja et du sucre. Chacun est de forme et de couleur différente, chargé d’un sens propre au sein de la symbolique et la cosmogonie sino-japonaise ancienne. C’est ravissant, mais d’après beaucoup de mes étudiants, c’est immangeable, particulièrement ceux que l’on achète tout prêts dans le commerce. Il y en a qui coûtent des fortunes, environ 200 euro pour une personne.

Ça vaut certains repas de réveillon…

 

Je suis désormais en mode synchronisation avec le grand endormissement, comme je l’appelle, quand tout le pays s’endort une fois passé le 28 décembre. Je m’y suis résigné, vaincu, comme chaque année. J’aimerais encore une fois retrouver cette joie éphémère des douze coups de minuit, mais je serai à Kyôto. Il y aura donc 101 coup de minuit dans les temples (bouddhistes), il chasseront les démons. Et à minuit pile, la nature endormie se réveillera timidement, on ira visiter les sanctuaires (shintô). Me concernant, je ne participerai pas à ce cérémonial, mais je m’y suis habitué, je sais ce qui se passe autours de moi. J’aime bien.

Parmi mes obligations de fin d’année, payer mes impôts un peu en retard (je dois me déplacer à la mairie de mon ancien domicile), mon nouveau visa, faire mon changement d’adresse au consulat, rendre des livres super en retard à la bibliothèque à Ebisu. Finir mon installation, en gros un grand ménage qui consiste à jeter plein de trucs, vendre mon vieil ordinateur et mes appareils photo, mettre quelques trucs pour décorer. Commander des bouquins sur Amazon (impossible d’acheter quoi que ce soi ni sur iTunes ni Amazon Kindle car je n’ai pas de carte de crédit française. Et la bibliothèque de l’institut est trop loin). J’ai d’autres trucs à faire au niveau de mon travail (écriture, photo) pour bien commencer l’année prochaine. Ah oui, j’ai aussi des rideaux et des ourlets à faire.

 

Cette semaine, chez moi, le désordre a atteint un niveau inégalé depuis mon arrivée au Japon. J’ai presque trouvé ce bien. D’autant que pour remettre un d’ordre, ce matin, ça n’a pas été très difficile.

Attendez-vous à de nombreuses mises à jours sur ce blog et sur la partie site dans les prochains jours. Par exemple mon classement personnel des meilleurs morceau de KPop de l’année 2012.

Ça peut paraître con, mais c’est un truc qui me tient à cœur. En fait, des fois, j’aimerai que ma génération et les générations d’avant disparaissent de la carte du monde pour qu’enfin puisse émerger la jeunesse, les petites pousses de 15 à 20 ans. Je crois que c’est ça que j’aime dans la KPop. Que ce soit mauvais, je n’en doute pas une seconde, mais pas plus que toute la soupe que les multinationales du divertissement vous vend emballée dans une diversité de pacotille mais qui est incroyablement trentenaire, c’est à dire, vieille, puisque l’horizon esthétique des trentenaires est de reproduire le « cool » des baby boomers.

J’aime bien le côté propret de la KPop. C’est gentil. C’est incroyablement jeune… Pas étonnant que les kids de 15/20 ans s’y jettent en ce moment.

Et puis ce n’est pas une langue occidentale, et il serait grand temps qu’on s’y mette, au monde. Si le premier problème des USA est un problème racial (la question raciale enracinant les inégalités économiques), le problème de la France et au delà, de l’Europe, est bel et bien culturel. Nous refusons la diversité.

J’ai posté le numéro 10 de mon classement. Hésitations pour le numéro 9…

C’est le week-end qui commence…

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